Dans son discours prononcé lors de la célébration du jour de l’indépendance du Togo, le 27 avril dernier, Faure Gnassingbé laissait entendre que « l’avenir du Togo se construira avec tous les Togolais ». Il n’a pas fallu plus de trois de semaines au désormais « président du conseil des ministres » pour démontrer qu’en réalité, il demeure dans la continuité de sa politique déroulée depuis plus de 20 années : une minorité qui joue à la chaise musicale aux postes publics, avec la militarisation du Togo.
De retour de leur escapade au Kirghizistan, 2ème pays le plus pauvre d’Asie centrale, Faure Gnassingbé et ses ministres ont tenu cette semaine un conseil des ministres qui entre autres décisions, a procédé à la nomination de plusieurs officiers de l’armée en retraite, à la tête des Préfectures du pays. Ce faisant, la dictature de Lomé confirme sa vision de gouvernance par intimidation et surtout de déni d’opportunité d’emplois aux jeunes compétences du Togo.
Réunis en conseil des ministres, Faure Gnassingbé et ses amis ont ramené de la retraite plusieurs officiers supérieurs de l’armée pour les déposer à la tête des Préfectures du pays. Il s’agit notamment des colonels KONDI Kdighan, AZIABA Ayi Sessi, GNAKOU Aloègnim, GNAKOFRE Yao et du Commissaire Divisionnaire BALATE Mikidjièbé nommés respectivement Préfets de l’Oti, de Doufelgou, de Haho, du Moyen-Mono et du Kpendjal.
D’autres Préfectures comme le Dankpen et le Mô se voient propulser à leur tête le colonel AKPAMOURA Koffi et le Commandant AGOH Mazamesso.
Cette liste de nouveaux préfets, officiers de l’armée à la retraite, vient s’ajouter à plusieurs autres qui tiennent ces postes de représentant du pouvoir central au niveau des préfectures.
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Considérant le caractère violent et antidémocratique du pouvoir de Faure Gnassingbé qui n’hésite pas à utiliser l’armée comme instrument de répression sur la population civile, il faut lire à travers ces nouvelles nominations, une volonté claire de militarisation de l’autorité politique.
Mais au-delà, lorsque l’héritier de feu Général Gnassingbé Eyadéma et sa petite minorité civile mettent en œuvre cette politique d’aller rechercher des officiers de l’armée admis à la retraite pour les déposer à ce genre de poste, c’est uniquement pour s’assurer d’une certaine allégeance de ceux-ci au dictateur Faure Gnassingbé.
Et dans le même prolongement, en leur qualité d’officier de l’armée, ceux-ci conservent une certaine autorité sur les troupes, éventuellement dans les missions de répression de la population civile.
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De toute évidence, cette politique de « militarisation » de postes politiques et par ailleurs de certains postes au sein des sociétés publiques, ne participe qu’à la volonté de Faure Gnassingbé de sécuriser son règne sempiternel tout comme la 5ème République mal cousue pour lui.
Et dans cette quête infernale, celui qui a hérité du fauteuil présidentiel à 38 ans, relègue au dernier plan la jeunesse togolaise, notamment les centaines de jeunes diplômés formés par les universités publiques et privées du pays ainsi que l’Ecole Nationale d’Administration dans les domaines de la diplomatie, du droit public et de la gouvernance locale.
Quel est le rôle de ces instituts de formation si les dirigeants du pays se contentent de jouer à la chaise musicale aux postes compatibles avec les diplômes attestant la capacité des jeunes formés ?
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Faure Gnassingbé a toujours manifesté son dédain à l’égard de l’excellence académique puisqu’il n’a jugé utile de mener des discussions directes avec les étudiants, encore moins avec leurs formateurs. Il préfère l’armée car elle constitue jusqu’à présent son instrument d’intimidation.
Il faut se rendre à l’évidence. Faure Gnassingbé ne peut plus rien offrir aux Togolais comme l’a bien indiqué l’ex ministre des Armées, Madame Marguerite Gnakadé. L’unique feuille de route du système Rpt/Unir est de conserver le pouvoir avec tous les privilèges et richesses que la minorité s’arroge au détriment du peuple togolais.