Transparence, service à la nation et responsabilité, sont les principes que le président ghanéen Mahama a établi pour ses quatre prochaines années à la tête du pays. A cet effet, il s’est soumis ce 18 février 2024 à l’obligation constitutionnelle pour tout dirigeant ghanéen de divulguer leur situation financière. Ce type de leadership, il l’inculque à ses ministres et fonctionnaires en leur demandant de déclarer aussi leurs biens avant la prise effective de leur poste.
« Charité bien ordonnée commence par soi », dit-on. C’est ce que vient de faire le président John Mahama en démontrant que la transparence qu’il veut obtenir de ses collaborateurs, il la commence par lui-même en soumettant son formulaire de déclaration de patrimoine à l’auditeur général Johnson Akuamoah-Asiedu ce 18 février 2024.
Conformément à l’article 286 de la constitution ghanéenne, la loi 550 stipule qu’ « une personne qui occupe une fonction publique doit soumettre à l’auditeur général une déclaration écrite de tous les biens ou actifs possédés par elle, ou des dettes dues par elle, directement ou indirectement avant de prendre ses fonctions à la fin de chaque quatre ans et à la fin de chaque mandat ».
Bien qu’étant une obligation constitutionnelle, le courage du président de se soumettre à cette règle que beaucoup de dirigeants africains réfutent, est très loué dans la classe politique du Ghana. C’est la conseillère et assistante spéciale du président Mahama, Joyce Bawah Mogtari qui a fait l’annonce. « Le président a soumis son formulaire de déclaration de patrimoine à l’auditeur général ce matin à la présidence. Cela démontre son engagement en faveur de la transparence et de la responsabilité, qui sont des éléments clés de sa présidence », a-t-elle déclaré.
Tandis que d’aucuns estiment que ce processus est une mesure essentielle pour promouvoir la bonne gouvernance et garantir que les dirigeants respectent les normes éthiques dans la fonction publique, d’autres confirment que l’action du président doit servir d’exemple à suivre pour d’autres responsables publics.
Lire aussi : Ghana- Des hommes armés brûlent 5 personnes dont un bébé dans la région Nord
Mais le président n’en reste pas là. Il soumet le même processus à ses ministres et collaborateurs. « J’ai également pris cette mesure pour envoyer un signal sans équivoque à tous les fonctionnaires en particulier à ceux que j’ai nommés que je prends la déclaration de patrimoine très au sérieux et que j’attends d’eux un respect total », a déclaré le président Mahama avant d’ajouter qu’il donne jusqu’à fin mars aux ministres de se conformer au risque d’être révoqué.
Sa sortie a été vivement critiquée par le célébrissime avocat Martin Kpebu. Ce dernier estime que la date limite du président constitue une période de grâce trop longue et que les ministres auront assez de temps d’amasser les richesses et les déclarer comme biens antérieurs à leur nomination.