Les Ivoiriens sont appelés aux urnes le 25 octobre prochain pour élire un nouveau président. À peine ouverte, la campagne électorale est entachée de quelques incidents. Tandis que les premiers candidats multiplient les meetings à travers le pays, le climat politique reste marqué par la contestation du rejet de plusieurs candidatures et par la frustration croissante dans l’opposition.
Les premiers jours de campagne ont vu les principaux candidats retenus par le Conseil constitutionnel se lancer à la conquête des électeurs, avec des promesses centrées sur l’emploi, la jeunesse et la réconciliation nationale.
Dans plusieurs régions, des rassemblements ont mobilisé des milliers de partisans, traduisant une volonté d’enthousiasme, mais aussi une certaine prudence des organisateurs face au contexte politique tendu.
L’opposition entre colère et appel à la mobilisation
Le PPA-CI de Laurent Gbagbo et le PDCI-RDA dirigé par Tidjane Thiam ont, de leur côté, vivement dénoncé l’exclusion de leurs leaders de la course présidentielle.
Les deux formations ont appelé à une mobilisation pacifique pour dénoncer ce qu’elles qualifient de « verrouillage du processus électoral ».
Dans une récente déclaration commune, Gbagbo et Thiam ont exhorté leurs militants à « défendre la démocratie par des moyens légaux et pacifiques », tout en avertissant que « la paix ne doit pas être le prétexte à l’injustice ».
Des appels au calme et à la responsabilité
Face à la montée des tensions, plusieurs organisations de la société civile et observateurs internationaux ont appelé au dialogue et à la retenue, insistant sur la nécessité d’un climat apaisé pour garantir un scrutin crédible et inclusif.
Les autorités, quant à elles, assurent que toutes les dispositions sécuritaires sont prises pour encadrer la campagne et prévenir tout débordement.
Une marche interdite qui ravive les tensions
C’est dans ce contexte déjà tendu qu’est intervenue, ce samedi 11 octobre, la marche interdite du front commun PPA-CI–PDCI à Abidjan.
Malgré l’interdiction formelle du préfet, plusieurs partisans ont tenté de manifester, entraînant l’intervention des forces de sécurité.
Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, le général Diomandé Vagondo, a annoncé un bilan de 237 interpellations, dont des femmes et des jeunes, tout en assurant que la situation restait « sous contrôle sur toute l’étendue du territoire national ».
Les incidents ont été limités à Blokosso et Angré, deux quartiers de la capitale économique, selon le ministre, qui a salué « le professionnalisme des forces de l’ordre » et rappelé que la manifestation se tenait « en violation de l’article 138 de la Constitution ».
« Ceux qui ont été pris dans le cadre d’une manifestation non autorisée répondront devant la loi », a-t-il prévenu.
En conclusion, Diomandé Vagondo a appelé les Ivoiriens à préserver l’image d’une Côte d’Ivoire stable et enviée, soulignant que « notre pays est devenu un modèle que beaucoup souhaitent copier ».
Une campagne à surveiller de près
À deux semaines du scrutin, les événements de ce samedi traduisent les tensions sous-jacentes d’une campagne aux enjeux majeurs.
Entre volonté d’alternance, méfiance vis-à-vis des institutions et appel à la stabilité, la Côte d’Ivoire aborde une période décisive où chaque geste politique sera scruté, tant à l’intérieur du pays que sur la scène internationale.