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Togo- La cacophonie politique sous la 5e République

by L'Alternative
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Faure Gnassingbé

À la faveur d’une modification constitutionnelle introduite par un groupe de députés, le Togo est désormais sous un régime parlementaire. Comme toutes les modifications antérieures depuis l’adoption de la Constitution en 1992, cette nouvelle révision est loin de faire l’unanimité. Pour éviter toute contestation, le pouvoir en place réprime l’opposition et la société civile, empêchant ainsi toute forme de rassemblement. Des stratégies, bien que peu glorieuses, sont déployées pour faire accepter cette nouvelle Constitution.

Cependant, le « boubou constitutionnel » taillé sur mesure pour Faure Gnassingbé semble difficile à enfiler. Les tailleurs, dans leur précipitation, ont apparemment mal pris les mesures, créant une tenue qui, depuis, fait l’objet de vives polémiques. L’entrée en vigueur de cette Constitution a plongé le pays dans une cacophonie politique sans précédent.

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Le 14 juin dernier, l’Assemblée nationale issue du scrutin controversé du 29 avril a élu son bureau. Comme à l’accoutumée, le parti UNIR a raflé tous les postes. Dans les coulisses, la « nomination » de ce bureau a suscité des mécontentements, mais, comme toujours, le calme est rapidement revenu, car au sein de la majorité présidentielle, seule la voix de Faure Gnassingbé compte.

Deux mois plus tard, certains députés élus membres du bureau de l’Assemblée nationale se retrouvent dans le nouveau gouvernement, tandis que le premier vice-président hérite de la gestion du district du Grand Lomé.

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Conséquence : tout est à refaire. Cette situation illustre parfaitement la cacophonie qui caractérise la transition de la 4e vers la 5e République. Comment comprendre que les mêmes personnes, imposées par Faure Gnassingbé à la tête du bureau de l’Assemblée nationale, se retrouvent quelques semaines plus tard dans le nouveau gouvernement ou à des postes de gouverneurs ? Que s’est-il passé entre le 14 juin et le 21 août ?

Ces agissements donnent raison à ceux qui affirment que le régime de Faure Gnassingbé navigue à vue, sans véritable vision pour le pays. La transition tant annoncée semble être un simple changement de façade, une réorganisation superficielle qui ne répond en rien aux aspirations profondes du peuple togolais.

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Au lieu d’une progression vers un système plus démocratique, le pays est plongé dans une instabilité politique qui ne fait qu’affaiblir davantage les institutions et saper la confiance des citoyens.

La cacophonie politique actuelle ne fait que souligner l’urgence d’une véritable réforme, non pas imposée d’en haut, mais négociée avec toutes les forces vives de la nation, pour éviter que le Togo ne continue de s’enfoncer dans cette impasse institutionnelle.

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