La présidente de l’Assemblée nationale a convoqué les députés pour une séance plénière ce jeudi matin au siège de l’institution. C’est un communiqué lu à la télévision nationale (TVT) hier mercredi au cours du journal de 20 heures. Ce matin, les projecteurs sont braqués sur l’institution.
On ne connaît pas encore l’ordre du jour de cette 4e séance plénière de la première session ordinaire de l’année avec des députés dont le mandat a pris fin depuis décembre dernier. Ce qu’on sait par contre, c’est que depuis quelques jours, la commission des lois étudie le projet de loi portant modification de la constitution.
Dans ce projet, le mandat du président de la République sera porté de 5 à 7 ans renouvelable une fois. Les informations indiquent également que le pays passera du régime présidentiel à celui parlementaire. Il reviendra donc au parlement de choisir le président de la République.
Or la Constitution togolaise de 1992, dans ses dispositions, a prévu que ces modifications ne peuvent se faire que par référendum. C’est pourquoi des acteurs politiques et de la société civile interpellent le régime togolais et les députés sur la gravité de l’acte qu’ils s’apprêtent à poser.
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« Oui, c’est la boulimie du pouvoir qui motive cette supercherie. La question du 5e mandat étant devenue trop sensible et difficile à faire accepter aux Togolais, l’artifice consiste à changer de République en modifiant la Constitution et à instaurer un régime parlementaire. Or, le régime parlementaire ne vaut que dans un pays où les résultats, et surtout des législatives, ne sont pas fabriqués avant le scrutin », regrette Nathaniel Olympio, président du Parti des Togolais.
Et de lancer un appel aux forces vives du pays : « Peu importe nos positions respectives par rapport aux élections, c’est le moment de mettre de côté les divergences et de lutter contre cette agression du droit des Togolais. Il y va de la survie de l’Etat et de la République ».
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L’ancien ministre de l’Intérieur du Togo, Me François Boko, quant à lui, voit en cette modification unilatérale de la Constitution, une « gourmandise politique » du régime avec le « caprice d’enfant gâté » qui est Faure Gnassingbé. « Faure a usé et abusé de son pouvoir tel un jouet que « papa » lui a légué ; et il ne sait plus quoi en faire. A force de tirer sur la corde elle peut se briser ».
Et la Diaspora togolaise en Allemagne (DTA) renchérit en qualifiant cette modification de coup d’Etat constitutionnel qui n’augure pas un bon lendemain pour le Togo. « La DTA trouve inadmissible cette forfaiture des députés illégitimes au service d’un pouvoir aux abois et qui est susceptible de conduire le Togo vers des lendemains incertains ».