Home Sport Le Togo investit 1,5 milliard dans le football, le Burkina 40 milliards, le Bénin 33 milliards : les échecs des Eperviers se justifient

Le Togo investit 1,5 milliard dans le football, le Burkina 40 milliards, le Bénin 33 milliards : les échecs des Eperviers se justifient

by L'Alternative
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Les éperviers du Togo

Le football togolais continue de s’enfoncer dans une série d’échecs qui semblent sans fin, malgré les efforts superstitieux de désenvoûtement. Alors que l’équipe nationale peine à renouer avec la victoire, certains observateurs se demandent si les problèmes du sport togolais ne sont pas bien plus profonds que les cérémonies mystiques auxquelles on semble s’accrocher désespérément.

Dans un pays où les infrastructures sont déficientes et où la mauvaise gouvernance règne, justifier les échecs est devenu un art maîtrisé par le régime en place. Comme le dit si bien un proverbe africain, “Le paresseux accuse toujours la houe d’être tordue”. Cette sagesse résume parfaitement la situation du Togo, où chaque échec est invariablement imputé à un facteur extérieur, jamais à une réelle introspection sur les erreurs internes.

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Le manque de volonté politique

Le cas du football togolais illustre un problème plus général de volonté politique. L’exemple du Burkina Faso est frappant. Ce pays, à près de 50 % sous occupation des groupes armés et confronté à une guerre asymétrique contre le terrorisme, a su allouer des ressources non seulement à la sécurité, mais aussi au développement de son football.

Aujourd’hui, le Burkina Faso est l’un des premiers pays à s’être qualifié pour la prochaine Coupe d’Afrique des Nations (CAN), avec quatre grands stades en construction et treize académies sportives réparties dans ses treize régions économiques.

Pendant ce temps, au Togo, la situation est toute autre. Le budget alloué à la Fédération Togolaise de Football (FTF) est dérisoire : seulement 1,5 milliard de francs CFA. En comparaison, le Burkina Faso a investi 40 milliards dans son football, tandis que le Bénin en a consacré 33 milliards. Ce contraste budgétaire explique largement la différence de performances sportives entre ces pays.

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L’absence d’infrastructures adéquates pour former les jeunes talents est l’une des raisons majeures de l’échec du football togolais. Comment espérer avoir de bons joueurs dans un environnement où les infrastructures sont quasi inexistantes ? Dans la région des Savanes, par exemple, aucun des deux stades n’est homologué.

Des équipes locales comme FOADAN de Dapaong et Doumbé de Mango sont contraintes de jouer leurs matchs à Kara ou à Sokodé depuis trois ans. Cette situation non seulement affecte la motivation des joueurs, mais elle prive également les communautés locales d’un accès direct au football, facteur essentiel au développement des talents.

La gestion des équipes locales laisse également à désirer. Les clubs de première division reçoivent à peine 7 millions de francs CFA de la FTF, un montant ridiculement faible pour soutenir une équipe compétitive.

Il n’est donc pas surprenant que le Togo soit obligé de recruter des joueurs évoluant en troisième ou quatrième division à l’étranger pour représenter le pays sur la scène internationale, face à des équipes composées de joueurs de premier plan.

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En réalité, le problème fondamental du football togolais réside dans l’absence d’une politique sportive cohérente et ambitieuse. Alors que d’autres pays investissent dans des infrastructures modernes et dans la formation des jeunes, le Togo semble avoir abandonné cette mission.

Le manque d’infrastructures, la gestion chaotique des clubs et des financements inadéquats montrent clairement que les autorités togolaises n’ont pas compris que le football, comme tout autre domaine, demande des investissements sérieux pour porter ses fruits.

La défaite des Éperviers face aux Fennecs d’Algérie n’est donc pas surprenante. Le miracle que certains espéraient ne pouvait pas se produire dans un contexte aussi délabré. Le football est un sport qui nécessite des infrastructures, des investissements et une gestion rigoureuse.

Tant que ces éléments ne seront pas reconnus et mis en place, le Togo continuera à pleurer ses échecs sportifs, tout comme il pleure ses échecs dans d’autres domaines de la vie nationale.

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Pour redresser la barre, il faut une volonté politique claire et des investissements massifs dans le développement des infrastructures sportives, la formation des jeunes et une gestion rigoureuse des clubs et de la fédération.

Sans cela, les Éperviers continueront de planer dans la nuit des défaites, tandis que d’autres nations comme le Burkina Faso et le Bénin continueront à briller sur les terrains africains.

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