L’un des responsables du mouvement Freedom Togo- Mouvement de libération nationale (MLN), Kofi Yamgnane s’est entretenu avec nos confrères de Radio Canada. Ce mouvement fait sa rentrée politique ce samedi. Suivons le projet que cette organisation a pour la libération du Togo.
DW Afrique : Vous êtes le président de Freedom Togo, mouvement de libération nationale. Quel est son objectif ?
Kofi Yamgnane : Freedom Togo, mouvement de libération nationale, est une initiative que nous avons prise parce que nous voyons bien qu’au Togo, les choses n’avancent pas. Le régime est de plus en plus dictatorial.
Lire aussi : Togo- Freedom Togo- MLN annonce des actions
La presse est muselée, les gens ont faim de manger et ils ont soif de liberté. Et nous avons vu aussi que nos frères togolais de l’opposition ont été battus, abattus, ridiculisés. Et nous avons pensé qu’il est temps que nous prenions, nous, la diaspora, la relève, le relais.
Et est-ce que la lutte que vous entendez mener ne sera pas handicapée par votre éloignement du Togo, puisque vous résidez depuis de nombreuses années en France ?
Dans toutes les luttes de libération, il y a comme ça des hommes et des femmes qui sont à l’étranger, qui fabriquent la résistance depuis l’étranger. Ho Shi Min a fait ses études à Paris et c’est de Paris qu’il a lancé le mouvement de libération. Même Lénine était à Paris, De Gaulle était à Londres.
Vous savez, les exemples de ces héros qui ont essayé et réussi à libérer leur peuple, c’est très important. Il y en a beaucoup, je veux dire. Donc nous ne dérogerons pas à ce système-là parce que les régimes qu’on combat sont tellement rigides, tellement assassins que nous ne voulons aucun héros.
Lire aussi : DECLARATION DE DAKAR : NOUS DEVONS RENFORCER LA LUTTE ANTI-IMPERIALISTE
Nous ne voulons pas de martyrs, nous voulons des militants. Moi je n’ai pas vocation à être un martyr, je n’ai pas vocation à être un héros. Je veux être un libérateur de mon pays.
Alors beaucoup de mouvements de ce genre ont été créés au Togo par des acteurs politiques ou ceux de la société civile et même par les Togolais de la diaspora. En fin de course, les résultats cherchés n’ont toujours pas été favorables. Qu’est-ce qui vous fait croire que cette fois-ci ce sera la bonne ?
C’est parce que nous pensons que l’usage dont nous avons fait, dont nous avons profité depuis 50, 60 ans maintenant, les mêmes qui sont sur place, certains sont assassinés et la plupart ont fui.
Et aujourd’hui, nous pensons que c’est la diaspora qui doit prendre sa responsabilité. Notre but final, notre objectif final, c’est provoquer non pas l’alternance politique, mais l’alternative de gré ou de force. Et nous voulons rassembler toute la diaspora togolaise à l’extérieur et ensuite rassembler le peuple togolais autour de notre intelligence collective pour mettre fin à tout séparatisme, à tout régionalisme, à tout tribalisme, tous ces défauts qui ont marqué la lutte au Togo.
Lire aussi : Togo- Le régime de Faure Gnassingbé dans une gouvernance chaotique marquée par la mauvaise foi et l’art du déni
Et c’est un secret de Polychinelle dans les divisions au sein des formations politiques de l’opposition ou des mouvements de la société civile ou encore d’organisations togolaises de la diaspora. Est-ce que vous avez réussi cette fois-ci à fédérer toutes les chapelles au-delà des divergences des uns et des autres ?
Absolument. C’est ce que nous sommes en train de faire et nous voyons bien que ça va marcher.
Ça marche. Quand nous faisons notre rentrée politique de samedi 9 novembre, (3:50) nous voyons bien que tout le monde arrive. Tout le monde arrive.
Parce que tout le monde a compris que c’est notre dernière chance de réussir, de proposer, de réussir une alternative pour sauver ce pays. Et je pense que nous n’utilisons pas les mêmes méthodes. Les méthodes qui n’ont pas marché hier ne sont pas appelées à marcher demain.
Lire aussi : Togo- Le régime de Faure Gnassingbé “déclare la guerre au peuple togolais”
Donc nous changeons d’échelle, nous changeons de méthode. Nous rassemblons d’abord toute la diaspora. Nous rassemblons la diaspora. Puis nous allons rassembler ensuite le peuple togolais derrière cette lutte-là.
Et quelles sont les actions que compte organiser Freedom Togo en plus de votre rentrée politique prévue ce samedi 9 novembre 2024 ?
Écoutez, nous sommes donc dans la réflexion la plus profonde. Toutes les actions, tout absolument, tous les moyens sont sur la table.
Nous ne renonçons à rien. Il faut que ce pouvoir-là comprenne que nous sommes prêts à l’affronter de façon profonde et réaliste. Toutes les options sont sur la table.
Lire aussi : Longs règnes en Afrique : le piège de l’impossible lutte contre la corruption
Nous ne renonçons à aucun moyen. Ce que nous voulons, c’est que ce pouvoir-là cède la place à autre chose. Nous voulons que les Togolais puissent manger à leur faim, puissent boire de l’eau propre et l’énergie électrique pour fonctionner et la liberté d’aller et de venir.
De croire, de ne pas croire, de changer de religion comme ils ont envie. Toutes choses qui leur sont interdites aujourd’hui.
Kofi, Yamyane, merci.
Je vous remercie infiniment.
Source : DW Afrique