Le Ghana organise cette année les élections générales (présidentielle et parlementaire) dans un contexte politique un peu tendu. Dans ce climat délétère, Mohamed Ibn Chambas sort de l’ombre. Celui qui avait joué de sales rôles, dans un passé récent, dans la crise politique togolaise, s’érige en conseiller sur sa terre natale.
La démocratie fortement démontrée par les Ghanéens depuis des décennies vacille. Et ce, depuis les dernières élections de 2020. Cette démocratie reçoit un coup surtout avec les suspicions du NDC sur le processus électoral dans son ensemble, le doute sur la crédibilité de la Commission électoral, les contestations sociales, etc.
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Mohamed Ibn Chambas, Haut Représentant de l’Union africaine pour, dit-on, faire taire les différends, rappelle aux Ghanéens la notoriété du pays en matière de démocratie et de crédibilité électorale et qu’il faut à tout prix maintenir cette place dans la sous-région ouest africaine, en Afrique et dans le monde.
« Nous avons fait nos preuves sur notre continent, dans notre sous-région, lorsque l’on compte des pays connus pour leurs élections généralement pacifiques et crédibles, comme le Ghana, nous sommes parmi les premiers. Et nous voulons continuer à nous classer parmi les premiers », a déclaré le président du Groupe de haut niveau de l’UA sur le Soudan, avant de demander à la Commission électorale de regagner la confiance des partis politiques et des autres parties prenantes en prenant des mesures concrètes pour garantir l’ouverture et la responsabilité.
Lors du lancement officiel des activités d’observation du jour du scrutin de la Coalition des observateurs électoraux nationaux (CODEO) de décembre 2024, le diplomate ghanéen a encore appelé à plus de vigilance aux acteurs politiques.
« Travaillons pour améliorer nos performances passées et rendre chaque processus encore meilleur. Il y a eu des violences dans le passé. Je pense que nous sommes tous déterminés à faire en sorte que cette fois-ci, nous retournions à la normale, c’est-à-dire que nous voulons organiser des élections à l’issue desquelles aucun Ghanéen ne perdra la vie. C’est très, très important », a déclaré le Dr Chambas.
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Celui qui s’érige en donneur de leçons, il y a près de 20 ans, en 2005 au Togo lors des contestations de l’élection présidentielle, a soutenu le régime Gnassingbé face aux fraudes dénoncées par l’opposition. Mohamed Ibn Chambas en complicité avec l’ex président Olusegun Obassanjo, Président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest d’alors, ont imposé Faure Gnassingbé en 2005.
On se rapelle encore des mots durs qu’il avait eu à l’encontre de certains responsables de l’opposition togolaise. « Il est encore jeune pour être président, de laisser Faure Gnassingbé briguer un autre mandat et que son tour arrivera après », avait-il jeté à la figure d’un opposant au régime des Gnassingbé.
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Son tour n’est jamais arrivé, si ce n’est de finir dans une Mairie. Pendant ce temps, Faure Gnassingbé se donne une présidence à vie avec l’adoption d’un faux régime parlementaire.