À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse célébrée chaque 03 mai, Reporters Sans Frontières (RSF) a publié son classement mondial et son rapport sur la situation de la presse et des journalistes. Sans surprise, le Togo a chuté de la 70e place en 2023 à la 113e place dans le classement de cette année, perdant 43 places et plaçant ainsi le pays dans la zone rouge.
Avec un répertoire de 234 titres, 94 stations radio et une poignée de chaînes de télévision, le Togo affiche un panorama médiatique qui semble varié. Mais derrière cette façade de diversité se cachent des réalités peu encourageantes. En effet selon RSF, rares sont ces journaux « qui fonctionnent en toute indépendance des forces politiques. Le quotidien “Liberté” a déjà fait l’objet d’une suspension d’un mois, en 2023, et le journal d’investigation indépendant, “L’Alternative”, a déjà été obligé d’arrêter temporairement ses activités, et reste dans le viseur des autorités ».
L’organisation souligne également dans son rapport que la liberté de la presse au Togo est étroitement liée au contexte politique. En période électorale notamment, les journalistes font face à l’autocensure et subissent des pressions du gouvernement ainsi que de l’opposition. « L’État et les acteurs politiques exercent une grande influence sur le traitement de l’information : le pouvoir politique nomme et peut licencier les responsables des médias publics, ainsi que le président de l’instance de régulation des médias. Les autorités s’attaquent aux journalistes et aux médias critiques, par l’intermédiaire de plaintes, de suspensions ou de cyberespionnage », poursuit le rapport.
L’accès à l’information reste difficile pour les journalistes, surtout ceux des médias privés et critiques envers les autorités, particulièrement sur des sujets sensibles comme la corruption, l’armée, le chef de l’Etat et sa famille. Au-delà des difficultés financière, la sécurité des journalistes togolais demeure une autre paire de manche sous le régime des Gnassingbé.
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Ceux qui dénoncent la corruption ou des affaires d’État font face à des représailles graves, comme le cas de Ferdinand Ayité et Isidore Kouwonou, condamnés par contumace pour “outrage à l’autorité”, avec un mandat d’arrêt international émis contre eux en mars 2023.
Les journalistes togolais font régulièrement l’objet de pressions ou reçoivent des avantages pour adopter une position qui s’aligne sur l’agenda du régime. Lorsqu’ils résistent, ils font l’objet d’une surveillance étroite et sont parfois victimes de cyberespionnage sur leurs téléphones portables, via par exemple le logiciel espion Pegasus. Les menaces de fermeture ou de suspension de médias restent une source d’inquiétude pour les journalistes.