Le dernier rapport de Transparency International a de nouveau mis en évidence le degré de corruption au Togo, lequel est classé 121ème sur 180 Etats. Ce classement confirme le quotidien des entrepreneurs togolais qui souffrent de plus en plus du système de corruption et de vassalité érigé en mode de gouvernance par le régime RPT/UNIR au pouvoir.
Au cours de ces deux décennies de règne sur le Togo, Faure Gnassingbé a réussi à mettre en place un système de vassalité dans tous les secteurs du pays. Ce système consiste à faire allégeance à son pouvoir afin de bénéficier de ce dont on a droit naturellement, pour ceux qui sont chanceux. Sinon rien. La pratique est surtout renforcée dans le secteur économique où les entrepreneurs sont obligés de s’affilier à RPT/UNIR pour avoir accès aux « divers marchés ».
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C’est dans ce système de corruption que se sont engouffrés bon gré mal gré de nombreux Togolais dans le but de faire fonctionner leurs affaires. Seulement, il s’agit d’un cercle vicieux qui ne peut prospérer en permanence puisqu’au sommet de l’Etat, on ne favorise que le « meilleur griot » ou le « meilleur corrupteur ».
A l’heure actuelle, cette course effrénée à la corruption commence à mettre à rude épreuve tous les entrepreneurs togolais qui, passivement ou activement, s’y sont inscrits. A tous les niveaux, les plaintes et les complaintes se multiplient parce que nombreux sont ces chefs d’entreprise qui sont poursuivis par les institutions financières parce qu’ils n’arrivent plus à rembourser les crédits. Cette situation s’explique par plusieurs raisons.
La 1ère raison est qu’à cause de la faim et de la nécessité de maintenir leurs activités, tous les entrepreneurs ont adhéré au système d’allégeance au régime RPT/UNIR. A l’époque où ils n’étaient qu’une poignée, la distribution des marchés à exécuter était beaucoup plus facile pour le régime. Maintenant que tout le monde a compris la manière dont cela marche, une majorité d’entrepreneurs a appris la danse.
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Cependant, la piste de danse semble devenir de plus en plus bondée et il devient difficile à toutes les entreprises de tirer leur épingle du jeu. Il est désormais clair que tout le monde ne peut être servi. Et cela est la principale faille du système de corruption mis en place au sommet de l’Etat et certainement celle qui conduira à son implosion.
La seconde raison réside dans le choix du régime RPT/UNIR de mettre en avant les entrepreneurs étrangers ; ceci dans l’optique d’éviter une émergence d’une classe moyenne autosuffisante qui se détournerait des miettes jetées par le régime pour attirer les plus naïfs.
Pour toutes les personnes qui s’intéressent aux activités commerciales (et aux affaires) à Lomé, ceci est un secret de polichinelle. Les boutiques aux abords des marchés sont toutes détenues par des étrangers. Plusieurs témoignages confirment que les immeubles situés vers le côté plage du Grand marché de Lomé, où sont commercialisés les chaussures et autres accessoires, sont aux mains d’étrangers.
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Le moins qu’on puisse dire en écoutant les complaintes des promoteurs d’entreprises est qu’au sein de la minorité qui s’accapare des richesses du Togo, il y a encore de petits cercles dont les plus proches du pouvoir sont les plus favorisés. Un tel système n’a pas vocation à développer un Etat moderne.