Malgré le dispositif militaire impressionnant visible dans les coins et recoins de la capitale togolaise pour empêcher la manifestation de ce samedi contre la dictature de Faure Gnassingbé, Aamron, l’artiste engagé arrêté, torturé puis libéré et Mme Marguerite Gnakade, ancien ministre des Armées, sont descendus dans les rues ce matin. La présidente de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA), Mme Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson et le porte-parole du front « Touche Pas A Ma Constitution », Nathaniel Olympio aussi.
« J’ai pris la décision de marcher dans la rue en suivant mon fils pour réclamer ce que le peuple réclame », a déclaré la mère d’Aamron, béquille à la main mais très déterminée.
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La coupure d’internet, la hausse du prix de l’électricité, la hausse du prix des fournitures scolaires à l’approche de la rentrée scolaire, etc. ne sont pas normales dans notre pays où sévit la pauvreté extrême, a-t-elle ajouté. « Ce qui nous empêche de vivre dans ce pays, c’est la faim ».

(Photo : Aamron avec sa maman derrière)
Avec Aamron et quelques jeunes qui les accompagnaient, ils ont marché quelques centaines de mètres avant de rencontrer un dispositif d’hommes en treillis armés jusqu’aux dents qui les ont empêché de continuer leur marche.
« Je suis sortie, je marchais librement pour aller vers la route, voilà on me bloque », a ajouté la mère d’Aamron avec à côté son fils que de nombreux jeunes soutiennent. « Les militaires nous ont poussé comme des bœufs et ils nous ont fait rentrer chez nous violemment en gâtant notre portail et nous ont suivi jusqu’à la maison, interpellé mon fils et pris son portable ».


(Photo : Aamron et sa maman en face des militaires lourdement armés)
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Selon la dame, les militaires ont demandé à Aamron de supprimer toutes les photos prises avant de lui remettre son portable. L’artiste n’a repris le téléphone qu’après avoir supprimé les images. « Ils sont partis en nous disant qu’on n’a pas le droit de sortir ».

(Photo : le portail du domicile d’Aamron défoncé par des militaires)
De son côté, l’ancien ministre des Armées, Mme Marguerite Essozimna Gnakade est également sorti de chez elle, marchant à la tête d’une longue file de personnes qui la suivaient.
Mais à peine quelques centaines de mètres, elle a aussi été arrêtée par des militaires lourdement armés qui l’ont contrainte à rebrousser chemin et à regagner son domicile.

(Photo : Mme Marguerite Gnakade, ancien ministre des Armées marche dans une rue ce samedi)
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Qaunt à Mme Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, présidente de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA), c’est « depuis minuit que les militaires ont pris base arrière dans une école primaire près de mon domicile ».
Ils ont quadrillé son domicile et tout le quartier. « J’ai pu sortir à un moment, mais ils m’ont rapidement bloqué et m’ont ramené chez moi. Je suis actuellement à la maison avec des militaires partout dans le quartier », nous a-t-elle confié au téléphone.
« C’est la preuve que ce régime a peur du peuple. Si c’est à ce prix qu’ils pensent pouvoir étouffer le peuple, ils se trompent. On doit arrêter leur histoire de 5e République là avec cette constitution. Nous allons récupérer notre droit de choisir notre président de la République », a-t-elle ajouté.

(Photo : La file de personnes derrière Mme Gnakade)
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Selon ses renseignements qu’elle a pu envoyer dans la ville, les marchés et les grandes boutiques sont fermés et la circulation morose.
« C’est la victoire du peuple. Les gens ont faim. Ils ne peuvent pas se taire. Tout ce que le régime et sa milice font, c’est une peine perdue ».
Nathaniel Olympio, porte-parole du front « Touche Pas A Ma Constitution » que nous avons également eu au téléphone tout à l’heure, indique quant à lui qu’il a pu marcher jusqu’à certains endroits de la ville et constater une forte présence militaire.