Home Politique 7 éléments pour comprendre l’élection présidentielle de 2024 au Sénégal

7 éléments pour comprendre l’élection présidentielle de 2024 au Sénégal

by Kokou Mawupédzro
2,3K vues 9 minutes de lecture

Les Sénégalais se rendront aux urnes pour exercer leur devoir  civique dans le cadre de l’élection présidentielle qui se déroule ce dimanche 24 mars 2024. Ils vont élire leur 5e président de la République. Voici un guide pour comprendre comment se passe cette élection dans le pays de Senghor.

Pour la première fois dans l’histoire politique du Sénégal, ils sont au total 19 candidats en course pour le fauteuil présidentiel. Ce qui rend ce scrutin particulièrement unique, c’est l’absence de participation du président sortant Macky Sall.

L’homme avait annoncé en juillet 2023 qu’il ne briguera pas un troisième mandat, invoquant un « code d’honneur ». Maintenant, la question demeure de savoir qui lui succédera.

Dans les urnes ce dimanche 24 mars

Prévue initialement pour le 25 février 2024 avant d’être reportée, l’élection présidentielle au Sénégal se tiendra finalement ce dimanche 24 mars 2024. Et ce sera la douzième depuis que le pays a accédé à la souveraineté internationale le 04 avril 1960. Sur une population totale d’environ 18 millions d’habitants, environ 7,3 millions d’élections sont inscrits. A la dernière présidentielle en 2019, ils étaient 6 683 043 électeurs inscrits dont 4 428 680 votants.

Togo-Nathaniel Olympio : « Faure Gnassingbé est un danger pour le Togo »

Une élection à suffrage universel direct

Au Sénégal, selon la loi fondamentale, le président de la République  est élu pour un mandat de 5 ans, au suffrage universel direct et au scrutin uninominal majoritaire à deux tours. 

Si aucun candidat n’obtient la majorité absolue des votes au premier tour, un second tour sera organisé le troisième dimanche après l’annonce officielle des résultats par le Conseil constitutionnel. Ce second tour vise à départager les deux candidats arrivés en tête lors du premier tour.

La durée de mandat, initialement de 7 ans, a été réduite à 5 ans renouvelable une seule fois suite au référendum constitutionnel de 2016. Commission électorale nationale autonome (CENA) est l’institution chargée d’organiser et de superviser les élections.

N’est pas candidat à la présidentielle qui veut

Selon l’article 28 de la Constitution, toute personne peut être candidate à la présidence de la République si elle remplit les critères suivants :

  • Être exclusivement de nationalité sénégalaise.
  • Jouir de ses droits civils et politiques.
  • Avoir un âge minimum de trente-cinq (35) ans et un âge maximum de soixante-quinze (75) ans le jour du scrutin.
  • Posséder la capacité de lire, écrire et parler couramment la langue officielle (le français).

De plus, l’article L.57, alinéa 1 du Code électoral stipule que seuls les citoyens sénégalais électeurs peuvent être candidats à cette élection, sous réserve des conditions d’âge et des cas d’incapacité ou d’inéligibilité prévus par la loi.

Comment les candidats sont retenus par le Conseil constitutionnel

Bien que la loi fondamentale donne à tout citoyen sénégalais le droit de se présenter comme candidat à l’élection présidentielle, une réforme du code électoral ajoute une nouvelle dimension. Les candidats sont désormais tenus de recueillir des parrainages d’électeurs inscrits sur les listes électorales, conformément à la loi électorale sénégalaise. Ils ont le choix entre trois types de parrainage :

Parrainage citoyen : Les candidats doivent obtenir entre 0,6 % et 0,8 % du fichier électoral, soit entre 44 231 et 58 975 signatures. Ces parrainages citoyens doivent être recueillis dans au moins sept régions, avec un minimum de 2 000 signatures par région, et le reste peut être obtenu dans le reste du pays ainsi que dans la diaspora.

Parrainage des députés : Chaque candidat peut être parrainé par une liste de treize (13) députés de l’Assemblée nationale.

Parrainage des élus : Chaque candidat peut être soutenu par 120 maires et présidents de conseils départementaux.

Par ailleurs, une caution obligatoire, initialement fixée à 30 millions de francs CFA, doit être versée pour valider un dossier de candidature.

Un total de 267 dossiers de parrainage ont été retirés auprès de la Direction générale des élections. Au final, seules 20 candidatures ont été validées sur les 93 dossiers déposés au Conseil constitutionnel. Mais sur les 20, une s’est retirée.

19 candidats dont une seule femme

Selon la liste définitive rendue publique le 20 janvier 2023 par le Conseil constitutionnel du Sénégal, ils étaient 20 candidats pour cette présidentielle. Mais aux dernières minutes, cette liste s’est réduite à 19 après le retrait de la candidate Rose Wardini le 19 février dernier, suite à des soupçons concernant sa double nationalité (sénégalaise et française).

Sur cette liste de 19 prétendants, figurent Anta Babacar Ngom, Amadou Ba, Boubacar Camara, Cheikh Tidiane Dieye, Déthié Fall, Daouda Ndiaye, Habib Sy, Khalifa Sall, Idrissa Seck, Mame Boye Diao, Mouhamed Boun Abdalah Dione, Aliou Mamadou Dia, Malick Gackou, Aly Ngouille Ndiaye, Mamadou Lamine Diallo, Serigne Mboup, Pape Djibril Fall, Bassirou Diomaye Faye, Thierno Allassane Sall.

Togo- A Badou, un abattoir sauvage tue lentement les habitants

Ils sont tous des personnalités politiques de premier plan, des dirigeants de partis d’opposition bien établis, et des candidats indépendants aux parcours professionnels riches, offrent une diversité de profils parmi lesquels les électeurs devront choisir.

Parmi eux, on remarque deux alliés d’Ousman Sonko, bien qu’il se soit retiré de la course. Il s’agit de Cheikh Tidiane Diéye et Habib Sy. Ces deux candidats, parrainés par les députés de l’ex-Parti Pastef, sont en réalité des candidats dissidents du camp présidentiel, notamment par rapport à l’ancien Premier ministre Mouhamad Boun Abdallah Dionne (2014-2019) et à l’ancien ministre de l’Intérieur et de l’Agriculture, Aly Ngouille Ndiaye.

Après le désistement de Rose Wardini, une seule candidature féminine reste en lice parmi les 19 concurrents, celle d’Anta Babacar Ngom, âgée de 40 ans, directrice générale de l’entreprise avicole Sedima, et qui n’est affiliée à aucun parti politique.

Qui est autorisé à voter au Sénégal ?

Comme dans la plupart des pays démocratiques, la Constitution accorde à tout citoyen sénégalais âgé de 18 ans et plus, inscrit sur les listes électorales, le droit de jouir de ses droits civils et politiques pour voter pour le candidat de son choix lors de cette élection.

Quand les résultats seront-ils publiés ?

Débuté le samedi 9 mars 2024, les campagnes électorales pour la présidentielle sont en cours et prendront fin le vendredi 22 à minuit. Le dimanche 24 mars, les citoyens seront dans les bureaux de vote pour élire leur 5e président de la République.

Dès la  fin des opérations électorales, les procès-verbaux des résultats seront transmis à chaque tribunal départemental pour compilation avant d’être acheminés au niveau régional.

Conformément à la loi électorale sénégalaise, chaque région a jusqu’au mardi suivant le scrutin à midi pour publier ses résultats. Les résultats provisoires doivent être annoncés par la commission électorale au plus tard le vendredi suivant le scrutin.

Après l’annonce des résultats provisoires, les candidats disposent de 72 heures pour déposer d’éventuels recours. Une fois ces délais écoulés, le Conseil constitutionnel proclame les résultats officiels.

Pour remporter dès le premier tour, un candidat doit obtenir plus de 50 % des voix, c’est-à-dire la majorité absolue. En l’absence de cette majorité, un second tour est organisé dans les deux semaines suivant la proclamation des résultats.

Togo-Coup d’État constitutionnel : Voici le message de la diaspora allemande à Faure Gnassingbé

Le président élu prête ensuite serment devant le Conseil constitutionnel lors d’une cérémonie solennelle et publique.

L’élection présidentielle cette année au Sénégal, marquée par l’absence du président sortant Macky Sall et du principal opposant Ousmane Sonko, présente un enjeu majeur pour l’avenir politique du pays. La diversité des candidats témoigne de la vitalité démocratique sénégalaise, mais le prochain président devra relever d’importants défis économiques et sociaux, notamment le coût de la vie, le chômage des jeunes et l’accès aux services de base.

Dans un contexte international tendu et alors que le pays s’apprête à exploiter ses ressources en hydrocarbures, le nouveau gouvernement devra faire face à des défis complexes dès son arrivée au pouvoir.

Author

Lisez également ces articles

Laisser un commentaire

L'alternative

Un site d’information et d’enquête sur le Togo et l’Afrique

Newsletter

Tenez vous à jour, souscrivez à notre newsletter

Dernières publications

@2024 Copyright L’ Alternative – Tous droits réservés. L’ Alternative n’est pas responsable des contenus provenant de sites Internet externes.

En savoir plus sur L'alternative

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture

-
00:00
00:00
Update Required Flash plugin
-
00:00
00:00