Home Société Togo- Hausse des prix du carburant : Deux Togolais s’affrontent, le virtuel et le réel

Togo- Hausse des prix du carburant : Deux Togolais s’affrontent, le virtuel et le réel

by Isidore kouwonou
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Le prix du super sans plomb a augmenté de 92 francs CFA depuis le 10 septembre dernier, dans un contexte où le coût de la vie pèse déjà lourdement sur les ménages togolais. Cette nouvelle hausse, la deuxième en moins de quatre mois, suscite peu de réactions dans la rue. Dans le même sur les réseaux sociaux, ça « bavarde dans la colère ». Pourquoi le togolais est si prompt aujourd’hui à réagir sur les réseaux sociaux, mais se cache quand il s’agit de se mettre en mouvement pour sauver son quotidien ?

Fin février 2017, à Lomé, la hausse des prix du carburant enflamme les rues de la capitale togolaise. La veille, le gouvernement avait procédé à une augmentation des prix des produits pétroliers.

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Le super sans plomb était passé de 476 à 524 francs CFA le litre et le gasoil de 478 à 526 francs, soit une hausse d’environ 10 %. Chauffeurs et conducteurs de taxi-moto descendent dans la rue. Plusieurs grands carrefours de la capitale sont bloqués. La contestation dégénère. Dans un communiqué publié en fin de soirée, le gouvernement fait état d’un mort et de plusieurs blessés.

Neuf ans plus tard, le contraste est saisissant. De mai à septembre 2026, les produits pétroliers ont connu deux hausses significatives. Le super sans plomb est passé de 680 à 817 francs CFA, soit une augmentation de 20,15 %, tandis que le gasoil est passé de 695 à 766 francs, soit une hausse de 10,22 %.

Face à cette flambée des prix, qui pèse davantage sur un pouvoir d’achat déjà érodé, les réactions restent, contrairement à celles de 2017, limitées. Les principales émanent des partis politiques de l’opposition, par voie de communiqués.

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Si le contexte économique, politique et social de 2017 n’est plus exactement le même qu’aujourd’hui, une question demeure : comment expliquer l’absence de contestation dans la rue après une hausse, sur certains produits, plus importante que celle de février 2017 ?

Interrogé sur le silence de la Ligue des consommateurs togolais (LCT) face à cette nouvelle augmentation, Emmanuel Sogadji estime que les syndicats des transporteurs ont « pris en otage » le secteur pétrolier. Le président de la LCT dénonce ce qu’il considère comme une forme de complicité des syndicats des transporteurs qui, selon lui, entérinent les décisions du gouvernement et se transforment progressivement en simples relais de sensibilisation des décisions publiques, au détriment de la défense des intérêts de leurs membres.

Du côté des transporteurs, un membre de la commission ayant participé à la tournée de sensibilisation, qui a requis l’anonymat, rejette cette lecture. Il affirme que les syndicats n’ont pas été associés aux discussions sur les prix.

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« Le gouvernement nous a convaincus à travers des explications que si rien n’est fait, il y aura une pénurie de carburant et cela risquerait de peser beaucoup sur les transporteurs. Les discussions n’ont pas porté sur le prix », explique-t-il.

Du côté de la fonction publique, les différents syndicats de travailleurs restent également silencieux. Pendant ce temps, les consommateurs, pris entre la hausse des prix et l’érosion de leur pouvoir d’achat, supportent les conséquences sur leur quotidien. Les tarifs des transports ont augmenté, avec des répercussions sur les déplacements et, indirectement, sur le prix des marchandises.

La contestation, elle, ne semble pas dépasser les conversations dans les quartiers, les plaintes dans les stations-service et les publications sur les réseaux sociaux.

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En neuf ans, le prix du super sans plomb est passé de 476 à 817 francs CFA, soit une augmentation de 341 francs par litre. Pourtant, la réaction de la population semble avoir changé de nature. Adhésion ou résignation ?

Rien ne permet de l’affirmer. Une chose apparaît toutefois : entre la rue de 2017 et le silence de 2026, c’est le rapport entre mécontentement social et mobilisation collective qui semble avoir profondément changé.

François Bangane

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