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Togo- L’agriculture intelligente de la Chine aidera-t-elle le paysan togolais qui “manque de tout” ?

by L'Alternative
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« Je pense qu’il est de notre devoir de vous soutenir et de vous encourager à mieux produire ». Ainsi s’exprimait Faure Gnassingbé le 12 février 2009, devant le monde rural réuni à Kara, dans le nord du Togo, à l’occasion du premier Forum national du paysan togolais. Dix-sept ans après cette déclaration, l’agriculture togolaise semble toujours chercher les voies de sa transformation, malgré les centaines de milliards investis dans le secteur par les partenaires.

Plus de vingt ans après l’arrivée au pouvoir de Faure Gnassingbé, l’agriculture togolaise peine toujours à amorcer sa transformation. Malgré les financements mobilisés par les partenaires au développement et les multiples initiatives gouvernementales, la modernisation du secteur reste un défi. Sur le terrain, les besoins des producteurs demeurent importants et les résultats ne semblent pas toujours à la hauteur des ambitions affichées.

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En séjour en Chine du 9 au 16 octobre 2026, Faure Gnassingbé a exploré de nouvelles pistes de coopération dans le secteur agricole, rapporte le site Togofirst. Il a notamment visité un parc de démonstration consacré à l’agriculture intelligente, qui mobilise l’intelligence artificielle et la robotique pour optimiser la production, selon le média.

Pendant que le chef de l’État découvre les perspectives offertes par ces technologies, les producteurs togolais attendent toujours des réponses à des besoins plus élémentaires : de l’eau pour irriguer leurs champs et des tracteurs pour mécaniser les travaux agricoles.

En 2023, lors du premier Forum des producteurs agricoles du Togo (FoPAT), organisé à Dapaong, dans la région des Savanes, ces préoccupations figuraient déjà parmi les demandes adressées au président de la République.

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« Nous faisons de l’agriculture et de l’élevage, mais nous manquons presque de tout : les tracteurs, les insecticides, les produits vétérinaires adéquats… Nous avons demandé au président de la République des retenues d’eau et des forages pour le maraîchage », déclarait alors un producteur du canton de Tami.

Trois ans plus tard, les difficultés liées à l’accès aux équipements et à l’eau continuent de préoccuper les producteurs. En juin 2025, le ministère de l’Agriculture a annoncé la mise à disposition d’un tracteur par préfecture au profit des petits producteurs. Mais, selon les informations recueillies, le coût de 40 000 francs CFA reste difficilement supportable pour certains d’entre eux.

Quant aux retenues d’eau réclamées par les producteurs, leur réalisation effective reste à établir. Les ouvrages existants usés par le temps, eux aussi, attendent des travaux d’aménagement et de réhabilitation.

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Le FoPAT, présenté comme un cadre de concertation entre le gouvernement et les acteurs du monde rural, n’a par ailleurs pas encore connu de deuxième édition. Autant d’éléments qui interrogent sur le suivi des préoccupations exprimées par les producteurs et sur la capacité des pouvoirs publics à traduire leurs engagements en réalisations concrètes.

La visite de Faure Gnassingbé en Chine remet en lumière le paradoxe de la politique agricole togolaise. Les initiatives ne manquent pas sur le papier, pas plus que les discours sur la transformation du secteur. « Le développement du Togo passe par le développement de l’agriculture », déclarait le chef de l’État lors du FoPAT de 2023.

Cette ambition proclamée se heurte toutefois aux difficultés persistantes des producteurs. L’enjeu n’est plus seulement d’annoncer de nouveaux programmes ou d’explorer des technologies innovantes à l’étranger, mais de garantir aux agriculteurs les moyens de produire davantage et dans de meilleures conditions.

Entre les engagements politiques et les réalités des exploitations, le décalage persiste. Après plus de deux décennies de gouvernance de Faure Gnassingbé, l’usure du pouvoir semble se manifester aussi dans la difficulté à transformer durablement l’agriculture togolaise.

À l’heure où les technologies agricoles connaissent des avancées rapides, les producteurs togolais attendent encore que les promesses de modernisation se traduisent dans leurs champs.

François BANGANE

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