Au moment où les Togolais continuent de souffrir le martyr sur les routes, soit à cause des accidents ou soit des inondations, le régime de Faure Gnassingbé tente une diversion totalement absurde. Un décret interministériel portant ajustement des tarifs de franchissement des véhicules par catégorie aux postes de péage est publié en début de ce mois de juillet. Mais au fond, rien n’est ajusté. Il s’agit d’une nouvelle supercherie du régime cinquantenaire.
Le décret N°005/MDTP/MFB/MEVS/MTDPR de ce 1er juillet 2026, visé par quatre (04) ministres du gouvernement de Faure Gnassingbé, annonce un ajustement des tarifs de franchissement des véhicules par catégorie aux postes de péages du Togo. A s’en tenir à l’effet d’annonce voulu par le régime, cet acte du gouvernement est censé aller dans l’intérêt des usagers des routes togolaises.
Cependant sur les 10 paliers de tarifs appliqués au niveau des multiples péages du pays, seuls ceux relatifs aux bus, autocars et poids lourds connaissent une baisse de tarifs variant entre 100 F et 300 F CFA. Les tarifs relatifs aux principaux paliers qui concernent la majorité des Togolais, notamment les engins à deux roues, les tricycles, les véhicules et les minibus de 9 à 15 places sont maintenus intactes.
Quelle est alors la portée dudit décret et à qui profite cette supercherie ?
Avant de réfléchir à ces deux légitimes interrogations, il convient de relever l’opacité entretenue par les autorités togolaises sur les recettes issues des péages qu’elles prennent plaisir à multiplier sur les étroites routes du pays. Pour Faure Gnassingbé et sa minorité, les péages constituent un énorme levier de mobilisation de ressources, et ceci avec une certaine facilité.
Paradoxalement, aucune des sociétés ayant eu la charge de la gestion des péages n’a présenté aux Togolais un bilan de sa gestion. En lieu et place de réédition de comptes, le régime procède plutôt un jeu de changement de dénomination sociale de ces sociétés, une opération bien connue des experts comme permettant de brouiller les pistes de mauvaise gestion et de détournements de biens sociaux.
D’ailleurs après le Fonds d’Entretien Routier (FER) dissolu sans aucun audit et la Société Autonome de Financement de l’Entretien Routier (SAFER) qui vient de connaitre le même sort, les autorités togolaises viennent de ressortir de leur tiroir la Société Nationale de Financement Routier (SONAFIR) le 26 juin dernier en Conseil des ministres.
A moins d’une semaine de l’annonce de la disparition de la SAFER au profit de la SONAFIR, ce décret ministériel intervient pour, est-il dit, réajuster les tarifs des péages.
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Lorsqu’on porte un regard analytique sur les tarifs rapportés dans ce décret, les autorités togolaises sont loin de se préoccuper du bien-être des citoyens, usagers des routes.
Contrairement au discours infusé par le régime dans la tête de ses communicants à la veille de l’augmentation des prix à la pompe, celui rassurant les professionnels du transport d’une éventuelle baisse des tarifs du péage, il n’en est rien.
Les usagers sur qui Faure Gnassingbé et sa minorité s’appuient pour ramasser de l’argent aux postes de péages vont continuer par payer les mêmes tarifs : 50 F CFA pour les deux roues, 300 F CFA pour les tricycles et 500 F CFA pour les véhicules légers, minibus de 9 à 15 places.
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Les bénéficiaires de ce décret restent et demeurent les sociétés de transport par bus ainsi que les poids lourds. Et quand on sait que ce pan de l’économie togolaise est également entre les mains de la minorité au pouvoir à travers des prête-noms, alors on peut comprendre la portée de ce décret de même que les véritables bénéficiaires.
Avec cette nouvelle supercherie, Faure Gnassingbé annonce certainement la mission de la nouvelle société SONAFIR, celle d’appauvrir les citoyens au profit de la minorité au pouvoir.