Conscient de son incapacité à diriger le Togo avec rigueur économique et efficacité concrète, Faure Gnassingbé s’est trouvé une mission spéciale pour éviter de se ronger les ongles dans son palais : la mission de médiation internationale. L’héritier Gnassingbé est beaucoup plus occupé à vouloir résoudre une crise rwando-congolaise qu’à réfléchir sur la fin de l’impunité des crimes dans son propre pays. Quelle crédibilité de médiation pacifique pour Faure Gnassingbé, Chef d’un régime violent, répressif et prévaricateur ?
Faure Gnassingbé est visiblement l’unique chef d’Etat à disposer excessivement de temps pour se balader au Rwanda, en République Démocratique du Congo (RDC) et les pays environnant sous prétexte d’une médiation pour la paix.
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Quand bien même la sagesse africaine recommande de voler au secours du voisin dont la maison brûle, il est fortement conseillé de balayer au préalable sa propre devanture.
L’enthousiasme avec lequel Faure Gnassingbé s’empresse de délaisser les affaires urgentes de son pays reflète une fuite en avant. Pire, cela est synonyme d’un malaise du personnage à rester dans son pays et s’occuper des problèmes qui y sont légion.
Et ce ne sont pas les chantiers ou les urgences qui manquent : une économie palustre et infectée par la corruption (le Port Autonome de Lomé en est la parfaite illustration), une justice à la botte de l’exécutif, n’inspirant aucune confiance aux investisseurs étrangers, défaut se structures sanitaires modernes, un axe routier précaire, etc.
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Pourtant le désormais « président du conseil des ministres » du Togo court pour jouer le médiateur au chevet d’Etats disposant de système sanitaire très moderne. On peut comprendre qu’il voudrait éviter de se tourner les pouces dans son palais.
Ceci étant, il est judicieux de questionner l’efficacité de ces multiples voyages de médiation de Faure Gnassingbé aux frais du contribuable togolais ?
Il est indéniable qu’en situation de conflit, la réputation du médiateur compte pour une bonne partie. A défaut, son influence résultant de la puissance de son pays peut amener les acteurs de la crise à prêter une oreille attentive.
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La réalité est que Faure Gnassingbé n’a ni l’un ni l’autre. Il a beau missionner ses ministres, et à la tête de ceux-ci son ministre des Affaires étrangères, pour lui façonner une image de panafricaniste. Hélas ! Cela ne marche guère. Il suffit aux acteurs de la crise entre le Rwanda et la RDC de pousser un petit peu leur curiosité pour se rendre compte que le personnage qui vient leur parler de paix est la caution d’actes criminels sur ses propres concitoyens.
A la moindre contestation de son pouvoir sempiternel au Togo, le médiateur Faure Gnassingbé n’hésite pas à sortir les armes contre son peuple. Les résultats sont toujours pareils : plusieurs dizaines de personnes assassinées, des corps jetés dans la lagune de Lomé, des jeunes femmes violées au sein des brigades et des centaines de personnes incarcérées.
Les dernières violentes répressions de manifestants pacifiques datent des mois de mai, juin et juillet 2025 où Faure Gnassingbé a lâché ses milices armées pour poursuivre des citoyens jusque dans leurs domiciles, pour les battre et les laisser pour mort.
Les personnes arrêtées ont été systématiquement torturées. Un jeune enfant de 15 ans revenant de l’école a été battu à mort et son corps jeté dans la lagune.
Quand on cautionne de tels crimes chez soi, que peut-on dire à des acteurs d’une crise aux intérêts non avoués ?
Il faut être Faure Gnassingbé pour croire qu’on est capable de se faire écouter et se faire respecter dans de telles conditions ! Au final, le Chef du régime Rpt/Unir s’offre de simples promenades dans cette région de l’Afrique au moment où chaque dirigeant se concentre sur le développement de son propre pays.
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D’ailleurs, l’une des preuves de l’indifférence des acteurs de cette crise aux ballades de santé du dirigeant togolais est que ce lundi 09 février 2026, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement congolais, invité sur le plateau du journal Afrique de Tv5Monde, n’a pas fait mention une seule fois de Faure Gnassingbé.
Les seules références de médiation évoquées par le ministre congolais restent et demeurent celle des Etats-Unis d’Amérique et celle du Qatar.