Dans un communiqué commun publié ce 10 juillet 2025, la Fédération Internationale pour les Droits Humains (FIDH), la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) et le Collectif des Avocats pour la Démocratie, l’Etat de Droit et les Droits de l’Homme ont lancé un appel à l’Organisation des Nations Unies (ONU) afin de prononcer sans attendre l’ouverture d’une enquête internationale sur les barbaries orchestrées par le régime cinquantenaire des Gnassingbé sur les citoyens togolais durant le mois de juin dernier.
La démarche des trois Organisations Internationales de Défense des Droits Humains s’inscrit dans la protection et le respect de la dignité humaine sans cesse bafouée par le régime de Faure Gnassingbé. L’objectif est que « cesse enfin la répression sanglante des manifestantes et manifestants » au Togo.
Pour ce faire, le communiqué publié depuis la capitale française a pris soin de rappeler succinctement l’horreur de la violence inouïe que des milices organisées ont exercé sur des manifestants sous le regard et la protection des Forces de sécurité du Togo.
Il s’agit de « milices de Faure Gnassingbé » qui ont été « responsables d’enlèvements, de séquestrations, de tortures et de meurtres », alors que les populations togolaises, à l’appel de jeunes artistes bloggeurs, sont sorties pour dénoncer la vie chère, la hausse des prix de l’électricité, les arrestations et emprisonnements politiques et surtout le coup de force constitutionnel perpétré en mars 2024 par Faure Gnassingbé pour conserver le pouvoir à vie. Elles condamnent fermement ces « exactions ».
« Cette énième répression d’une rare férocité, est la manifestation d’une culture de la violence et de l’impunité entretenue par le régime de Lomé pour museler les contre-pouvoirs et faire taire toutes voix dissonantes de la gouvernance de Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 20 ans », écrivent les Organisations de Défense des Droits de l’Homme.
Lire aussi : Togo- Amnesty International révèle des témoignages qui donnent un aperçu de la répression violente des manifestations
Elles constatent d’ailleurs que « cette répression est l’expression d’une escalade de violences assumée et entretenue par le régime de Lomé, comme le démontre le communiqué du gouvernement du 29 juin 2025 qui félicite les forces de sécurité pour leur « professionnalisme et leur sens de responsabilité ».
Face au lourd bilan de la barbarie commise par les milices (7 morts dont un mineur et des centaines de blessés) et aux arrestations arbitraires, les 3 Organisations réclament des autorités togolaises la libération immédiate de toutes les personnes arrêtées dans le cadre des manifestations de juin 2025, celle de tous les prisonniers politiques au Togo.
Elles exigent par ailleurs de ce gouvernement le « respect des engagements internationaux en matière des Droits Humains ».
La FIDH, la LDH et le Collectif des Avocats notent le silence de CEDEAO ainsi que l’inaction de l’Union Africaine face à ces graves violations des Droits Humains. Aussi en appellent-elles l’Organisation des Nations Unies (ONU) à qui elles demandent l’ouverture d’une enquête internationale indépendante pour que « soit démantelée la milice politique du régime de Lomé » et que « les auteurs, complices et commanditaires des exactions en répondent devant la loi et que soit évitée la répétition de ces actes, sans exclure le recours à des sanctions ciblées contre les dignitaires du régime de Lomé ».
Les signataires du communiqué déclarent soutenir toute initiative de lutte contre l’impunité au Togo, notamment les crimes survenus au Togo avant, pendant et après les élections présidentielles du 24 avril 2005. Elles n’excluent pas alerter le Procureur de la Cour Pénale Internationale.
La FIDH, la LDH et le Collectif des Avocats alertent d’ores et déjà les Nations Unies sur les prochaines manifestations annoncées au Togo pour des mesures soient prises pour protéger les populations civiles.
« Il est primordial que l’ONU accompagne le peuple togolais dans son désir de changement démocratique qui doit nécessairement déboucher sur une alternance politique au sommet de l’Etat », ont-elles conclu.