L’or, une fois extrait, prend des chemins divers. Il est soit raffiné puis consommé ou stocké dans le pays de production, soit exporté légalement vers un pays africain ou non africain, soit exporté en contrebande vers un pays africain ou non africain. L’or consommé localement ou stocké dans le pays de production représente une proportion extrêmement faible de l’or total extrait chaque année en Afrique.
Le commerce de l’or entre pays africains déclaré est faible, selon l’enquête de SWISSAID. « Plusieurs Etats africains ont rapporté des importations d’or en provenance d’autres pays africains, mais cet or est très rarement déclaré à l’exportation dans le pays de production et ne peut donc pas être considéré comme de l’or légal. Les exportations d’or déclarées de pays africains vers des pays non africains, quant à elles, ont pour principales destinations les EAU, la Suisse et l’Inde », indique l’enquête.
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Souvent, l’or qui quitte clandestinement un pays africain atterrit dans un autre pays africain qui se charge de l’exportation illégale vers des pays qui sont hors du continent. De l’or importé aux Emirats Arabe Unis est mal déclaré. Cela concerne notamment la plus grande partie de l’or exporté du Togo. Le Bénin et le Niger sont aussi dans le cas.
Le Togo fait partie des pays qui fournissent de l’or au Liban entre 2012 et 2022. « Une partie de l’or africain importé au Liban n’a pas été déclaré dans le pays où il a été extrait. Cela concerne en particulier l’or importé du Togo et du Bénin. La plus grande partie de l’or d’Afrique importé au Liban entre 2012 et 2022 était issu de l’EMAPE (Extraction minière artisanale et à petite échelle, Ndlr) », SWISSAID dans son enquête.
En 2022, le Togo a exporté plus de 20.000 kilogrammes d’or de contrebande, selon les calculs de SWISSAID. C’est l’or non déclaré à l’exportation.
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Les valeurs de l’or déclarées dans certains pays sont nettement inférieures à celles qui correspondraient normalement aux poids déclarés. Ce qui veut dire que les exportations d’or sont fortement sous-déclarées. Le Togo se retrouve parmi ces pays où l’or est sous-déclaré.
« La comparaison des exportations d’or de ce pays (Togo, Ndlr) avec les données miroir révèle également des écarts sur le plan de la valeur qui sont beaucoup plus élevés que ceux sur le plan du poids. Les données disponibles indiquent que le phénomène de la sous-déclaration de l’or à l’exportation du Togo dure depuis plus de dix ans », souligne l’enquête.
Lorsque les enquêteurs ont voulu comprendre la situation, la Direction générale des mines et de la géologie a répondu que « les écarts constatés sur les valeurs s’expliquent par le fait que les données déclarées par le Togo ne sont pas les valeurs de l’or expédié, mais plutôt les taxes douanières perçues à l’exportation de l’or. Ces taxes s’élèvent à 45.000 FCFA/kg d’or exporté ».
« Cette réponse est surprenante, car la notion de valeur commerciale est clairement définie dans UN Comtrade », font remarquer les enquêteurs.
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L’enquête révèle en outre que le Togo a une production d’or extrêmement faible, mais sert de transit pour l’or non déclaré à l’importation. Une dizaine de tonnes d’or seulement extraite au Togo sont destinés à l’importation durant une décennie. Mais plusieurs dizaines de tonnes d’or de la Libye ont transité par le Togo sans être déclarées.