De nouvelles manifestations dans les rues d’Accra ce jeudi. Le groupe de la société civile Democracy Hub ont repris les protestations contre l’inaction du gouvernement à fermer le site minier illicite « Galamsey ». Les manifestants exigent par la même occasion la libération immédiate de 39 membres de la société civile arrêtés lors des premières manifestations de fin septembre dernier.
Encore des tensions et des policiers un peu partout dans les rues d’Accra qui tremblent une nouvelle fois au rythme de chants patriotiques. Le groupe de la société civile Democracy Hub a appelé les ghanéens à de nouvelles manifestations dans la capitale pour trois jours à compter de ce jeudi jusqu’à samedi 5 octobre. Ils manifestent tous contre l’exploitation minière illicite d’or, son impact négatif sur les ressources hydriques du pays et exigent la fermeture du site qui entrave le bien-être des populations.
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« Ne pensez pas que ce sera une entreprise vaine. C’est pour nos générations futures.
L’exploitation minière illégale, connue localement sous le nom de « galamsey », a entraîné la contamination de grands fleuves, la destruction de forêts et de terres agricoles, ainsi que de graves risques sanitaires. Ce n’est pas motivé par des raisons politiques. L’eau est une ressource essentielle, nous devons donc la protéger», a déclaré Joshua Buernortey Boye-Doe, l’un des organisateurs du mouvement SaynotoGalamsey et #FreeTheCitizens .
D’après le groupe Democracy Hub, les activités de Galamsey (la recherche des pierres d’or) détruisent les terres et d’importants cours d’eau; près de 60% des cours d’eau du pays exposant la population au manque d’eau potable et à toutes sortes de problèmes de santé. «Nous organisons une manifestation pour sauver nos cours d’eau et libérer nos concitoyens. La plupart d’entre eux ont été arrêtés illégalement»,a affirmé Joshua.
Dans la foulée, ils exigent la libération de 39 membres de la société civile arrêtés en septembre dernier au rond point 37 à Accra pour avoir bloqué des routes et brûlé des pneus. Ils sont actuellement détenus provisoirement depuis deux semaines déjà. Dix d’entre eux ont été les premiers à être placés en détention provisoire après avoir comparu devant le tribunal, accusés de complot en vue de commettre un crime, en particulier de rassemblement illégal. Ils ont plaidé non coupables et ont été placés en garde à vue, leur affaire ayant été ajournée au 8 octobre 2024. Le deuxième groupe de neuf manifestants, également accusés des mêmes faits, de dommages illégaux et de conduite offensante, ont aussi plaidé non coupable. Un troisième groupe de 11 manifestants a été placé en détention provisoire et leur procès ainsi que celui du deuxième groupe ajournés au 8 octobre. Un dernier groupe va comparaître devant le tribunal le 11 octobre prochain.
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.L’arrestation de ces manifestants de septembre par la police n’a pas plu au candidat du NDC John Mahama qui l’a qualifié de «brutale». Il a indiqué que les policiers ont enfreint les lois en interdisant à ces jeunes citoyens de manifester librement dans leur pays. « Nous devons trouver un équilibre entre notre besoin de maintenir la loi et l’ordre et la protection des droits et des libertés de nos citoyens. Placer les manifestants du Democracy Hub en détention pendant deux semaines est brutal et constitue une violation de leurs droits », s’est exprimé Mahama avant d’ajouter que : « les jeunes du Ghana ont le droit de participer à des manifestations pour protéger leur avenir, en particulier en ce qui concerne des questions clés comme la destruction de l’environnement par l’exploitation minière illégale. Des décisions judiciaires draconiennes comme celle-ci ne les empêcheront pas de s’exprimer. Les autorités doivent demander au juge de revoir la décision de détention provisoire et de les accorder immédiatement sous caution. »
Cette réaction de Mahama a suscité de vives critiques dans le camp adverse. La ministre de l’Information, Fatimatu Abubakar, a tout de suite rappelé à l’ex président comment les jeunes du NPP ont été battus, d’autres blessés et même des morts lorsqu’ils manifestaient sous son régime.