Home Société Orpaillage clandestin : voici les noms de la vingtaine de Togolais arrêtés en Guinée

Orpaillage clandestin : voici les noms de la vingtaine de Togolais arrêtés en Guinée

by L'Alternative
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De l’exil économique à l’impasse sociale. Fuyant la pauvreté, l’insécurité et l’absence d’opportunités, des centaines de jeunes de la région des Savanes prennent les routes de la sous-région à la recherche d’un avenir meilleur dans les mines d’or. Mais les destinations qui leur servaient de refuge deviennent progressivement des pièges.

Ces dernières années, l’aventure vers les pays de la sous-région est devenue une porte de sortie pour de nombreux jeunes de la région des Savanes. Faute d’emplois, confrontés à la pauvreté et aux conséquences de la crise sécuritaire qui secoue la région depuis plusieurs années, beaucoup ont choisi l’exode.

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Direction le Ghana, le Mali, la Côte d’Ivoire ou encore la Guinée. Là-bas, beaucoup trouvent des activités dans les sites d’exploitation artisanale et souvent illégale de l’or. Pour ces jeunes, il ne s’agit pas toujours d’un choix par conviction, mais d’une stratégie de survie face à un environnement qui offre peu de perspectives.

Mais cette bouée de sauvetage semble aujourd’hui se dégonfler

Depuis plusieurs mois, la lutte contre l’orpaillage illégal s’intensifie dans plusieurs pays de la sous-région. Les opérations de contrôle se multiplient sur les sites clandestins, avec des arrestations, des saisies et des destructions de matériels.

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Le 18 juin 2026, les autorités guinéennes ont mis à la disposition du délégué pays du Haut Conseil des Togolais de l’extérieur en Guinée 21 ressortissants togolais, en majorité originaires de la région des Savanes. Ils sont poursuivis pour exploitation illégale de mines d’or. Le document officiel mentionne également des faits liés à la dégradation de l’environnement et à la traite des êtres humains.

Cette situation illustre la vulnérabilité de ces jeunes partis chercher ailleurs ce qu’ils ne trouvent pas suffisamment chez eux. Dans plusieurs cas, l’aventure économique se transforme en précarité, voire en confrontation avec la justice des pays d’accueil.

Au Mali, la montée de l’insécurité liée aux groupes armés a également poussé plusieurs migrants à rentrer au Togo ces derniers mois. Ceux qui avaient quitté leurs villages avec l’espoir de construire un avenir meilleur reviennent pour certains sans économies, sans perspectives et parfois traumatisés par les épreuves vécues.

Pour beaucoup de jeunes revenus d’aventure, la question devient alors : que faire ?

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Le retour intervient dans un contexte économique difficile pour la région des Savanes. L’économie locale, essentiellement basée sur l’agriculture, est fragilisée notamment par la mévente des produits céréaliers qui affecte les revenus des producteurs et des familles.

Sans emploi stable, sans formation adaptée pour une grande partie d’entre eux et en l’absence de véritables mécanismes d’accompagnement, ces jeunes risquent de rester enfermés dans un cycle de pauvreté, de frustration, de départ clandestin, de précarité et de retour forcé.

Aujourd’hui, les jeunes des Savanes semblent pris au piège entre deux murs : d’un côté, un territoire d’origine qui peine à leur offrir des opportunités économiques suffisantes ; de l’autre, des pays d’accueil où les portes se ferment progressivement.

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Pendant ce temps, la réponse publique semble encore largement dominée par les programmes d’urgence et les discours sur la résilience, au lieu d’une véritable politique d’emploi, de formation et d’insertion économique.

Car derrière chaque jeune qui prend la route des mines d’or, il y a souvent une histoire de pauvreté, de désespoir et de recherche d’une vie meilleure.

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Entre le marteau de la misère et l’enclume de l’exclusion, c’est une génération entière qui cherche encore sa place.

François Bangane

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