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Plus de 200 Togolais arrêtés dans des mines d’or illégales en Côte d’Ivoire

by L'Alternative
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Après l’arrestation de 22 Togolais au Ghana en janvier, l’interpellation de 21 autres en juin dernier en Guinée pour exploitation illégale d’or dans des mines, 200 togolais, tous originaires de la région des Savanes, viennent d’être arrêtés en Côte d’Ivoire cette semaine. Le groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal (GSLOI) a démantelé plusieurs sites clandestins, arrêté de nombreux orpailleurs dont des mineurs, et détruit du matériel. Une répression qui touche surtout la région des Savanes au nord du Togo, d’où partent de nombreux jeunes à la recherche de revenus dans les mines d’or, non seulement en Côte d’ivoire, mais aussi au Ghana, au Mali et en Guinée.

Le gouvernement ivoirien a durci le ton contre l’orpaillage illégal. Le Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal (GSLOI) multiplie les opérations sur le terrain. Du 17 au 20 août 2026, cette unité a procédé à plusieurs arrestations d’orpailleurs clandestins.

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Selon Kolani Douti, président de l’union des Togolais de Côte d’Ivoire (UTOCI), plus de 200 ressortissants de la région des Savanes, dont des mineurs, figurent parmi les personnes arrêtées. « La majorité des personnes arrêtées sont originaires de la région des Savanes. Ils sont plus de 200. On les arrête tout le temps, ça fait pitié. Nous avons mené des démarches pour obtenir la libération de deux mineurs », explique-t-il.

Des orpailleurs togolais précédemment installés à Apromprom, dans la région de la Comoé que nous avons contacté, confirment la fermeté des opérations.

Selon eux, les agents du GSLOI peuvent parfois infiltrer les sites en se faisant passer pour des ouvriers afin de lancer leurs interventions. « Ils travaillent sur les sites pendant quelques jours afin de mieux préparer l’opération ».

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Dans la région des Savanes, cette situation plonge plusieurs familles dans l’angoisse. Certains parents restent sans nouvelles de leurs enfants partis travailler dans les mines ivoiriennes. Au regard des déplacements clandestins, beaucoup ignorent où se trouvent leurs enfants et dans quelles conditions ils sont détenus.

En rappel, en juin dernier le Haut conseil des togolais de l’extérieur (HCTE) en Guinée avait aidé à rapatrier 21 ressortissants togolais en majorité originaires des Savanes. Ils avaient été arrêtés pour exploitation illégal de mine d’or.

L’exode massif des jeunes de la région des Savanes est la conséquence d’une jeunesse en panne d’espoir et d’initiative et contraintes d’aller chercher hors du pays des moyens pour survivre et prendre leurs familles en charge. L’une des régions les plus pauvres du Togo a vu sa situation économique et sécuritaire se dégrader depuis 2022, avec des attaques de groupes armés.

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L’afflux des réfugiés et de déplacés internes, couplé à l’instauration de l’état d’urgence sécuritaire ont contribué à asphyxier la région. La région des Savanes s’est donc progressivement vidée de ses bras valides. Dans les villages, le départ vers les sites aurifères est devenu, pour beaucoup de jeunes, une alternative à l’école ou à la formation professionnelle.

Des sources proches de la Direction régionale de l’éducation des Savanes évoquent plus de 800 abandons au secondaire au cours de l’année scolaire 2026-2027.

François Bangane

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