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L’Afrique du Sud accuse le Ghana d’être “trop agité” dans le rapatriement de ses ressortissants

by Cidi B
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La deuxième vague de rapatriement des citoyens ghanéens en provenance de l’Afrique du Sud a atterri ce samedi à Accra. Le gouvernement vivement préoccupé par les violences xénophobes visant ses concitoyens, à décider de faciliter leur retour au pays. L’initiative est jugée excessive par les autorités sud-africaines qui considèrent « l’agitation » du Ghana inutile et le met en garde contre les spectacles publics susceptibles de ternir l’image du pays.

Suite à l’arrivée à Accra le 27 mai dernier, d’une première vague de 300 ressortissants ghanéens rapatriés de l’Afrique du Sud, un nouveau contingent a atterri le 6 juin dans la capitale ghanéenne. Cette opération est une réponse du gouvernement Mahama à la recrudescence des manifestations et des violences visant les étrangers en Afrique du Sud.

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Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, l’ambassade du Ghana en Afrique du Sud a montré des ressortissants ghanéens évacués, agitant des drapeaux nationaux à bord de l’avion pour marquer leur départ. Mais cette liesse est mal perçue par les autorités sud-africaines. Celles-ci ont exprimé leur désapprobation face à certains comportements qu’elles jugent inappropriés dans le contexte actuel.

Sur un ton ferme, le ministre sud-africain des Affaires étrangères, Ronald Lamola,a laissé entendre que « l’Afrique du Sud ne tolère aucun spectacle public » lors des opérations d’ évacuations de citoyens ghanéen, organisées dans un contexte tensions anti-immigrés.

« Notre espoir initial était simplement d’aider le gouvernement du Ghana à rapatrier ses citoyens de manière humaine et cordiale. « Toutefois, nous ne tolérerons plus… de tels spectacles publics, caractérisés par des informations incomplètes et de la désinformation pure et simple, dépourvus de toute bienséance diplomatique », a-t-il déclaré.

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La tension s’est déplacée désormais sur le terrain diplomatique. Ces frictions entre Pretoria et Accra s’inscrivent dans un contexte de recrudescence des violences xénophobes en Afrique du Sud. Face à cette situation préoccupante, marquée par les attaques et pillages visant les migrants africains, le Ghana est allé jusqu’à déconseiller à ses ressortissants tout voyage non essentiel vers l’Afrique du Sud.

Il convient de rappeler que le 7 mai dernier, le gouvernement ghanéen a saisi l’Union Africaine au sujet des attaques xénophobes en Afrique du Sud, appelant à une action urgente contre « ces actes qui détruisent l’unité africaine ».

L’organisation panafricaine a rapidement réagi en envoyant des lettres de protestation aux autorités sud-africaines. Un diplomate sud-africain a été convoqué à cet effet et la question a été évoquée devant l’Union africaine.

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Tout cette agitation diplomatique fortement médiatisé indispose également Julius Malema, le leader des EFF (Economic Freedom Fighters). Celui-ci a qualifié la réaction du Ghana de précipitée et révélatrice d’un manque de tact diplomatique.

A l’instar du ministre Ronald Lamola, Julius Malema estime que les initiatives du Ghana envoient un mauvais signal à la communauté internationale et portent inutilement atteinte à l’image de l’Afrique du Sud.  

Car d’après Maléma, le Ghana aurait dû privilégier les canaux diplomatiques plutôt que d’organiser l’évacuation. Les tensions actuelles, à ses yeux, pourraient être gérées par les forces de l’ordre sud-africain.

Il soutient par ailleurs que les immigrés africains ne sont pas les ennemis des Sud-Africains et que la colère des chômeurs sud-africains est dirigée contre la mauvaise cible.

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Depuis des décennies, l’Afrique du Sud est régulièrement secouée par des vagues de tensions anti-immigration au cours desquelles des groupes attaquent les ressortissants africains et réclament leur départ du pays, les accusant de concurrencer la main-d’œuvre et les activités commerciales locales.

Malgré la récurrence de ces violences, les autorités sud-africaines peinent à apporter une solution durable à ce phénomène qui débouche parfois sur des pertes en vies humaines parmi les migrants africains. 

Et pour la première fois, un pays comme le Ghana a décidé de réagir en organisant le retour volontaire de ses ressortissants au pays. Il est suivi par le Nigeria qui est aussi en attente des documents légaux de ses ressortissants en vue d’entamer leur évacuation.

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La Mozambique quant à elle, a rapatrié ce 3 juin près de 600 citoyens. Maputo accuse par ailleurs, le gouvernement sud-africain d’être responsable de la mort de cinq de ses citoyens.

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