L’Observatoire pour la Promotion de la Santé en Afrique (OPS-Afrique) tire la sonnette d’alarme sur le commerce illicite : « achat et revente du sang d’autrui ». A l’hôpital Saint Joseph de Datcha dans la préfecture de l’Ogou, un réseau de trafic illicite de produits sanguins, opèrerait sous son l’onction de la directrice, en violation du code de la santé. Au grand dam des parents des patients, les poches de sang sont vendues au double et voire plus de leurs prix conventionnels.
On connaissait déjà l’épineux problème du trafic des produits pharmaceutiques dans les centres hospitaliers. Le drame actuel concerne les produits sanguins. Dans une saisine adressée au ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique, l’Observatoire pour la Promotion de la Santé en Afrique (OPS-Afrique) met en lumière, « une situation d’extrême gravité de trafic illicite de sang au sein de l’hôpital Saint Joseph de Datcha », révèle la note.
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En effet, les parents d’un enfant de 6 ans admis à l’hôpital de Datcha le 31 Août dernier ont acheté des mains des infirmiers trois poches de sang à 15 000 F CFA l’unité, au lieu de 6000 F CFA. Cette arnaque des populations est l’œuvre d’un réseau de trafiquants qui stockent le sang et créent la pénurie afin de se faire de l’argent sur le dos des pauvres populations.
A en croire l’organisation, le drame a lieu avec les bénédictions de la direction de l’hôpital. « Nous agissons sous les ordres de la directrice. (…) », ont indiqué des infirmiers faussaires lorsque l’OPS-Afrique les a interrogé.
Pourtant, « cette activité illicite et illégale » est interdite par les lois, notamment le code de la santé en son article 551 qui stipule : « le trafic du sang humain et de ses dérivés sont interdits ». Ce trafic expose dangereusement les populations.
Également, l’article 552 du même code indique que « la transfusion sanguine s’effectue dans l’intérêt du receveur et relève des principes éthiques du volontariat, du bénévolat et de l’anonymat du don ainsi que de l’absence de profit, dans les conditions définies par le présent livre ».
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Le cas de ce parent à l’hôpital de Datcha n’est pas isolé. Il n’est pas la seule victime de ce trafic de produits sanguins. La saisine adressée au ministre de la Santé renseigne qu’un autre parent à l’Est-Mono a aussi payé une poche dans ce même hôpital à 15 000F le 26 août 2024.
L’observation plaide pour la défense, la promotion et la protection des droits des patients. Et exhorte le ministre de la Santé à faire cesser au plus tôt l’hémorragie en démantelant ledit réseau.