Home Société Togo- Le drame de Notsè désavoue le gouvernement et son « opération spéciale de contrôle renforcé »

Togo- Le drame de Notsè désavoue le gouvernement et son « opération spéciale de contrôle renforcé »

by L'Alternative
128 vues 4 minutes de lecture

Les drames s’enchaînent sur les routes togolaises, principalement sur la nationale numéro 1. Ce jeudi matin, aux environs de 4 heures, un bus de la compagnie Nagode, en stationnement à l’entrée de Notsé, a été percuté à l’arrière. Bilan : quatre morts et plusieurs blessés. Un drame de plus qui vient raviver la colère et l’exaspération des usagers.

Au Togo, la route continue d’aligner les drames. Le dernier en date est l’accident survenu ce jeudi à Wahala. Pendant ce temps, le gouvernement répond par une opération spéciale de contrôles renforcés. Une décision qui, loin de rassurer, interroge sur l’absence de réponses à la racine du problème face à des routes devenues synonymes de deuil et de colère.

Lire aussi : Togo- Faure Gnassingbé incapable pendant 21 ans d’arrêter les morts sur la Nationale N°1

Face à la montée des critiques, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Calixte Batossie Madjoulba, a annoncé, par voie de communiqué, une « opération spéciale » de contrôle renforcé sur l’ensemble des axes routiers du pays.

Contrôle de vitesse, répression des dépassements dangereux, élimination des stationnements anarchiques, vérification des chargements et de la conformité des transports en commun : en théorie, les mesures paraissent rigoureuses.

Cependant, réduire la crise sur nos routes à une simple question de discipline des usagers apparaît insuffisant, selon plusieurs observateurs.

Lire aussi : Togo – Derrière une illusion de décentralisation, Faure Gnassingbé centralise sa dictature et détruit les villes togolaises

Sur la RN1, par exemple, l’étroitesse de la chaussée, son mauvais état et l’absence de séparateur central figurent parmi les principales causes des accidents. L’augmentation constante du trafic de gros porteurs transforme cet axe routier en corridor à haut risque.

Pendant que le ministre Madjoulba multiplie les communiqués, son collègue des Transports reste silencieux. Or, au-delà du contrôle sécuritaire, la question touche directement à la planification et à la modernisation des infrastructures routières, à l’organisation du trafic des poids lourds, à l’aménagement d’aires de stationnement et à la régulation du transport interurbain.

« La sécurité routière repose sur trois piliers : l’homme, le véhicule et la route », explique Daouda Soumaila, propriétaire de camion. « Se focaliser uniquement sur le premier revient à ignorer une part essentielle de la réalité », ajoute-t-il.

Lire aussi : Togo- Toujours parmi les pays les plus corrompus au monde, selon un rapport de T.I publié ce matin

La promesse d’« élimination immédiate de tout mauvais stationnement » formulée par le ministre crée l’ire dans les rangs des camionneurs de la RN1.

« Comment peut-il supprimer les stationnements le long de la route sans créer des aires adaptées ? De Kantè à Cinkassé, il n’y a qu’une seule aire de stationnement récemment construite. Peut-on verbaliser des camionneurs contraints d’attendre faute d’infrastructures adéquates ? », s’indigne Sabigari Adam, camionneur béninois en transit vers Niamey.

L’annonce d’une « opération spéciale » intervient alors même que le pays dispose déjà d’une Division de la Sécurité routière (DSR) au sein des forces de l’ordre, omniprésente sur les grands axes. Si une nouvelle opération devient nécessaire, cela interroge sur l’efficacité du dispositif existant.

Dans l’opinion publique, beaucoup redoutent une multiplication des tracasseries et des pratiques corruptives. « C’est de la diversion. Il s’agit d’une opportunité pour les agents déployés sur la route de se faire un peu de santé financière en escroquant les usagers », peste un conducteur de taxi, qui regrette toutefois les agissements irresponsables de certains de ses collègues.

Lire aussi : Togo- Sous les ordres de qui les forces de l’ordre protègent les tranchées de Latékopé ?

Selon la même source, le minibus à l’origine de l’accident de ce jeudi matin transportait, en plus des passagers, des ignames, des bêtes et du maïs. Où étaient alors les agents de l’opération spéciale, effective depuis une dizaine de jours ?

François BANGANE

Author

Lisez également ces articles

Laisser un commentaire

L'alternative

Un site d’information et d’enquête sur le Togo et l’Afrique

Newsletter

Tenez vous à jour, souscrivez à notre newsletter

Dernières publications

@2024 Copyright L’ Alternative – Tous droits réservés. L’ Alternative n’est pas responsable des contenus provenant de sites Internet externes.

En savoir plus sur L'alternative

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture

-
00:00
00:00
Update Required Flash plugin
-
00:00
00:00