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Togo- Voici le chaos instauré par Faure Gnassingbé et son gouvernement dans les filières soja, cajou et karité

by Kossi LAMBA
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Des difficultés dans les filières soja, cajou et karité au Togo

La gestion catastrophique et sans perspective sérieuse du Togo par Faure Gnassingbé et ses gouvernements successifs anéantit progressivement tous les domaines essentiels de l’économie du pays, y compris les filières agricoles notamment celles du soja, du cajou et du Karité. Pour ajouter au chaos structurel et institutionnel gangrénant déjà ces filières, la loi de finance 2026 vient d’instaurer une taxe à l’exportation sur ces trois filières stratégiques. A quelles fins ? Les acteurs s’inquiètent.

Lorsqu’on porte un regard analytique sur les filières agricoles du Togo, spécifiquement les filières du soja, du cajou et du karité, on se rend compte qu’en réalité ces dernières sont victimes d’un sabotage structurel et institutionnel savamment orchestré par les autorités togolaises. C’est un secret de polichinelle qu’au Togo quand le gouvernement s’intéresse à des filières autonomes, cela est rarement dans les intérêts des acteurs dudit domaine.

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Les interprofessions sont en réalité des structures qui réunissent l’ensemble des maillons d’une filière notamment producteurs, collecteurs, transformateurs, exportateurs et constituent l’organe central d’organisation, de régulation et de dialogue de la filière, en lien direct avec l’État à travers le ministère de tutelle.

Dans un État normalement organisé, ce sont des interprofessions fortes, représentatives et opérationnelles qui structurent les filières, orientent les décisions publiques et accompagnent les réformes.

Cependant au Togo, les interprofessions de ces filières agricoles ne sont dotées d’aucune disposition normative spécifique et efficace. Elles sont encadrées au même titre que de simples associations par la fameuse loi de « 1901 ». Au surplus, ce sont des arrêtés ministériels ou interministériels pris au gré de l’autorité gouvernementale qui régissent ces filières. Cela constitue un scandale pour ces secteurs stratégiques de l’économie nationale laissés sans cadre juridique solide, sans vision à long terme.

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Comme relevé précédemment, cette défaillance est voulue et entretenue pour servir des intérêts personnels. Cette situation permet à Faure Gnassingbé et son cercle de créer et multiplier des interprofessions fantoches. Par exemple, 17 interprofessions ont été mises en place en une seule journée à Kara, sans processus inclusif, sans maturation, ni structuration réelle des acteurs.

Ainsi pour de nombreuses filières, ce sont les mêmes personnes qui demeurent aux commandes des interprofessions durant plusieurs années. Cela de connivence avec la minorité au pouvoir dont elles servent les intérêts. Il n’y a véritablement pas de démocratie, ni de texte pour une gestion sérieuse des interprofessions.

Selon les acteurs de ces filières, le schéma d’organisation mis en place par le gouvernement togolais est simple et identique : D’abord, un arrêté définit le fonctionnement de l’interprofession. Ensuite, un autre arrêté institue un comité de coordination. Enfin, un troisième arrêté met en place le captage, c’est-à-dire le prélèvement obligatoire sur la filière.

C’est d’ailleurs ce dernier flanc, le captage, qui intéresse le pouvoir togolais lequel s’est arrangé pour convoyer tous les fonds collectés vers le trésor public et priver les interprofessions (les véritables acteurs) de toute ressource financière.

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Dans ce schéma à la limite prévaricateur, une interprofession ne peut accéder à sa propre quote-part qu’après soumission d’un Plan de Travail et Budget Annuel (PTBA), lequel doit être validé par le comité de coordination. Autrement dit, l’interprofession est financièrement dépendante d’un organe administratif qu’elle ne maîtrise pas.

Pire, ce comité de coordination constitué des ministres en charge de l’Agriculture et du Commerce, ainsi que deux ou trois personnels administratifs issus de ces deux ministères, se taille une part léonine sur les fonds générés par les filières au titre de son fonctionnement.

En résumé, les filières agricoles travaillent. Des ministres et agents publics déjà rémunérés par des salaires mensuels, s’en mettent plein les poches !

Sur ce qui est devenu « une vache à lait » pour des ministres et leurs protégés, l’octroi d’agréments et d’autorisations à des opérateurs étrangers en contrepartie d’enveloppes garnies est désormais une pratique courante avec à la clé des trafics d’influences.

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Voilà comment, depuis des années, Faure et son gouvernement gèrent les filières agricoles.

Comme si ce chaos ne suffisait pas, on retrouve dans la loi de finance 2026, des dispositions laconiques qui instituent une taxe identique à l’exportation du soja, du cajou et du karité (voir articles 21, 22 et 23 de ladite loi).

Quand bien même, l’instauration d’une taxe à l’exportation de ces denrées peut apparaître comme une mesure incitative à une transformation locale (par conséquent à la création d’emplois locaux), les acteurs de ces filières ne sont pas rassurés des réelles intentions du gouvernement togolais.

Pour cause, ils n’ont pas été associés à des discussions préalables pour l’étude et la mise en place d’une telle taxe. Au-delà de ce chemin cavalier mené par les autorités togolaises, les acteurs des filières précisent que la production du soja, du cajou et du karité ne relève pas d’un processus identique.

Alors que le soja est une filière agricole annuelle à part entière, le cajou par contre est une filière agricole pérenne, fondée sur des vergers, des investissements de long terme et une production qui engage les producteurs sur plusieurs décennies.

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Quant au karité, il ne s’agit pas d’une filière agricole mais d’une filière de cueillette forestière, basée sur l’exploitation d’arbres sauvages, sans plantation, sans cycle cultural et sans production agricole organisée.

Appliquer une politique fiscale identique à ces trois filières est totalement absurde, contreproductive ! Cela démontre une méconnaissance grave !

Cette gestion approximative du pays, caractéristique du régime de Faure Gnassingbé, qui déploie ses tentacules dans ces trois filières fait des victimes et la situation s’empirera si rien n’est fait. Il faudra faire les bons choix et laisser de côté les intérêts individuels.

Ces intérêts individuels ont déjà fortement sinistré la filière soja. La rédaction reviendra ultérieurement sur ces dégâts et les intérêts qui ont dicté les mesures catastrophiques prises depuis des années. La filière cajou n’est pas épargnée.

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Quant à la filière karité, il est incongru de s’obstiner à l’associer aux précédentes quand on sait qu’il s’agit d’une cueillette forestière. C’est une politique de protection de ces arbres qu’il faut mener. Cela revient à cette mission au du ministère de l’environnement.

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