Le régime RPT/UNIR a décidé en début de cette semaine de fermer les zones de passage habituel des populations de Lomé vers Aflao (région du Ghana frontalière du Togo). La fragilité des raisons avancées par le gouvernement togolais démontrent à suffisance qu’il s’agit purement et simplement d’une psychose au sein du régime qui a bientôt 60 ans.
La proximité de la ville de Lomé avec le Ghana a maintenu les liens historiques entre les populations des deux côtés de la frontière. Ainsi chaque jour, un flux migratoire important est observé au niveau de cette frontière qui possède de nombreux points de passage à Lomé, lesquels sont moins chronophage pour les habitants de certains quartiers de la ville.
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Cela leur évite d’emprunter une longue distance pour venir traverser la frontière par le poste frontière officiel, surtout que plusieurs personnes traversent la frontière quotidiennement pour des raisons professionnelles.
Le gouvernement en charge des affaires courantes au Togo depuis près de 5 mois, vient de prendre une curieuse décision d’isoler la capitale Lomé en fermant les frontières habituelles utilisées quotidiennement par ces populations des quartiers environnant cette zone.
« Cette mesure vise particulièrement à lutter contre la criminalité sous toutes ses formes et à endiguer les menaces croissantes liées à l’immigration irrégulière (…) ; parmi les activités illicites identifiées, figurent notamment le trafic de drogue et des produits prohibés, la traite des êtres humains, le transport de migrant en situation irrégulière (…) », peut-on lire dans le communiqué du gouvernement.
Le communiqué indique donc la « la fermeture dans le Grand Lomé des points de passage non autorisé et des brèches clandestines identifiées le long de la frontière ouest ».
La principale interrogation que suscite cette curieuse mesure est celle de savoir pourquoi elle ne concerne que le district du Grand Lomé, c’est-à-dire la capitale togolaise alors que d’autres points existent au niveau des autres villes. Et c’est surtout ces autres points des autres villes qui sont susceptibles d’être utilisés par les réseaux criminels car éloignés des habitations urbaines.
Par ailleurs, sur le sujet de l’immigration, Faure Gnassingbé et ses ministres semblent soudainement devenir amnésiques sur le principe de la libre circulation des biens et des personnes au sein de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
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Même si ce principe n’exclut pas une régulation des flux migratoires, il importe que cette régulation résulte d’une étude sérieuse et d’une concertation des populations, ou du moins des autorités des deux Etats en cause. Ce qui fait défaut à cette décision précipitée des autorités togolaises.
L’évidence d’une psychose au sein du système dictatorial à la tête du Togo est de plus en plus claire. Ce système autocratique et égoïste ignore totalement les besoins fondamentaux des citoyens.
En prenant cette mesure, le gouvernement illégitime du Togo n’ignore pas qu’il met en difficulté des milliers de Togolais qui font usage des points de passage incriminés pour vaquer à leurs activités quotidiennes.
Cependant, le malheur du peuple n’est pas considéré face à la soif du pouvoir de Faure Gnassingbé.
Il faut noter qu’une telle mesure non objet d’un communiqué officiel est prise à Lomé depuis que les contestations de la 5ème République et du pouvoir de Faure Gnassingbé ont débuté. La voie de contournement qui passe derrière le CHR de Lomé (Kégué) et devant la nouvelle présidence est fermée, mettant en difficulté les citoyens qui empruntent ladite voie pour aller au travail.
Les usagers de cette voie sont contraints de rechercher des passages alternatifs allongeant ainsi leurs distances à parcourir pour vaquer à leurs occupations, et par conséquence les dépenses en carburant.