Le Département d’Etat américain dispose désormais deux listes dans le cadre de la politique de restriction d’obtention de visas envers les pays du continent africain dont le Togo. Une liste rouge qui interdit l’entrée aux citoyens pour des raisons de « sécurité d’Etat » et une liste orange qui impose des restrictions aux détenteurs des passeports de ces pays. Le 1er janvier dernier, de nouvelles mesures ont été annoncées par l’Administration Trump. Non seulement 5 pays africains ont été ajoutés à la deuxième catégorie, mais aussi une caution est désormais imposée.
Les choses se compliquent désormais pour les Togolais qui prévoient voyager aux Etats-Unis dans les jours qui viennent. Les citoyens, déjà frappés par un certain nombre de restrictions, doivent dépenser une fortune pour déposer une caution avant de voyager.
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Les détenteurs des passeports des pays sur la liste orange, dont le Togo, doivent notamment s’acquitter d’une caution d’un montant de 5 000, 10 000 ou 15 000 dollars. Le montant est déterminé lors de l’entretien de visa. De plus, les demandeurs doivent se soumettre à des entretiens en personne avec des fonctionnaires de l’administration américaine, transmettre des années d’historique de leurs réseaux sociaux et donner des comptes rendus détaillés de leurs anciens voyages.
Le département d’État indique notamment rechercher «toute indication d’hostilité envers les principes fondateurs des États-Unis et toutes menaces à la sécurité intérieure ».
Que doit-on comprendre ?
Il faut comprendre que c’est au dépôt des dossiers que le demandeur doit verser les cautions, lorsque tous les documents exigés sont prêts. Les fonctionnaires américains qui constatent la régularité du dossier, donnent un lien au demandeur à travers lequel il va verser les 5 000, 10 000 ou 15 000 dollars.
« Le dépôt d’une caution ne garantit pas la délivrance d’un visa. Les frais acquittés sans autorisation consulaire ne sont pas remboursables », indique le Département d’Etat.
Toutefois, au cas où le dossier est rejeté, les 15 000 dollars seront remboursés au demandeur. Mais si le visa est accepté, cette caution ne sera remboursée que lorsque le demandeur fait le voyage aux Etats-Unis et retourne dans son pays d’origine.
La caution à verser dépend de la date du voyage et du pays concerné. Un formulaire doit être rempli avant le versement. « Le demandeur doit également soumettre le formulaire I-352 du Département de la Sécurité intérieure des États-Unis. Les demandeurs doivent accepter les conditions de la caution via la plateforme de paiement en ligne Pay.gov du Département du Trésor. Cette exigence s’applique quel que soit le lieu de dépôt de la demande », souligne le Département d’Etat.
Et d’ajouter que les demandeurs doivent soumettre le formulaire I-352 pour le dépôt de la caution uniquement après y avoir été invités par un agent consulaire. Ils recevront un lien direct pour effectuer le paiement via Pay.gov.
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« Il leur est formellement interdit d’utiliser un site web tiers pour le dépôt de la caution. Le gouvernement américain décline toute responsabilité pour les sommes versées en dehors de son système ».
Un système compliqué pour les Togolais
Lorsque le demandeur est autorisé à payer la caution, le département d’Etat envoie un lien sur lequel il faut envoyer l’argent. Mais on sait que dans les pays africains, notamment au Togo, ce système de paiement en ligne est un casse-tête pour les gens.
Les demandeurs sont obligés d’avoir une carte bancaire adaptée au système ou un compte Mastercard ou Visa, et que la banque soit en mesure de leur faire un transfert vers le lien fourni par le département américain. Les gens étant habitués à faire ces genres de paiement par chèque ou par liquidité.
Ce système de paiement n’est pas encore développé au Togo. Ceux qui aspirent voyager aux Etats-Unis doivent donc savoir ce qui les attend comme démarches à faire.
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D’aucuns pensent que c’est pour la Coupe du Monde que les Etats-Unis prennent toutes ces dispositions pour se mettre à l’abri des visiteurs indésirables. Certains des voyageurs peuvent décider, une fois dans le pays de l’Oncle Sam, de ne plus retourner dans leur pays d’origine. Mais le pourquoi la mesure concerne aussi le Togo qui n’est pas qualifié pour ce grand rendez-vous du football ?
La réponse réside dans les magouilles orchestrées depuis plusieurs années par l’ancien Secrétaire du gouvernement togolais, Christian Eninam Trimua qui a délivré des passeports de service à ses amis, membres de famille et proches qui ont obtenu des visas américains et sont partis pour ne plus revenir au Togo.
Des points d’entrée obligatoires
Pour bien surveiller les ressortissants des pays frappés par les restrictions, le Département d’Etat américains a choisis trois aéroports aux Etats-Unis où les voyageurs doivent obligatoirement atterrir. Il s’agit de l’aéroport international Logan de Boston (BOS), l’aéroport international John F. Kennedy (JFK), l’aéroport international de Washington Dulles (IAD).
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« Le non-respect de cette consigne pourrait entraîner un refus d’entrée ou un départ non enregistré », avertit le Département d’Etat.
Le Département de la Sécurité intérieure transmettra aux Services de citoyenneté et d’immigration des États-Unis (USCIS) les dossiers dans lesquels le titulaire d’un visa pourrait avoir enfreint les conditions de son engagement. L’objectif est de déterminer s’il y a eu violation.
La date d’entrée en vigueur de toutes ces mesures pour le Togo est fixée au 21 janvier 2026.