Alors que certains observateurs demeurent dubitatifs sur l’audace des dirigeants des Etats membres de la CEDEAO à se libérer du joug du franc CFA considéré comme un vestige colonial et un instrument de l’impérialisme français, la dernière session ordinaire de l’organisation communautaire tenue le dimanche 15 décembre 2024 à Abuja a accouché de précisions démontrant que plusieurs étapes sont franchies quant à l’avènement de la future monnaie unique, l’ECO.
Des précisions majeures sur l’opérationnalisation de la monnaie unique de la CEDEAO dénommée « ECO » sont contenues dans le communiqué final sanctionnant la 66ème Session Ordinaire de la rencontre des Chefs d’Etats et de Gouvernement de l’Institution Ouest-africaine.
L’exposé du communiqué final résumant les résolutions des Chefs d’Etats et de Gouvernements présents au 66ème sommet de la CEDEAO, laisse découvrir les tâches accomplies par le Comité de Haut Niveau sur les modalités pratiques pour le lancement de l’ECO et les missions à elle réinvesties par l’instance suprême de l’organisation.
« Le Sommet adopte les critères proposés par le Comité de Haut Niveau pour la sélection des Etats membres candidats au lancement de l’ECO ou qui y joindraient ultérieurement [et] instruit la Commission de la CEDEAO, en collaboration avec l’Agence Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (AMAO) d’assurer l’intégration de ces critères dans le Protocole portant l’Accord de l’Union monétaire de la CEDEAO », peut-on y lire.
Le processus d’opérationnalisation de l’ECO génère des coûts liés notamment aux réformes des institutions actuelles et la mise en place d’autres plateformes nécessaires à sa réussite. Ces dépenses doivent être supportées par les Etats membres de la CEDEAO.
A cet effet, un appel est lancé à l’endroit des « Banques Centrales et États membres [afin de] prendre des mesures nécessaires pour le paiement de leurs contributions financières pour l’opérationnalisation desdites institutions dès que la décision effective sur la date de lancement de la monnaie unique de la CEDEAO est prise ».
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Tout semble indiquer que l’avènement de l’ECO ne dépend désormais que de la finalisation des réformes institutionnelles et du financement du processus par les Etats membres. Et le cap de la décision politique est apparemment franchi.
Il faut noter que cela fait plus de 10 ans déjà que cette idée de monnaie unique de la CEDEAO fait son bout de chemin. Et pour beaucoup d’analystes, le véritable obstacle demeurait le manque de volonté politique des Chefs d’Etats membres de la CEDEAO.