Le samedi 5 juillet 2025, deux patrouilles des forces de défense et de sécurité togolaises ont été frappées par des engins explosifs improvisés dans la région du Kpendjal. Quatre soldats ont perdu la vie, une dizaine ont été blessés.
Le nord du Togo a une nouvelle fois été endeuillé. Le 5 juillet 2025, à 15h00 TU, une patrouille des forces de défense et de sécurité (FDS), en opération à Pognoa-Tikonti, localité frontalière du Burkina Faso, a été la cible d’un engin explosif improvisé (IED) à effet dirigé, actionné par des éléments des groupes armés qui sévissent au nord du pays. Trois soldats y ont trouvé la mort, plusieurs autres ont été blessés.
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Presque simultanément, à Tanfiagou (une localité du canton de Koundjoaré, à une douzaine de kilomètres de Sankortchagou) une autre patrouille a été visée par un dispositif similaire. Le bilan fait état d’un quatrième soldat tombé et de blessés également pris en charge au Centre hospitalier régional (CHR) de Dapaong.
Ces deux attaques coordonnées portent à quatre le nombre de militaires tombés en une journée.
Le mois de juillet, depuis le début des attaques djihadistes en 2022, reste l’un des plus meurtriers pour l’armée togolaise.
Pour freiner les infiltrations des groupes armés venues du Burkina Faso, le Togo poursuit la construction d’une tranchée défensive surveillée en permanence. Mais cette infrastructure, si elle répond à un impératif de sécurité, suscite aussi des inquiétudes : elle risque de couper les liens entre des communautés vivant de part et d’autre de la frontière, longtemps unies par les échanges et la parenté.
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Le chantier lui-même n’échappe pas aux attaques. Celui de Kpenkinkandi a été visé plus tôt cette année encore, sans faire de victime grâce à la riposte efficace de l’armée. Toutefois, les groupes armés continuent de trouver des brèches, notamment en utilisant les maisons abandonnées par les déplacés comme refuges pour poser des mines.
Face à cette stratégie, les FDS ont procédé à la destruction systématique de ces habitations, sans pour autant enrayer totalement la menace.
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Si les grands assauts paraissent contenus grâce au renforcement du dispositif sécuritaire, les IED, engins discrets, sournois et meurtriers demeurent une arme de prédilection de ces hors-la-loi et continuent de faire des victimes dans les rangs de l’armée.