Les institutions impliquées dans le processus électoral en cours au Togo n’ont pas fini de surprendre de par leurs décisions impopulaires. Dans une sortie, la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) annonce la suspension des accréditations aux médias étrangers. Avant, c’était le ministère chargé de la Sécurité qui suspendait brusquement le “visa express”.
La Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) ferme la porte au nez des envoyés spéciaux des médias étrangers. Les médias étrangers souhaitant couvrir le double scrutin électoral ne pourront plus le faire. La délivrance de l’accréditation, ce document que délivre la HAAC, permet à son détenteur d’exercer légalement sur la période couverte est suspendue.
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Les raisons de cette suspension d’accréditation s’expliquent selon l’institution de régulation par « les problèmes liés à l’envoyé spécial Thomas Pierre Dietrich de la chaîne Africa, les 13 et 14 avril 2024 dans le cadre de la délivrance des accréditations ». Également par la décision de suspension du “visa express” rendue publique par le ministère chargé de la sécurité.
Affaire Thomas Dietrich
Dans une vidéo en date du 14 avril publiée sur X (Twitter), le journaliste Thomas Dietrich, sans langue de bois, portait un jugement critique sur le régime Gnassingbé. Il a évoqué le changement de régime en cours et « les relations troubles entre la France et le Togo ». Le journaliste d’Africa XXI était à Lomé pour une enquête.
Il a évoqué dans sa vidéo, des complications avec les « les autorités togolaises » et que ces dernières « ont vite regretté leur enthousiasme” à son “égard ».
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« Tout s’est bien passé, elles m’ont délivré un visa, promis une accréditation et puis d’un coup ça s’est dédit », renseignait le journaliste.
Pour ce premier double scrutin législatif et régional qu’organise le pays, la couverture médiatique exclut les envoyés spéciaux des médias internationaux qui n’ont pas obtenu leur accréditation avant le 15 avril.
Le régulateur des médias pour justifier la suspension de la délivrance des accréditations, accuse RFI et France 24 de « manquements graves constatés dans la couverture de l’actualité politique sur le Togo (…) ces derniers temps ».
Musèlement de la presse
Presse étouffée. Les médias rencontrent d’énormes difficultés dans l’exercice de leurs fonctions. Intimidation, fermeture de médias, poursuite judiciaire, incarcération, exil… Les journalistes au Togo font face à d’énormes défis. Le parcours pour informer est parsemé de plusieurs embûches.
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Ces dernières années, ils sont nombreux, ces professionnels des médias ayant eu maille à partir avec le régime cinquantaine. Les dossiers pendant devant la justice, impliquant les responsables des médias sont innombrables.
La liberté d’expression en a pris un sacré coup.