Allées inondées, commerçants avec pieds dans l’eau, flasques d’eau stagnante à perte de vue, ruelles impraticables, tas d’immondices entassés dans des coins du marché, odeurs nauséabondes, etc. Bienvenu au Grand marché de Lomé avec toujours en construction son immeuble principale depuis 13 ans déjà. S’étendant de l’emblématique quartier d’Adawlato, jusqu’à Atikpodji et consorts, ce poumon économique important du pays, a perdu son prestige d’antan. Cet incontournable carrefour commercial est devenu l’ombre de lui-même.
Et ce qui choque l’opinion, c’est que cette image avilissante de ce joyau dressé au cœur de la capitale, ne semble rien dire à ceux qui gouvernent le pays et qui se sucrent sur le dos des commerçants avec les millions d’impôts récoltés par l’Etablissement public autonome des marchés (EPAM).
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Les deux grandes dernières pluies sur Lomé des 3 et 6 juin, ont causé d’importants désagréments aux commerçants du Grand Marché de Lomé. Abandonné à son sort, ce marché ploie depuis 13 ans sous les promesses de la reconstruction de son bâtiment principal détruit par un incendie criminel en janvier 2013, dont les auteurs sont plus ou moins connus. Depuis lors, l’annonce de la modernisation du marché semble se dissoudre sous des trombes d’eau qui envahissent le marché à chaque pluie.
L’insalubrité et l’inondation dans le grand marché de Lomé
L’insalubrité est aussi une autre préoccupation majeure dans le marché. Déchets entassés, des eaux des caniveaux, des odeurs incommodantes, etc. constituent le décor aujourd’hui au grand marché de Lomé. C’est dans ces conditions que des milliers de commerçants dont les femmes en majorité exercent leurs activités commerciales.
Aujourd’hui, c’est cette image sale qui reste de ce haut lieu du commerce togolais, autrefois considéré comme une référence dans la sous-région ouest-africaine. Visiblement, ceux qui dirigent le Togo comme un royaume n’ont que faire de cette réalité qui avilit l’image du pays.

Madame Yayra Jacqueline, détentrice d’une boutique de vente d’habits au grand marché, raconte son calvaire. « On vit une situation qui nous dépasse. Je suis dans ce marché depuis 20 ans, les choses se dégradent de jour en jour. Aujourd’hui à chaque pluie, on doit fermer notre boutique pour éviter que l’eau ne rentre sinon c’est la boutique qui est inondée, détruisant nos produits. L’eau peut rester devant la boutique pendant des jours et des semaines, éloignant ainsi nos clients. On ne vend plus comme avant », a-t-elle déclaré.
Pas loin d’elle, se trouve une autre boutique gardée par un jeune homme qui est très remonté contre l’EPAM. Il s’insurge contre l’indifférence des autorités à l’endroit des Togolais qui souffrent de la situation. « Ma maman détient cette boutique, je la remplace depuis quelques jours parce qu’elle a eu un accident ici même au marché. Elle a glissé en s’efforçant de fermer la boutique parce qu’une forte pluie tombait. Aujourd’hui, il pleut à Assigamé, on s’empresse de fermer sinon les boutiques sont inondées ainsi que les allées et ruelles du marché. Tu peux avoir l’eau jusqu’au niveau des genoux, seuls ceux qui sont à l’étage sont épargnés. Ma mère avec des fractures est hospitalisée en ce moment où je vous parle. C’est la faute à qui alors ? s’ils avaient aménagé le marché convenablement, bien installé l’irrigation, et autre, est ce qu’elle allait s’empresser de fermer sa boutique juste parce qu’il pleut ? Non. On ne respire même plus bien dans le marché avec des déchets qui cohabitent avec nous », dit-il en colère.
Mévente au grand marché de Lomé
Comme si les inondations et l’insalubrité ne suffisent pas, les commerçants doivent aussi faire face à une baisse persistante des ventes. Ils peinent à écouler leurs marchandises et dénoncent les autorités qui ne leur rendent pas la tâche facile avec ce cadre qui se dégrade d’année en année. Selon eux, la détérioration du site décourage les clients étrangers qui viennent s’approvisionner à Assigamé.
Les commerçants interrogés sont certains de la baisse du trafic sous-régional, « Assigamé n’est plus comme avant, cette plaque incontournable approvisionnant le Ghana, le Bénin, le Burkina Faso et le Mali. Nos mamans font de leur mieux mais on dirait que l’Etat ne veut pas garder ce prestige, ce symbole, il la délaisse plutôt dans la boue. C’est regrettable et triste », reconnaît une commerçante qui déclare avoir été aux côtés de sa mère depuis l’ouverture de leur boutique de mercerie des années et qu’elle assure aujourd’hui cet héritage familial, mais les conditions d’exercice de ce commerce différent, régressent et ne s’améliorent malheureusement pas.
Les commerçants déplorent également la concurrence croissante des plates-formes en ligne qui permettent aux clients de se faire livrer directement à domicile.
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Au même moment, ils dénoncent la pression fiscale à travers les taxes et tickets perçus par l’EPAM, estimant que les services et les infrastructures mis à leur disposition ne sont pas à la hauteur des prélèvements effectués à Assigamé.
L’EPAM dans sa gestion défaillante…
Face au lot de difficultés auxquelles sont confrontés les commerçants, une question légitime se pose : Où sont investis les millions récoltés chaque jour à travers les taxes et tickets perçus sur le marché Assignamé ?
L’EPAM en charge de la gestion du marché récolte en réalité les fonds qui doivent servir entre autres à l’aménagement des marchés, à travers l’entretien des ruelles, le curage des caniveaux, le drainage des eaux de pluies, la gestion des ordures du marché.
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Il convient de dire qu’après le port autonome de Lomé, le grand marché de Lomé est un autre poumon de l’économie togolaise. Malheureusement, les importants revenus qu’ils génèrent sont sujets à de graves accusations de détournement de fonds publics, de corruption et de mauvaise gestion financière.
Les autorités ont eu vent de ces révélations faites de par le passé par votre site L’Alternative. Mais aucun changement n’a été effectué, les mêmes individus sont restés à la tête de ces institutions et continuent de les piller, pendant que les commerçants à Assigamé n’ont toujours pas de cadre sain pour leurs activités.