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Togo-PURS : des chiffres flatteurs, une réalité décevante

by L'Alternative
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purs au togo

Plus de deux ans et demi après sa mise en place, le Programme d’Urgence pour la Région des Savanes (PURS), devenu par la suite le Programme d’urgence de renforcement de la résilience et de la sécurité des communautés, peine à transformer le quotidien des habitants de la région des Savanes. Les chiffres avancés par le gouvernement contrastent avec une réalité bien moins reluisante sur le terrain.

En juin 2022, le gouvernement togolais lançait le PURS, affirmant vouloir renforcer la résilience des communautés face aux menaces terroristes et aux défis socio-économiques dans la région des Savanes. Doté d’un budget initial de 326 milliards de FCFA, le programme a vu son enveloppe passer à 361 milliards en 2023, après une sollicitation de financements additionnels.

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Présenté comme une initiative ambitieuse pour améliorer le condition des populations, le PURS s’apparente aujourd’hui à un projet parmi tant d’autres, avec des résultats mitigés.

Selon les chiffres officiels, 15 000 personnes auraient désormais accès à l’eau potable dans la région. Ces données, difficilement vérifiables, masquent une réalité plus nuancée. Si certaines infrastructures sont visibles, notamment dans des préfectures comme Cinkassé, de nombreuses localités, telles que Doman (Oti), Soungou, et Liék (Tandjoaré), continuent de considérer l’eau potable comme un luxe.

En période sèche, le stress hydrique s’accentue, révélant une approche incomplète et un manque de ressources pour garantir ce service essentiel à toutes les communautés.

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Concernant l’électricité, le gouvernement revendique l’extension du réseau et l’ajout de 542 ménages raccordés. Cependant, cette priorité suscite des interrogations. Dans les zones rurales, bien que le réseau soit étendu, les habitants capables de se connecter restent rares. Dans certains villages, moins d’une dizaine de ménages disposent d’électricité.

Pour une population largement préoccupée par la survie quotidienne, l’électricité demeure une priorité secondaire. Par ailleurs, dans les milieux urbains, la Compagnie d’Énergie Électrique du Togo (CEET) peine à répondre à la demande croissante de branchements.

Dans le secteur agricole, les chiffres gouvernementaux annoncent des milliers d’hectares aménagés. En réalité, ces “aménagements” se limitent souvent à des travaux de dessouchage, sans véritables systèmes d’irrigation.

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Pendant ce temps, les paysans, faute de soutien, continuent à creuser des puits précaires pour le maraîchage, mettant leur vie en danger. Le manque d’aménagements adéquats compromet le développement agricole et perpétue les risques liés à ces pratiques dangereuses.

Quant à l’élevage, une activité majeure dans la région, il semble relégué au second plan. Les éleveurs de bovins, déjà confrontés aux groupes armés, doivent également composer avec l’absence de pâturages et d’eau.

Les rares retenues d’eau disponibles, construites il y a une quarantaine d’années, sont ensablées et se tarissent dès la fin de la saison des pluies.

Du côté des infrastructures rurales, de nombreux chantiers accusent des retards importants, tandis que d’autres projets sont à peine entamés ou simplement abandonnés.

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Lors de son discours à la nation le 31 décembre, Faure Gnassingbé a déclaré : « L’accent doit être mis sur la région des Savanes pour qu’elle ne soit pas laissée en marge du développement national. »

Cependant, les annonces officielles, souvent ponctuées de chiffres impressionnants, peinent à masquer une réalité marquée par des retards, des lacunes et des déceptions.

François Bangane.

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