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Togo- Mme GNAKADE mal en point, Amnesty International réagit

by Koffi Sedinam
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Mme Essossimna Marguerite Gnakade ne va pas bien. Elle souffrirait de maux de têtes chroniques et d’une lésion à la colonne vertébrale qui se seraient aggravés depuis sa détention. Une demande d’évacuation sanitaire prescrite par son médecin traitant serait restée sans suite à ce jour. D’ailleurs, la requête en mainlevée de scellés déposée par son conseil pour sa maison où résidaient habituellement ses enfants et mise sous scellée un mois après son arrestation est demeurée sans réponse à ce jour. Amnesty International s’en indigne et interpelle le régime.

Le Bureau régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et le Centre a attiré l’attention du Gouvernement togolais, en saisissant le ministre de la Justice et des Droits humains sur la détention de l’ancienne ministre des Armées et femme politique, Mme Essossimna Marguerite Gnakadè, depuis bientôt huit mois.

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Dans sa déclaration, l’organisation s’est montrée « préoccupée par les circonstances de l’arrestation et de la détention de Essossimna Marguerite Gnakadè ». En particulier, Amnesty International craint que son arrestation et sa détention soient arbitraires et que ses conditions de détention ne respectent pas les standards internationaux.  

Arrêtée depuis le 17 Septembre 2025, Essossimna Marguerite Gnakadè aurait été transférée dans une villa, qui ne parait pas être un centre officiel de détention, où elle serait détenue jusqu’à présent.

Selon son avocat, elle serait enfermée dans une chambre, sans jamais avoir accès au plein air. Cependant, son conseil n’a jamais pu lui rendre visite dans ladite villa et s’entretient avec elle au Palais de Justice. Elle n’aurait pas accès à la lecture ou toute autre forme de distraction ; une bible lui aurait été refusée. Ses visites seraient limitées à un membre de sa famille chaque vingt-quatre heures afin qu’elle puisse recevoir de la nourriture, la contraignant à manger des repas froids.

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N’étant pas encore auditionnée par le juge d’instruction sur le fond des accusations qui lui sont reprochées, l’ancienne ministre est poursuivie pour incitation à la révolte contre l’autorité de l’État, publication de fausses nouvelles de nature à ébranler la discipline et le moral des armées, troubles aggravés à l’ordre public et entrave au bon fonctionnement de la justice.

Amnesty International « rappelle que les droits des personnes arrêtées et détenues, quels que soit les chefs d’accusation qui pèsent contre elles, doivent être respectés, notamment l’interdiction des actes de torture et des traitements inhumains et dégradants, le droit à une représentation légale et le droit à un procès équitable. Ces droits sont reconnus par la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) ratifiés par le Togo ».

L’ONG international de défense des droits de l’homme demande la libération immédiate et sans condition de Madame Gnakadè ainsi que l’ouverture d’une enquête sur la légalité de la mise sous scellé de son domicile.

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« La détention préventive de Essossimna Marguerite Gnakadè ne pourrait en outre se prolonger sans fondement juridique, y compris en matière de durée légale de la détention ainsi que de nécessité et de proportionnalité de la détention, le respect desquelles doit être continuellement revu », indique l’organisation. Par ailleurs, Amnesty International rappelle que « si Essossimna Marguerite Gnakadè est détenue uniquement pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression, elle doit être immédiatement libérée et sans condition ».

L’organisation fonde ses arguments sur des instruments internationaux auxquels est partie le Togo, notamment la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP).

Le Togo encore une fois sous le feu des projecteurs devant le monde entier pour violation des libertés fondamentales, en l’occurrence celle d’expression.

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