L’église Catholique est en deuil. Mgr Yves Nicodème Anani Barrigah-Bénissan, archevêque de Lomé a tiré sa révérence ce dimanche dans un hôpital de Lomé. Le prélat est connu pour être l’une des pierres angulaires de la médiation dans la vie politique togolaise et pour ses œuvres musicales et dramaturges.
Il avait plusieurs coudes à son arc. Né le 19 mai 1963 à Ouagadougou, Nicodème Anani Barrigah-Bénissan a été ordonné prêtre en 1987. Le défunt archevêque de Lomé a été Évêque d’Atakpamé pendant plus d’une décennie. Il a été nommé archevêque de Lomé en novembre 2019.
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Le 23 novembre 2019, Nicodème Barrigah est nommé Archevêque de Lomé pour succéder à Denis Komivi Amuzu-Dzakpah, démissionnaire pour raison d’âge. Il reste en poste, en tant qu’administrateur apostolique, à Atakpamé, jusqu’à son installation à Lomé le 11 janvier 2020.
Au-delà de son ministère pastoral, Mgr Barrigah-Bénissan s’est distingué par son engagement dans les arts. Auteur-compositeur prolifique, il laisse derrière lui une centaine de chants religieux et profanes.
Sa pièce de théâtre « Le Trône royal » qui est encore au programme de français au Lycée, explorant les traditions africaines et les questions de prédestination, lui a valu le grand prix de la littérature togolaise en 2020.
En tant qu’archevêque, Mgr Barrigah œuvre notamment avant l’élection présidentielle togolaise de 2020 à ce que les candidats conçoivent la politique comme un « service qui promeut l’amitié sociale pour générer le bien commun » et leurs adversaires « comme des frères et sœurs ayant d’autres visions de développement pour le pays ».
Les résultats de ces élections contestés notamment par Agbéyomé Kodjo et l’archevêque émérite Philippe Kpodzro, ont amené Mgr Nicodème Barrigah à travailler à l’apaisement des deux côtés.
Il était également un diplomate accompli qui a travaillé avec la nonciature au Rwanda, en Côte d’Ivoire, en Israël et au Salvador. On se rappelle le prélat qui a dirigé Les travaux de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) dont les recommandations dorment encore dans les tiroirs du régime en place.
Il était le président de la Commission épiscopale nationale Justice et Paix au sein de la Conférence des Evêques du Togo (CET).