Devra-t-on encore s’attendre à des scènes inédites vécues à Glidji lors des dernières éditions de Epé-Ekpé ? Les informations indiquent que la sérénité n’est pas dans la forêt sacrée ni parmi les prêtres. Le conflit est latent. Derrière ce malaise apparent sur la désignation d’un prêtre pour la pierre sacrée, c’est une fracture bien plus ancienne qui se rouvre : celle qui oppose, au sein même de la communauté Guin, deux conceptions de l’autorité traditionnelle.
D’un côté, le régent Asafo Atsè Kangni Folly-Bebe, qui s’appuie sur les textes fondamentaux de 2016 pour justifier son choix. De l’autre, les dignitaires en rouge qui lui crient son illégitimité et réclament l’intronisation d’un roi. Entre eux, un fossé que les années n’ont pas comblé.
Car au fond, ce qui divise Glidji, ce n’est pas seulement un nom. C’est la question jamais résolue : qui a le droit de parler au nom des ancêtres ?

Les uns estiment que la tradition s’incarne dans des règles écrites, des localités désignées Glidji, Agbodrafo, Aného et un temple central, le SAKUMO.
Les autres répondent que la légitimité ne se décrète pas par une lettre administrative, mais qu’elle émane du consensus communautaire et de la reconnaissance populaire. Deux logiques qui s’entrechoquent sans trouver de terrain d’entente.
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Cette cassure traverse les familles, les lignées sacerdotales, et jusqu’aux simples fidèles. Chaque camp accuse l’autre de trahir l’esprit du rite Épé-Ékpé, pourtant inscrit à l’UNESCO comme symbole d’unité. L’amertume est d’autant plus vive que cette discorde intervient à la veille de la 363ᵉ édition, qui aurait dû célébrer la continuité d’un peuple.

Les prochains mois diront si Glidji parviendra à panser ses blessures ou si, une fois encore, les clivages l’emporteront sur le sacré.
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En 2016, les gaz lacrymogènes avaient étouffé les prières. Personne ne veut revivre cela. Mais pour l’instant, les cœurs restent fermés, et les voix modérées peinent à se faire entendre.