Depuis le début de cette année, des quartiers de la capitale ivoirienne, Abidjan sont touchés par de vastes opérations de démolition et de déguerpissement de leurs habitants. Selon les informations, c’est Sans préavis suffisants ni raisons valables que les expulsions sont faites, laissant des familles sans abri, dépourvues de leurs activités de substances et sans indemnisation.
Près de deux cent sites à risque d’inondation, selon le gouvernement, sont concernés par ces démolitions. Amnesty International Côte d’Ivoire demande “aux autorités de mettre immédiatement un terme aux expulsions forcées à Abidjan pour prévenir toute violence et de veiller à ce que les personnes dont les droits ont été violés aient accès à la justice et à des voies de recours effectives”.
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A Abidjan, les quartiers Gesco, Boribana, Banco 1 et Abattoir ont été démolis. Des milliers de familles sont devenues des sans-abris, il y a plusieurs mois déjà. ” Plus de 10 machines ont envahi le village sans sommation ni mise en demeure, sans qu’on ait ne serait-ce qu’une petite note de l’État… Les machines ont tout détruit. Nous n’avons pas été avertis. J’étais sortie et les voisins m’ont appelé pour me dire qu’ils étaient en train de casser les maisons. À mon retour, ma maison avait déjà été démolie», a regretté Aimée, propriétaire d’une maison à Gesco, détruite le 20 février dernier.
Les expulsions entamées en janvier dernier ont déjà fait beaucoup de victimes. Selon des données communiquées par les autorités locales, 1 199 familles et 203 propriétaires à Gesco, et 600 familles à Abattoir ont perdu leurs maisons. Le nombre de personnes affectées à Boribana a été estimé à 28 000 par Colombe Ivoire, une ONG locale. À Banco 1, 5000 personnes ont été touchées, selon un dignitaire de la chefferie.
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Ces déguerpissements mettent à mal les droits humains, notamment celui à la protection. “Quelles que soient les raisons invoquées pour justifier ces destructions, les autorités ont clairement manqué à leurs obligations en matière de droits humains, notamment celles découlant de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC), tous deux ratifiés par la Côte d’Ivoire en 1992. Tous les résidents doivent être protégés contre les expulsions forcées. Ils doivent être véritablement consultés et recevoir un préavis adéquat et raisonnable avant les démolitions. Ils doivent également recevoir une indemnisation préalable et équitable pour les pertes subies et bénéficier d’une solution de relogement adéquate si nécessaire », a déclaré Hervey Delmas Kokou, directeur exécutif d’Amnesty International Côte d’Ivoire.
A cet effet, « nous demandons aux autorités de mettre immédiatement un terme aux expulsions forcées à Abidjan pour prévenir toute violence et de veiller à ce que les personnes dont les droits ont été violés aient accès à la justice et à des voies de recours effectives. Nous leur demandons également de mener une enquête rapide et impartiale sur les allégations de recours excessif à la force, et de traduire en justice les personnes soupçonnées d’en être responsables », exige Samira Daoud, directrice régionale d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.
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Les victimes de ces démolitions forcées se comptent dans plusieurs rangs. Dans des familles, des élèves ont été contraints d’abandonner le chemin des classes, puisque les écoles elles aussi n’ont pas été épargnées par les démolitions. Certains élèves n’ont pas pu passer leurs examens comme prévu en juin.
Yaya, élève de terminale au Groupe Scolaire Cha-Hélène, témoigne : « Les conditions de préparation de l’examen étaient difficiles. En plus de l’école, nos maisons ont été cassées et il y a des documents que nous n’avons pas pu sauver. Nous n’étions pas prêts physiquement et moralement pour passer le Bac ».