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Togo- Faure Gnassingbé… c’est bien triste pour les Togolais !

by Isidore kouwonou
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« La République doit être un rempart contre la précarité », disait le PCM Faure Gnassingbé, devant le parlement l’année dernière. Le 8 octobre 2025, il rendait public son premier gouvernement. Et comme ses discours ont toujours été contraire aux actes qu’il pose, un an après, le quotidien des Togolais est resté inchangé. Manger à sa faim, vendre sa production, circuler sur des routes praticables, accéder à l’eau et à l’électricité, obtenir justice et vivre dans des conditions dignes sont devenus un idéal impossible à atteindre pour les populations. Alors que la Ve République était présentée comme la panacée, les difficultés sociales, économiques et judiciaires persistent. Sur le terrain, les attentes demeurent largement insatisfaites, les défis intacts.

Sur le plan social, la situation est marquée par une précarité grandissante pour une majorité de Togolais. Le panier de la ménagère continue de s’éroder, sans mesures sociales d’accompagnement à la hauteur des difficultés rencontrées par les populations.

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Avec les incendies qui ont ravagé plusieurs marchés, les femmes togolaises, qui font vivre une grande partie de l’économie nationale, continuent d’exercer leurs activités dans des conditions difficiles, aussi bien à Lomé qu’à l’intérieur du pays.

Devant le Parlement, Faure Gnassingbé avait pourtant affirmé, en substance, que « dans une démocratie parlementaire, la cohésion sociale ne se décrète pas, elle se construit chaque jour par le respect mutuel, le dialogue, l’écoute et la justice ».

Un discours qui peine à se traduire dans les faits. Où sont la justice et l’écoute lorsque les cris et les larmes des victimes des incendies des marchés d’Agoè-Assiyéyé, de Kpalimé et d’Anié restent sans réponse satisfaisante, sans justice ni réparation à la hauteur des préjudices subis ?

Où se trouve la justice lorsque plusieurs détenus politiques, susceptibles de bénéficier d’une liberté provisoire dans le cadre de procédures pénales en cours, restent derrière les barreaux, malgré l’arrêt n° 040/2026 du 18 février 2026, invoqué dans ce dossier ? Neuf mois plus tard, la situation demeure une source d’interrogation sur l’effectivité des décisions de justice et le respect des droits des personnes concernées.

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« La République doit être un rempart contre la précarité », avait également déclaré Faure Gnassingbé. Mais entre mai et septembre 2026, le prix du carburant a connu une hausse de 12,7 %. Pendant qu’une minorité bénéficie de dotations en carburant, la majorité des Togolais doit supporter seule les conséquences de cette augmentation sur ses dépenses quotidiennes, le transport et le coût des marchandises.

Face à cette pression supplémentaire, aucune mesure d’accompagnement suffisante n’est venue soulager les ménages. La population continue ainsi de se battre, seule, contre la cherté de la vie.

Un an après la mise en place du nouveau gouvernement, la réforme de la justice annoncée par le président du Conseil semble, elle aussi, confinée aux intentions. La Cour suprême, qui devrait céder la place à la Cour de cassation et au Conseil d’État dans le cadre de la réorganisation institutionnelle annoncée, demeure en l’état.

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La Ve République, qui devait ouvrir une nouvelle page dans la gouvernance du pays, peine à donner corps à plusieurs des changements promis.

Faure Gnassingbé avait présenté son gouvernement comme un gouvernement d’action. Pourtant, dans de nombreux secteurs, les résultats concrets restent difficiles à percevoir. Dans l’agriculture, les producteurs continuent de faire face à leurs difficultés, souvent livrés à eux-mêmes. Une partie de la production locale pourrit dans les magasins faute de débouchés, pendant que les acteurs de l’exportation des produits agricoles alimentaires continuent de tirer profit de leurs activités.

À Kovié, Afagnan, Mango et Mandouri, le riz produit localement peine à trouver preneur. Dans le même temps, le riz importé, notamment chinois et japonais, continue d’occuper les rayons et les magasins de l’Agence nationale de sécurité alimentaire du Togo (ANSAT).

Ce paradoxe interroge sur la politique de valorisation de la production nationale : comment promouvoir la souveraineté alimentaire lorsque les producteurs locaux peinent à écouler leurs récoltes ?

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Dans le secteur des infrastructures, le constat est tout aussi préoccupant. La dégradation des routes se poursuit dangereusement, tandis que des chantiers entamés depuis plusieurs années restent à l’abandon dans différentes localités du pays.

La mise en place d’un nouveau gouvernement n’a visiblement pas suffi à relancer les travaux ni à apporter des réponses durables aux difficultés de déplacement des populations.

À ces problèmes s’ajoutent le retour en force des délestages électriques et les difficultés persistantes d’accès à l’eau potable. Dans plusieurs localités, obtenir de l’eau en quantité suffisante relève toujours du parcours du combattant. Quant à l’électricité, les coupures perturbent les activités économiques et compliquent davantage le quotidien des ménages.

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Un an après la formation de ce gouvernement, le décalage entre les discours officiels et les réalités vécues par les populations reste donc considérable. La Ve République devait incarner une nouvelle manière de gouverner, avec davantage d’efficacité, de justice et de proximité.

Au-delà des déclarations et des promesses, c’est désormais sur le terrain que le gouvernement est attendu. Car, un an après, la question reste entière : qu’est-ce qui a véritablement changé dans la vie des Togolais ?

François BANGANE

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