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Le journaliste Hugues Sossoukpè en prison depuis un an sans jugement, ses proches s’inquiètent

by Isidore kouwonou
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L’un de ses proches s’est confié à notre Rédaction ce samedi. Ils s’inquiètent de la situation de Hugues Commlan Sossoukpè, directeur du média en ligne « Olofofo.info », journal critique à l’époque envers le régime de Patrice Talon. Ce journaliste d’investigation, détenu depuis un an sans jugement, à la prison de Ouidah, près de Cotonou la capitale économique du Bénin, a été « piégé » dans en Côte d’Ivoire où il a été arrêté et extradé vers le Bénin.

Son journal ayant été interdit au Bénin, puisque très critique envers le gouvernement de Patrice Talon, Hugues Comlan Sossoukpè s’est installé au Togo où il a obtenu le statut de réfugié en 2021. Il était également activiste et a documenté et critiqué les élections législatives de 2019 au Bénin, un rendez-vous électoral sans l’opposition.

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Selon Reporter Sans Frontière (RSF), ces élections s’étaient soldées par une abstention massive, ce qui a conduit à des manifestations réprimées dans la violence. Hughes Sossoukpè avait fait part à RSF, quelques mois avant son arrestation, des menaces qui pesaient sur sa personne.

Invité par le ministère ivoirien de la Transition numérique et de la Digitalisation pour la couverture de la première édition de « Ivoire Tech Forum » qui devait se tenir du 9 au 11 juillet 2025, Hugues Sossoukpè est arrêté dans son hôtel à Abidjan par des policiers le 10 juillet.

Conduit d’abord au salon d’honneur de l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, il est ensuite embarqué dans un petit avion, un Beechcraft 1900D en direction de Cotonou au Bénin. « Hughues Sossoukpè n’aura seule compagnie les policiers qui l’escortent et les membres de l’équipage », avait dénoncé RSF qui a finalement porté plainte contre les bourreaux du journaliste.

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Selon ces avocats qui ont réagi à l’époque, M. Sossoukpè a été livré aux autorités béninoises par la Côte d’Ivoire, malgré son statut de réfugié. « Son statut de réfugié politique, accordé par le Togo où il vit en exil depuis sept ans, est pourtant inscrit noir sur blanc dans son passeport », a indiqué RSF.

La justice l’a accusé de « harcèlement par le biais d’un système informatique », « rébellion » et « apologie du terrorisme ».

Aujourd’hui, le confrère croupit à la prison civile de Ouidah. Au début, il était placé dans l’isolement total, sans visite des proches ni des avocats qui ne l’ont d’ailleurs jamais vu en prison depuis un an. Une période qu’il a difficilement vécu jusqu’en janvier dernier où il a été mis fin cet isolement.

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« Il est gardé dans des conditions de réclusion criminelle, c’est-à-dire avec beaucoup de restrictions. Il n’a accès à la cour pour se dégourdir les jambes que 3 fois par semaine. Il n’a pas formellement droit à la visite. Je le vois une fois par semaine. Ce n’est pas facile, mais Hugues tient le coup. Il prie beaucoup aussi », confie un de ses proches à notre Rédaction ce samedi.

Il n’a droit qu’à 5 minutes d’échanges avec ce parent qui rappelle que pendant 06 mois, il était resté sous régime de restriction strict, dans l’isolement total. Avant d’ajouter : « Il n’a pas un traitement de faveur à la maison d’arrêt de Ouidah où il est gardé depuis bientôt un an. Il nous a même souvent dit qu’il ne souhaite aucune faveur de ses bourreaux. Tout ce qu’il demande, c’est que :” ses droits en tant que détenu d’opinion soient respectés”. Comlan n’est pas de nature plaintive. Il veut faire face à ses problèmes avec courage et dignité. Tout ce qu’il n’accepte pas, c’est l’humiliation ».

Il reste en détention depuis un an sans jugement. Il n’y a pas d’avancée dans son dossier. Tout porte à croire qu’on l’a oublié et abandonné à son triste sort. Selon ses proches, les autorités béninoises seraient embarrassées par son statut de réfugié.

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« C’est quelqu’un qui parle très peu. Il ne partage pas ses peines. Il préfère y faire face seul. Aujourd’hui encore, il ne dit pas grand-chose de son état d’âme. Il se contente de dire que ça va ou ça ira. Il cherche plutôt à savoir comment vont son entourage et ses proches. Il ́nous demande que nous prenions soin de nous-mêmes. Quant à lui-même, ça ira. Il porte sa croix. Et il la portera jusqu’au moment où il le faut », nous rapporte ce proche.

Le journaliste Hugues Comlan Sossoukpè est en prison parce qu’il se battait pour le droit à la liberté d’information, de presse et d’expression. En un mot, il voulait le triomphe de la démocratie, la vraie sur le continent parce qu’il pense qu’en dehors de la démocratie, l’Homme n’est point épanoui dans la cité.

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