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Présidentielle 2024 : Ces deux absents les plus présents dans le processus électoral au Sénégal

by Isidore kouwonou
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Ousmane Sonko et Karim Wade, les deux qui influencent le processus au Sénégal

Ils ne font pas partie des 19 candidats retenus par le Conseil constitutionnel et qui battent campagne depuis le 9 mars dernier. Mais leur présence se fait pesant sur le processus depuis le début jusqu’à maintenant. Le président de l’ex-Pastef, Ousmane Sonko et Karim Wade du Parti Démocratique Sénégalais (PDS), quand bien même qu’ils ne participent pas à cette élection présidentielle, ont eu beaucoup d’influence sur ce processus qui aboutit au vote ce dimanche 24 mars 2024.

Ils ont connu une situation similaire dans ce processus électoral. Tous les deux ont vu leur candidature rejetée par le Conseil constitutionnel. Ousmane Sonko, pour avoir été condamné par la justice dans l’affaire qui la opposé à Adji Sarr, et Karim Wade pour avoir renoncé tardivement à sa double nationalité.

Même en pleine campagne, le fils de l’ancien président Abdoulaye Wade a tenté de faire reporter l’élection en introduisant un recours au Conseil constitutionnel. Il a été finalement débouté, car son recours a été jugé irrecevable. Ousmane Sonko, quant à lui, a su avoir un plan B pour que son ex-Pastef puisse avoir des candidats dans la course à la magistrature suprême.

Ousmane Sonko, c’est Diomaye Faye

Dans un message vidéo enregistré avant son arrestation et son emprisonnement, mais diffusé il y a quelques semaines alors qu’il était encore en prison, Ousmane Sonko a expliqué comment il avait conçu un plan B au cas où sa candidature serait rejetée par Le Conseil constitutionnel.

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Ce plan prenait en compte Bassirou Diomaye Faye, lui aussi en prison, qui doit porter l’étendard de l’ex-Pastef à la présidentielle au Sénégal cette année. En plus de lui, deux autres candidats parrainés par le parti dissous, Habib Sy et Cheikh Tidiane Dieye se mettront aussi dans la course à la présidentielle.

Le plan a marché, puisque les trois sont candidats à l’élection présidentielle du 24 mars prochain, même si on sait que c’est sur Bassirou Diomaye Faye qu’Ousmane Sonko mise le plus pour remporter cette élection. Il rattrape les autres candidats aujourd’hui car il était encore en prison quand la campagne électorale a commencé.

Libération de Diomaye Faye, le remplaçant d’Ousmane Sonko

C’est au bénéfice de la promulgation de la loi d’amnistie adoptée par l’Assemblée nationale portant sur« tous les faits susceptibles de revêtir la qualification d’infraction criminelle ou correctionnelle, commis entre le 1er février 2021 et le 25 février 2024, tant au Sénégal qu’à l’étranger, se rapportant à des manifestations ou ayant des motivations politiques, y compris celles faites par tous supports de communication, que leurs auteurs aient été jugés ou non », que Bassirou Faye et Sonko ont été libérés.

Le candidat d’Ousmane Sonko a passé 11 mois en prison comme son mentor. Il a été accusé pour outrage à magistrat, diffamation et diffusion de fausses nouvelles notamment.

A la première conférence de presse qu’il a donnée aux côtés de son mentor le 15 mars dernier, au lendemain de leur sortie de prison, Bassirou Diomaye Faye a déclaré : « Voici Bassirou Diomaye Faye, en toute discrétion, aux côtés de Ousmane Sonko, dans le cadre du projet que nous portons aujourd’hui ».

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« Bassirou, c’est moi », a renchéri Ousmane Sonko lui-même au sujet de son lieutenant et désormais son remplaçant à la présidentielle du 24 mars.

« Président, tu dis souvent que je suis têtu, on ne s’entend jamais, mais nous sommes toujours ensemble », a-t-il lancé à l’endroit de son mentor qui l’a regardé avec sourire. Et d’ajouter : « Je suis quelqu’un de particulièrement raisonné, de particulièrement raisonnable, de particulièrement sensé, de particulièrement réfléchi ».

Ousmane Sonko, tout au long de cette campagne électorale, s’est érigé en bouclier de son candidat contre les critiques qui estiment que Bassirou n’a pas l’expérience nécessaire pour être président de la République.

« Bassirou, c’est moi. Il est extrêmement brillant et je peux même dire qu’il est plus honnête que moi. Diomaye a les épaules assez larges pour piloter le projet. Il a travaillé sur les dossiers techniques. Il a dirigé les cadres. Il est l’artificier du projet », a-t-il indiqué.

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C’est un homme « méthodique, sérieux, un esprit brillant, très discret, froid dans l’analyse, cohérent dans les idées et qui sait exactement dans chaque situation donnée comment maîtriser ses sentiments », a précisé l’état-major de l’ex-Pastef.

Si Ousmane Sonko a pu mettre en place une stratégie pour pouvoir avoir un candidat dans la course à la magistrature suprême du Sénégal, ce n’est pas le candidat pour le fils de l’ancien président de la République, Abdoulaye Wade. Après avoir vu son dossier rejeté, Karim Wade se contente de regarder de loin le reste du processus. Et ce n’est pas sans tenter de revenir dans la course.

Les tentatives du PDS pour le report de l’élection

La candidature de Karim Wade a rejeté par le Conseil constitutionnel pour renonciation trop tardive de sa nationalité française. Cette décision de la haute juridiction est « une manipulation politique », avait jugé le mandataire de Karim Wade lors d’une conférence de presse en janvier dernier, tout promettant d’user toutes les voies de recours.

« Depuis 10 ans, Karim Wade fait face à des complots politico-judiciaires constants, emprisonné injustement et exilé de force. Cette nouvelle décision du Conseil constitutionnel constitue une violation supplémentaire de ses droits en tant que citoyen sénégalais », avait dénoncé Maguette Sy.

Dans la foulée, le président de la République, Macky Sall a décidé, le 3 février 2024, à quelques heures du début de la campagne électorale, de reporter la présidentielle. Le Conseil constitutionnel est intervenu pour juger ce report non fondé et a demandé aux autorités compétentes sénégalaises d’organiser l’élection dans le délai.

A la suite d’un recours de contestation déposé au Conseil constitutionnel contre la double nationalité de Karim Wade, par Thierno Alassane Sall, leader de la République des Valeurs, le groupe parlementaire Démocratie, Liberté et Changement avait déposé une proposition de loi pour le report de la présidentielle.

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Une démarche appréciée par fils de l’ancien président Abdoulaye Wade, Karim Wade, du Qatar où il est en exil depuis plusieurs années, a réagi sur le réseau social X.

« Je soutiens totalement cette initiative parlementaire qui vise à corriger les graves défaillances de notre système électoral. Cette proposition de loi permettra de réparer le préjudice subi par plus de 40 candidats écartés de l’élection présidentielle. J’appuie sans réserve cette initiative et je demande aux militants du Parti démocratique sénégalais (PDS), à nos alliés et aux millions de Sénégalais qui se battent à mes côtés de soutenir à leur tour ce report », a-t-il souligné.

L’Assemblée nationale a validé cette proposition après avoir étudié la proposition en commission. Après ce vote du report de l’élection, un dialogue organisé par le président Macky Sall a choisi la date du 2 juin pour la tenue de l’élection présidentielle.

Mais le Conseil constitutionnel est intervenu de nouveau pour rectifier le tir et demander d’organiser l’élection dans le délai. La date du 24 mars 2024 a été alors choisie. Mais le PDS conteste une fois encore et introduit un recours en annulation du décret convoquant le corps électoral au 24 mars. Il n’a pas eu gain de cause.

Le parti n’a cessé d’invoquer un complot contre son candidat. Finalement ce vendredi 22 mars, il a appelé les Sénégalais à voter le candidat de la Coalition Diomaye Faye dont la vision et les engagements se retrouvent dans ceux du PDS.

« Je lance un appel à tous les Sénégalais, sans distinction, à nous rejoindre dans cette marche vers un Sénégal renouvelé. Un Sénégal où chaque citoyen aura la garantie de ses droits fondamentaux et où l’Etat remplira véritablement son rôle de protecteur du bien commun. Nous devons nous mobiliser pour une victoire qui symbolisera l’aspiration de tout un peuple à une gouvernance fondée sur la morale, l’éthique et l’inclusivité », a indiqué l’ancien président Abdoulaye Wade dans une déclaration.

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Et d’ajouter : « Conscient des enjeux capitaux de la préservation de nos acquis démocratiques et attaché à la quête incessante du bien-être des Sénégalais pour lesquels je me suis battu durant toute ma vie, je vous invite à voter dès le premier tour avec conviction pour la Coalition Diomaye Faye ».

Sonko et Wade, plus présents dans le processus

Le président de l’ex-Pastef, Ousmane Sonko et le candidat du Parti Démocratique Sénégalais (PDS), Karim Wade, tous deux recalés par le Conseil constitutionnel, sont présents dans le processus malgré leur absence parmi les candidats.

Les décisions et positions des deux acteurs auront rythmé cette élection présidentielle jusqu’au bout. Ousmane Sonko, depuis sa sortie de prison, est resté aux côtés de son candidat dans les meetings de la campagne électorale. Ils sont rejoints ce vendredi par le PDS de Abdoulaye et Karim Wade. On attend le lendemain du 24 mars pour voir si leur candidat pourra être le prochain locataire du palais de la présidence.

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