Les périodes de jeûne chez les musulmans ou carême chez les chrétiens riment avec des changements de rythme alimentaire. Entre se priver de manger et de boire toute la journée pour ensuite se gaver le soir, ce changement des habitudes alimentaires, malheureusement, n’est pas souvent sans effets négatifs sur la santé. Il est pourtant bien possible de profiter de tous les bienfaits de cet exercice spirituel en suivant quelques règles de nutrition simples.
La santé physique peut subir le changement du rythme alimentaire durant la période de jeûne, si les privations alimentaires ne sont pas sainement compenser. Une bonne période de jeûne doit se préparer en commençant par « réduire graduellement l’apport en nourriture avant le début du jeûne pour que le corps s’habitue, ainsi le choc sera ainsi moins grand », conseille Cendrine Zerbo, diététicienne d’Etat au Burkina Faso.
Pendant cette période, la règle principale est le « Yas’Mine Diet : le bon aliment, en bonne quantité et au bon moment », indique-t-elle.
Selon la spécialiste en nutrition, le respect de cette règle permettrait de perdre du poids et faire diminuer votre tension artérielle et votre taux de cholestérol. Le premier repas de rupture du jeûne (Ftor) a pour rôle de recharger l’énergie. Il doit être sain et équilibré. « Idéalement, il doit être composé de quelques dattes pour son sucre naturel et rapide, de graisses végétales (amandes, noix, etc.), de protéines, de produits laitiers, d’aliments énergétiques », explique-t-elle.
Pris de façon modérée, ce repas ne doit pas être surchargé, il doit juste apaiser la sensation de soif et de faim.
Le deuxième repas doit ensuite être pris généralement 2 ou 3 heures après la rupture du jeûne correspondant au dîner. Il devrait idéalement débuter par un plat de légumes et crudités, et être suivi par un plat de poisson, fruits de mer ou viande blanche (poulet), ainsi qu’une petite ration de céréales ou de tubercules ou de féculents. Cependant, le repas ne doit pas être copieux.
Le 3ème repas (S’hor) qui précède le jeûne va fournir à l’organisme l’énergie nécessaire pour tenir le lendemain. Constituant d’un petit-déjeuner léger, sa composition devrait être faite de « légumes, une portion de glucides comme du pain/des galettes de blé entier, des aliments riches en protéines tels que les produits laitiers (fromage non salé, lait, yaourt) et/ou les œufs, ainsi qu’un accompagnement composé de noix ou d’avocat qui sont une source de bonnes graisses d’origine végétale ».
Outre l’alimentation, l’apport hydrique doit être optimal pendant cette période. En vue d’éviter
la déshydratation, la diététicienne recommande de se tenir loin des endroits chauds et ensoleillés pour éviter l’hyperthermie. Il faut également « boire de l’eau par petites gorgées dès la rupture du jeûne et tout au long de la soirée et d’en boire abondamment avant la reprise de celui-ci, (au moins 10 verres au total) ».
Durant cette période de jeûne, il est à proscrire « trop de thé ou de café et des boissons gazeuses », souligne-t-elle. Cette proscription s’explique par le fait que ces boissons diurétiques augmentent le taux d’élimination d’eau dans le corps, alors que l’idéal est plutôt de maintenir un taux hydrique stable pour pouvoir tenir tout au long de la journée.
Il est à privilégier en cette période, les soupes et les infusions, ainsi que des fruits et légumes riches en eau tels que la pastèque, le melon et la tomate, le concombre ou la courgette, mais aussi des jus naturels sans sucre ajouté.