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Extrémisme en Afrique de l’ouest : Les Etats appelés à se coaliser face à l’avancée des groupes armés

by L'Alternative
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Des djihadistes

Alors que les groupes djihadistes multiplient les attaques coordonnées à travers les frontières, les divisions politiques entre États ouest-africains compromettent la mise en place d’une réponse militaire régionale efficace. L’attaque de Diapaga, au Burkina Faso, en est le dernier exemple palpable.

Au Sahel, les attaques djihadistes contre les positions des forces de défense et de sécurité ne faiblissent pas. Pire, elles s’intensifient. Le 11 mai 2025, la ville de Diapaga, située à l’est du Burkina Faso, a été la cible d’une attaque de grande envergure.

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Des groupes armés venus de plusieurs pays, notamment du Nigeria et de la Côte d’Ivoire selon des sources sécuritaires, ont coordonné leurs assauts contre le camp militaire de la localité, le pillant avant d’y mettre le feu. Plusieurs soldats ont perdu la vie dans cette opération. Cette attaque laisse entrevoir une nouvelle stratégie transfrontalière des groupes armés.

De plus en plus, les djihadistes, malgré leurs divergences, parviennent à coopérer, s’organiser et mutualiser leurs moyens pour frapper des positions stratégiques.

À l’inverse, les chefs d’État d’Afrique de l’Ouest peinent toujours à s’unir pour faire face à cette menace commune. Les dissensions politiques, les rivalités diplomatiques et les égos nationaux continuent d’entraver la mise en œuvre d’une riposte militaire régionale cohérente.

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L’Initiative d’Accra, censée jeter les bases d’une force conjointe de lutte contre le terrorisme dans les pays du Golfe de Guinée et du Sahel, reste aujourd’hui lettre morte. Les hésitations diplomatiques, le manque de volonté politique et les tensions croissantes entre les pays de la CEDEAO et ceux de l’AES (Alliance des États du Sahel) ont pratiquement gelé le projet. Sur le terrain, les groupes armés, eux, avancent.

Face aux coups d’État successifs au Mali, au Burkina Faso et au Niger, motivés pour la plupart, selon les putschistes, par l’échec des régimes civils à contenir la menace djihadiste, la CEDEAO a laissé la passion prendre le dessus d’une analyse minutieuse de la situation. Plutôt que de proposer une coopération renforcée dans la lutte antiterroriste, l’organisation a préféré pousser les juntes qui ont décidé finalement de prendre la porte.

Une proposition de création d’une force régionale « anti-putsch » a même été annoncée au moment même où les populations attendent une armée régionale capable de les protéger des exactions terroristes.

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Cette posture, perçue par certains comme déconnectée des priorités sécuritaires des populations, a accéléré la rupture entre les trois pays sahéliens et la CEDEAO. Le choix du Mali, du Burkina Faso et du Niger de créer l’AES (alliance centrée sur la sécurité, la souveraineté et la solidarité) apparaît aujourd’hui, selon les juntes, comme une réponse pragmatique à un vide sécuritaire et diplomatique laissé par la CEDEAO.

Lors de l’ouverture de la première session ordinaire du parlement de la CEDEAO, le 20 mai 2025 à Abuja, le président de la Commission, Dr Omar Alieu Touray, a annoncé l’ouverture de négociations directes avec les pays de l’AES. Une initiative saluée, mais tardive, alors que les lignes de fracture régionales ont déjà permis aux groupes armés de s’implanter plus solidement dans plusieurs zones frontalières.

Tant que les logiques de prestige primeront sur la solidarité régionale, les groupes djihadistes continueront de bénéficier d’un terrain favorable à leur expansion. Pendant que les États tergiversent, les terroristes coopèrent.

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Une leçon d’humilité que les capitales ouest-africaines feraient bien d’intégrer — avant que l’ensemble de la région ne sombre davantage dans le chaos.

François BANGANE

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