Home Politique Togo- Un régime de terreur institutionnalisé : Voici les réformes répressives dont le clan se glorifie

Togo- Un régime de terreur institutionnalisé : Voici les réformes répressives dont le clan se glorifie

by L'Alternative
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Faure Gnassingbé et Victoire Dogbé

Depuis les vagues de manifestations populaires qui ont secoué le Togo à partir du 19 août 2017, le régime de Faure Gnassingbé a pris des mesures drastiques pour étouffer toute contestation. Une fois le contrôle de la situation récupéré, le pouvoir togolais a engagé une série de réformes légales et administratives visant à restreindre la liberté de manifestation, consolidant ainsi une véritable stratégie du silence.

En réaction aux manifestations qui ont fait trembler son régime, le gouvernement togolais, par le biais de l’ancien ministre de l’Administration territoriale, Payadowa Boukpessi, a justifié la modification de la loi encadrant les manifestations en évoquant la nécessité d’assurer la sécurité publique. Boukpessi a notamment affirmé que ces modifications étaient une réponse aux événements de 2017 et visaient à « assurer un meilleur encadrement des manifestations et de la sécurité des riverains ».

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Toutefois, ces réformes législatives sont loin de répondre aux préoccupations des organisations internationales. En janvier 2020, quatre rapporteurs spéciaux des Nations Unies ont exprimé leurs inquiétudes sur la généralité des restrictions imposées par cette nouvelle loi. Ils ont rappelé que toute limitation légale des droits fondamentaux doit être clairement définie pour éviter toute interprétation abusive.

L’année 2022 a vu une nouvelle étape dans cette stratégie répressive, avec l’adoption de nouveaux décrets modifiant la réglementation sur le droit de grève et l’organisation des syndicats professionnels. Ces changements législatifs, présentés comme des réformes, visent en réalité à renforcer le contrôle de l’État sur toute forme d’opposition, qu’elle soit politique ou sociale.

Cette série de réformes a permis l’installation d’un véritable régime de terreur. Désormais, toute activité politique, en particulier celles de l’opposition, est soumise à une autorisation préalable. En pleine campagne électorale, il est fréquent que des opposants soient empêchés d’accéder à certaines localités sans explication. Le cas du siège de la CDPA dans le quartier populaire de Bè à Lomé, pris d’assaut par des miliciens pro-régime le 29 septembre 2024, illustre cette répression de manière criante. Cet événement tragique a ravivé les craintes d’une dérive autoritaire assumée.

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Aux premières heures de l’incident du 29 septembre 2024, le régime de Lomé a tenté une communication maladroite pour faire croire à l’opinion que les agresseurs de l’opposition étaient sortis de ses propres rangs. Mais, comme un idiot qui ne met pas longtemps avant de se contredire, les réactions jubilatoires des militants du pouvoir sur les réseaux sociaux ont révélé leurs véritables affiliations.

Dans cette situation tendue, une déclaration aussi surprenante qu’inattendue a choqué l’opinion publique togolaise. Il s’agit de celle de Pierre Hor, ex-candidat aux législatives et fondateur du mouvement politique “Forêt Sacrée”.

Ce dernier a affirmé publiquement qu’il interdisait à l’opposition de mener toute activité politique dans le quartier de Bè, fief traditionnel de l’opposition. Selon lui, « l’opposition togolaise a assez manipulé le peuple Bè ». Cette déclaration, faite une semaine après les violences au siège de la CDPA, a suscité la stupéfaction, d’autant que certains y voient une tentative de justifier les actions des miliciens pro-régime.

Cette situation soulève des questions fondamentales sur la liberté d’expression et de réunion au Togo. Comment peut-on interdire à une frange politique d’exercer ses droits dans un quartier sous prétexte d’allégeances politiques ? Quelle serait la réaction des autorités si de telles déclarations étaient faites par un opposant interdisant l’accès à un quartier pro-régime ?

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Ces événements soulignent la volonté du pouvoir togolais de verrouiller toute contestation en s’appuyant sur un cadre juridique taillé sur mesure. Les libertés fondamentales sont restreintes, tandis que des acteurs pro-régime, tels que Pierre Hor, se permettent de redéfinir les règles du jeu politique en excluant l’opposition de certains territoires.

Loin de garantir la paix sociale, cette stratégie répressive risque au contraire d’exacerber les tensions et de conduire à une polarisation accrue de la société togolaise. Au moment où le monde s’interroge sur la durabilité des régimes autoritaires, la situation au Togo interpelle : un pays où le silence est imposé par la peur et où la contestation est criminalisée.

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