C’est une affaire qui secoue le Ghana, et fait remuer les plus hautes autorités du pays. Dix personnes, dont quatre agents de la division des douanes, sont détenues dans le cadre des enquêtes en cours sur la saisie en France, de 167 ballots de cocaïne d’une valeur d’environ 225 millions d’euros. La cargaison provenait des ports du Ghana. Les réunions se multiplient entre le président John Mahama et les chefs de la sécurité du Ghana.
Le 10 septembre dernier, les services des douanes de la Brigade de surveillance extérieure (BSE) du port de Dunkerque ont découvert 167 ballots de cocaïne d’une valeur d’environ 225 millions d’euros, dissimulés dans des déchets plastiques à bord d’un conteneur en provenance du Ghana.
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Acheminée vers le port d’Anvers, en Belgique, la totalité de la drogue saisie a été détruite. Le Parquet national de lutte contre la criminalité organisée (Pnaco) du côté de la France, s’est immédiatement saisi de l’affaire et les investigations portent notamment sur des faits d’acquisition, de détention, de transport, d’offre ou de cession de stupéfiants, ainsi que sur l’importation de stupéfiants en bande organisée et la participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation de crimes. Selon le Pnaco, ces infractions sont passibles de dix ans d’emprisonnement.
Du côté du Ghana, les investigations effectuées ont permis l’arrestation et la détention de dix personnes, dont quatre agents de la Division des douanes de la GRA. La présidence n’a pas divulgué l’identité des personnes détenues ni fourni de détails sur les accusations portées contre elles. Elle n’a pas non plus indiqué si des poursuites avaient été engagées, les enquêtes étant toujours en cours.
Le président John Mahama a ordonné la création d’un groupe de travail interministériel chargé d’élaborer une feuille de route détaillée sur les mesures à prendre pour prévenir le trafic de drogue à travers les frontières du Ghana.
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Le groupe de travail dispose de deux semaines pour présenter la feuille de route. Il est également recommandé de nouvelles mesures pour renforcer les systèmes du pays en matière de prévention du trafic de stupéfiants.
Lorsque cette affaire de drogue a éclaté, la minorité au parlement s’en est pris au parti majoritaire en spéculant que les personnes arrêtées sont du NDC, parti de John Mahama. Des allégations que le ministre d’État chargé de la Communication gouvernementale, Felix Kwakye Ofosu, a rejeté.
Il a déclaré qu’aucune preuve n’avait jusqu’à présent été présentée pour établir l’implication d’un responsable gouvernemental ou d’un membre du NDC dans les enquêtes, mettant en garde contre toute spéculation. « À l’heure où vous parlez, personne n’a présenté la moindre preuve de l’implication d’un membre du gouvernement ou du parti. Il est impératif d’éviter ce genre de spéculations et de rumeurs sans fondement ».
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Il a toutefois souligné que l’appartenance politique ne protégerait en aucun cas une personne ayant participé à ce crime. « Quoi qu’il en soit, même si un haut responsable du gouvernement ou un membre du NDC était impliqué, cela signifierait qu’il a commis un crime contre l’État du Ghana, qu’il a violé la loi ghanéenne, et qu’il sera donc soumis aux mêmes procédures que toute autre personne qui viole la loi ghanéenne », a-t-il déclaré. Il a précisé que la priorité reste à établir les responsabilités de toute personne impliquée et de prévenir tout nouveau trafic de stupéfiants à travers les frontières du Ghana.
Le Ghana fait désormais face à une inquiétude croissante autour de son rôle dans les circuits du trafic de drogue, au point d’apparaître comme une plaque tournante de plus en plus importante dans la sous-région ouest-africaine. Alors que des investigations se poursuivent aussi bien en France qu’au Ghana, l’image du pays est mise à rude épreuve.