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« Panafricanisme de combat » : Les ‘vrais’ acteurs se réunissent à Dakar à partir de ce jeudi

by L'Alternative
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Mme Augusta EPANYA

La conférence panafricaine dont le thème « Panafricanisme de combat et anti-impérialisme » s’ouvre ce jeudi 24 octobre 2024 dans la capitale sénégalaise. Plus de 25 organisations africaines et d’afro-descendants, ainsi que la plateforme anti-impérialisme qui réunit une trentaine d’organisations internationales et plusieurs organisations sénégalaises se donnent rendez-vous à Dakar jusqu’au 28 octobre prochain pour réfléchir sur cette lutte déterminée contre l’impérialisme et contre le néocolonialisme. Pour en parler, nous avons eu un entretien avec Mme Augusta EPANYA, Coordinatrice Générale de la Dynamique Unitaire Panafricaine (DUP), organisatrice de l’événement.

L’ALTERNATIVE : Qu’est-ce qui sous-tend l’organisation d’un tel événement sur le continent ?

Mme Augusta EPANYA : Eh bien, tout d’abord, ce qui sous-tend l’organisation d’un tel événement, c’est le fait de vouloir réunir tous ceux qui luttent pour un panafricanisme de combat, c’est-à-dire un panafricanisme engagé dans une lutte déterminée contre l’impérialisme et contre le néocolonialisme.

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Vraiment, une volonté farouche de mettre fin à ce fléau qui maintient notre continent dans le sous-développement, dans la misère, dans la paupérisation des populations. Nous avons donc voulu réunir les militants africains qui ont une vision commune du panafricanisme et qui sont convaincus que l’Afrique ne pourra pas se libérer des chaînes de l’impérialisme et de la domination capitaliste, qui ne pourra se libérer que de façon unitaire, cohérente, avec un programme clair et des orientations claires qui vont dans le même sens, avec comme perspective la construction des Etats-Unis d’Afrique. Aujourd’hui, on se rend compte que le monde est divisé au niveau de grands ensembles, qui tirent effectivement leur puissance de cette dimension quasi-continentale.

Ainsi, l’Afrique, qui est maintenue sous le joug de cet impérialisme, doit effectivement rompre avec la balkanisation qu’elle a subie et renouer avec cette perspective d’unité politique et de construction des Etats-Unis d’Afrique. C’est ce qui justifie l’organisation d’un tel événement. Et bien sûr, pour nous, il est évident que cela ne peut se faire que sur le continent, parce que notre continent, l’Afrique, est celui qui subit de manière plus brutale, plus violente et plus systémique cette domination impérialiste dans tous les domaines.

Nous n’avons pas eu la possibilité, la force, l’énergie et les conditions n’étaient pas réunies pour que nous puissions effectivement sortir de ce carcan et de cette domination. Nous pensons que l’une des façons de le faire est de se réunir, de discuter ensemble, de développer des stratégies et bien sûr de le faire sur le continent. Voilà qui répond un peu à votre première question.

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Qu’espérez-vous au terme de cette grande rencontre ?

Eh bien, ce que nous espérons, c’est faire connaissance, découvrir les militants des différents pays. C’est la première chose. La deuxième chose est de connaître les stratégies des uns et des autres, de savoir comment les uns et les autres envisagent cette perspective de lutte. Et si possible, commencer à développer des stratégies communes, des stratégies collectives, des stratégies cohérentes et de la solidarité entre nous et se donner plus de force. C’est ce que nous espérons de cette grande rencontre.

La troisième dimension sur laquelle nous voulons également nous concentrer est l’internationalisme anti-impérialiste. Cet événement réunira des délégations internationales de tous les continents. Nous pensons que la lutte contre l’impérialisme, bien sûr, au niveau de l’Afrique, nous sommes particulièrement concernés par cette lutte, mais que dans tous les pays impérialistes, cette lutte est aussi menée par des forces politiques, notamment celles qui promeuvent la rupture avec le capitalisme, qui promeuvent la construction du socialisme, la construction du communisme et qui luttent aussi de la même manière au niveau de leurs pays respectifs.

Par conséquent, nous pensons qu’il faut trouver un moyen d’articuler nos luttes communes et de trouver des modes d’action communs pour affaiblir cet impérialisme qui domine le monde depuis trop longtemps et qui ne fait que semer la misère, la guerre, la famine et la terreur sur la planète.

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Nous le voyons à travers ce qui se passe en Ukraine, nous le voyons à travers ce qui se passe en Palestine, nous le voyons à travers ce qui se passe au Soudan, en RDC, etc. Autant de foyers de tension, autant de foyers de misère, de violence et de mort fomentés par l’impérialisme en général. Donc, dans le cadre de cette grande rencontre, nous espérons unir nos forces et établir cette jonction entre le panafricanisme de combat et l’internationalisme anti-impérialiste.

Voilà ce que je peux vous dire sur cette deuxième question.

Que doit-on comprendre par “panafricanisme de combat” ?

Vous savez, aujourd’hui beaucoup de gens se réclament du panafricanisme. Nous pensons qu’il y a aujourd’hui un panafricanisme bourgeois, pro-impérialiste, qui finalement maintient l’ordre établi, qui fait croire qu’il y a une volonté d’unir l’Afrique, une volonté de construire l’Afrique, etc. Mais il n’en est rien. Ce sont souvent des panafricanismes de circonstances, des panafricanismes qui ne visent qu’à perpétuer, à défendre les intérêts de la bourgeoisie compradore en place dans la plupart de nos pays africains. Et bien sûr, nous ne voulons pas de ce panafricanisme.

Au-delà du panafricanisme souverainiste, c’est une bonne chose. En effet, nous nous battons pour la souveraineté. Mais la souveraineté n’est que la première étape du combat que nous menons. La souveraineté sans la volonté de construire véritablement une Afrique au service des peuples. Donc, faire en sorte que les moyens de production soient entre les mains des peuples, et dans le sens de la socialisation des moyens de production, ce n’est que perpétuer le capitalisme. Nous pensons que c’est un système avec lequel il nous faut rompre.

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Il faut construire un système qui permette de répondre aux besoins des populations africaines dans tous les domaines, évidemment dans les domaines économique, social, politique, culturel, etc. Monétaire, bien sûr, ça va avec l’économie et avec la construction du pays. Donc, nous, le panafricanisme de combat, s’inscrit clairement dans la perpétuation, dans la poursuite, dans le relais des enseignements de Nkwame Nkrumah, en essayant d’éviter certains écueils qui ont pu être commis ici et là, et qui ont fait que, finalement, ce processus n’a pas pu être mené à bien dans la durée et se poursuivre.

Donc, on essaie de tirer les leçons des limites ou des échecs, parfois, des processus qui ont été mis en œuvre, tout en essayant de tirer le meilleur de tous ces processus et de toute cette théorie du panafricanisme révolutionnaire.

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Voilà ce que je peux vous dire. Et notre panafricanisme de combat s’inscrit donc dans le mouvement de Nkwame Nkrumah et dans la volonté de construire l’unité politique de l’Afrique au service des peuples. Merci pour cet entretien et à bientôt.

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