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Le Ghana hausse le ton contre les violences xénophobes en Afrique du Sud

by Cidi B
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La situation des étrangers africains vivant en Afrique du Sud, depuis quelques semaines, est critique. Face à la recrudescence des manifestations anti-immigrants et aux attaques visant également les Ghanéens, le gouvernement de John Mahama appelle l’Union Africaine à réagir face à cette attitude des Sud-africains à lancer une chasse à l’homme contre les ressortissants d’autres pays africains travaillant dans leur pays.

Les violences xénophobes en Afrique du Sud durent plusieurs décennies déjà. En 2008, ces émeutes ont fait plus de 60 morts, des dizaines de milliers de déplacés. Les mêmes attaques se sont répétées en 2015, 2019, 2022 et entre avril -mai 2026 avec des manifestations contre les immigrés à Durban, Johannesburg et Pretoria.

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Les ressortissants d’autres pays africains sont les cibles de ces manifestants qui exigent le retour dans leurs pays respectifs. D’après ces derniers, les migrants africains prennent d’assaut le marché de l’emploi et du business laissant peu de marges aux autochtones.

Dans la foulée des manifestations, les ressortissants ghanéens ont été victimes d’agressions verbales et physiques à maintes reprises; ils ont été même contraints de fermer leurs boutiques. Une situation qui a poussé le gouvernement ghanéen à réagir, en demandant à tous ses ressortissants qui craignent pour leur sécurité de se signaler en vue d’un rapatriement.

Dans une action plus diplomatique, Samuel Okudzeto Ablakwa, ministre ghanéen des Affaires étrangères, a officiellement demandé à l’Union Africaine d’inscrire la question des attaques xénophobes contre les ressortissants africains en Afrique du Sud à l’ordre du jour de la huitième réunion de l’institution qui se tiendra du 24 au 27 juin 2026 à El Alamein, en Égypte.

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Le ministre décrit la situation actuelle dans le pays comme étant d’« intérêt continental urgent », nécessitant une action collective africaine.

Dans la lettre adressée à l’UA, le ministre Ablakwa a exprimé sa profonde inquiétude face à la récurrence des incidents xénophobes en Afrique du Sud qui, de par le passé, ont entraîné des pertes en vies humaines, la destruction d’investissements et des menaces à la sécurité et au bien-être des migrants africains.

« Il est particulièrement inquiétant de constater que des manifestations de xénophobie, notamment des attaques violentes contre d’autres Africains, ont persisté ces dernières années », a-t-il indiqué tout en précisant que les attaques visant des ressortissants africains portent atteinte aux « principes communs de solidarité africaine, de fraternité et d’unité continentale auxquels tous les États membres de l’Union africaine sont attachés ».

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De ce fait, le Ghana estime que « la poursuite des attaques constitue une violation flagrante de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, affaiblit l’esprit du panafricanisme et contredit les objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui promeut la libre circulation et l’intégration économique sur le continent ».

Le ministre ghanéen appelle donc les autorités sud-africaines à établir « une mission d’enquête sur les causes de la violence et à faciliter les initiatives de dialogue et de réconciliation visant à promouvoir la tolérance et l’inclusion. L’avenir de l’Afrique repose sur la dignité partagée, la prospérité et le respect mutuel. Le plein potentiel et l’émancipation de l’Afrique ne pourront être atteints que lorsque l’Afrique sera unie ».

A l’instar du Ghana, le Nigeria a également lancé un appel à ses ressortissants qui se trouveraient en danger dans le pays. Un programme de rapatriement volontaire a été mis en place. Plus de 130 personnes se sont déjà inscrites.

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Samuel Okudzeto Ablakwa a souligné qu’« aucun Africain ne devrait être déshumanisé sur le sol africain ».

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