Nous l’annoncions hier. Dans la journée du mercredi 3 avril dernier, neuf (9) membres de la Dynamique Mgr Kpodzro (DMK) qui militent sous la bannière « Urgence républicaine (UR) », ont été arrêtés alors qu’ils dénonçaient le nouveau coup d’Etat constitutionnel perpétrés récemment par les « députés illégitimes » du régime à l’Assemblée nationale. Dans un communiqué en date de ce jeudi 04 avril, le procureur de la République Talaka Mawama accuse ces acteurs de troubles aggravés à l’ordre public.
« Le 3 avril 2024 aux environs de 17 heures, au marché d’Akodesséwa à Lomé, alors qu’aucune manifestation publique n’avait été autorisée, des individus ont été surpris distribuant des tracts et scandant des slogans incitant à la révolte populaire. Ces individus se réclamant d’une organisation appelée ‘’Urgence républicaine’’ (UR), appelaient à l’arrêt immédiat du processus électoral en cours. Ils appelaient en outre à l’Organisation des Assises, inclusive nationale, à l’ouverture d’une transition politique devant aboutir à la refondation éthique du Togo.
Lire aussi : Togo- Voici comment les 9 responsables de la DMK (opposition) ont été arrêtés hier
Quatre de ces individus ont été interpellés dans un premier temps, à Akodessewa, et cinq autres dans un second temps à Tokoin-Ramco, dans une maison identifiée comme un au point du rassemblement d’où est parti le premier groupe des personnes appréhendées », renseigne le procureur dans son communiqué.
Il précise qu’une enquête judiciaire a été immédiatement ouverte contre les mises en cause et confiée au service central de recherche et d’investigation criminels (SCRIC) de la gendarmerie nationale. Et, des premières auditions de ces personnes interpellées, il est apparu que leurs actions s’inscrivent dans le cadre de mouvements dénommés ‘’Urgence républicaine’’ (UR), poursuit le communiqué.
Lire aussi : Togo- 5 partis politiques et OSC appellent à des manifestations les 11, 12 et 13 avril prochains à Lomé
Selon le procureur Talaka Mawama, « les actions entreprises par ces personnes sont constitutives de troubles aggravés à l’ordre public au sens des articles 495 et 496 du nouveau code pénal ».
Mais pour bon nombre d’observateurs, l’arrestation de ces acteurs politiques de l’opposition relève tout simplement de l’arbitraire.
Le rétrécissement de l’espace civique est un signe alarmant d’un régime dictatorial qui touche le fond.