La sortie publique des miliciens pro-régime Faure Gnassingbé, ceux-là même qui, lors des manifestations publiques pacifiques, pourchassent, bastonnent, blessent grièvement et même tuent des manifestants, inquiète les Togolais. Dans une lettre ouverte, des compatriotes demandent des clarifications sur le mouvement de ces hors-la-loi, dénommé « Les Sentinelles du peuple ».
Ce mouvement présenté comme cadre de « veille citoyenne, d’autodéfense et de lutte contre le terrorisme » surprend les Togolais dans un pays où la sécurité et la défense constituent des prérogatives strictement régaliennes de l’Etat.
« Monsieur le ministre de la justice, pourriez-vous éclairer l’opinion sur l’existence, dans notre droit positif, d’un cadre légal autorisant des citoyens à se constituer en groupes d’autodéfense, en dehors des situations reconnues comme actes d’autorités illégitimes ? », écrivent les compatriotes.
Ils demandent également à ces membres du gouvernement d’éclairer l’opinion sur la nature juridique du mouvement, ses objectifs et son mode d’action, et ses relations avec les forces officielles de défense et de sécurité.
« En démocratie, la participation citoyenne est essentielle. Cependant, la sécurité nationale et la défense du territoire demeurent des missions qui requièrent la légitimité, les structures et les moyens de l’Etat. L’initiative citoyenne, quand bien même animée de bonnes intentions, ne doit pas créer de confusion institutionnelle ou compromettre l’efficacité du dispositif officiel », ajoute la lettre.
Enfin les signataires de la lettre demandent aux membres du gouvernement :
- Une communication officielle claire sur la nature, les objectifs et les capacités des sentinelles du peuple
- Des garanties de la comptabilité de leurs actions avec l’action de l’Etat, notamment dans les domaines de la sécurité et de la protection civile
- Un engagement à encadrer, contrôler et, si nécessaire, réguler toute initiative privée prétendant intervenir dans le champ de la sécurité nationale.