Home Politique Dakar- Panafricanisme de combat : Appel aux Africains à aider les Togolais « à bouter dehors le régime criminel et barbare »

Dakar- Panafricanisme de combat : Appel aux Africains à aider les Togolais « à bouter dehors le régime criminel et barbare »

by L'Alternative
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Conférence de Dkar

La délégation togolaise présente la triste et inquiétante situation du Togo à Dakar. Successions de crises politiques à la suite des coups d’Etat constitutionnels et institutionnels qui constituent un frein majeur au développement économique et à l’avènement de la démocratie, sous un régime de père en fils depuis 58 ans. C’est comme cela qu’on peut résumer la présentation faite par la délégation togolaise aux participants venus du quatre coins du monde.

Les délégations des pays présents à Dakar dans la capitale sénégalaise dans le cadre de la Conférence internationale sur le panafricanisme de combat et anti-impérialisme, se succèdent, présentant la situation de leur région ou de leur pays à travers des analyses exhaustives et pointues.

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Ce vendredi, c’était le tour de la délégation du Togo conduite par des membres de la Coalition de la diaspora togolaise pour l’alternance et la démocratie (CODITOGO) de présenter la situation de ce petit pays où toutes les dérives sont observées depuis plus d’un demi-siècle.

Dans ce pays, la justice, l’administration et les institutions sont loin de revêtir les principes et valeurs de l’indépendance et de neutralité. La séparation des pouvoirs demeure un leurre. Le contexte politique du Togo est marqué par une tension larvée.

La délégation a rappelé aux autres délégués comment des députés dont le mandat était arrivé à terme le 31 décembre 2023, mais ont voté un texte pour changer la constitution du pays en avril 2024.

« Alors que tous les Togolais avaient les yeux tournés vers les législatives et régionales fixées au 20 avril 2024, les partis politiques en plein pied dans les préparatifs, ces derniers ont appris avec surprise et consternation qu’une nouvelle proposition de loi constitutionnelle est en cours d’étude au sein de la commission des anciens députés sortant dans l’optique de l’adoption d’une nouvelle constitution qui garantit le pouvoir à vie à une seule famille et à une seul individu, ceci au détriment de la stabilité du pays », a adressé Raymond Ayivi, chef de la délégation aux participants.

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Le vote et l’adoption de cette nouvelle constitution dans un contexte flou, a-t-il poursuivi, participe purement et simplement d’une manœuvre pour permettre à Faure Gnassingbé de se tailler un pouvoir à vie sans passer par les élections, puisque la nouvelle constitution finalement votée exclut désormais l’organisation d’élection présidentielle dans le pays. Et de préciser qu’aujourd’hui le régime navigue à vue entre la 4e et la 5e République.

Il a souligné également que le régime met la charrue avant le bœuf en envoyant après ses émissaires dans le monde, notamment en Inde pour apprendre du système parlementaire qu’il a fait voter par les anciens députés. « Le volonté du régime c’est d’asseoir une monarchie au Togo quoiqu’il en coûte au peuple togolais », a-t-il dit.

Il a rappelé aux délégations l’assassinat de Sylvanus Olympio, le premier président du Togo, un panafricaniste engagé qui avait le projet de création d’une nouvelle monnaie. C’est d’ailleurs pourquoi il a été assassiné avec la complicité de l’impérialisme.

Avant de faire remarquer que le régime actuel qui prend en otage le Togo a continué dans l’assassinat de personnalités politiques et autres. La dernière en date, continue-t-il, est l’assassinat raté du député sénégalais Guy Marius Sagna qui s’était rendu à Lomé dans le cadre de la session extraordinaire du parlement de la CEDEAO tenue dans la capitale togolaise.

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Pour Raymond Ayivi, l’impérialisme et le panafricanisme ne font pas bon ménage, rappelant au passage la résistance des combattants togolais à l’époque d’avant indépendance. « Aucun pays ne s’est libéré du despotisme sans effusion de sang », disait Mensah Maximilien E., fondateur de JUVENTO, l’initiateur du mot « ablodé » (souveraineté, indépendance), un grand résistant.

Il a cité d’autres résistants comme Dr Martin Aku, Pa Augustino Ezékiel de Souza dit « Gazozo », etc. Mais le rêve porté par ces combattants togolais a été vite basculé dans un cauchemar le 13 janvier 1963. « On y est toujours 60 ans plus tard et on continue la descente aux enfers dans les méandres et abîmes de la violence et du tout répressif ».

Et le chef de la délégation togolaise a choisi quelques morceaux de cette violence d’Etat pour éclairer la lanterne des autres délégations, que nous taisons ici.

« Au Togo, la nature entre journalistes et pouvoir politique n’a jamais été au beau fixe », a-t-il rappelé. Il a projeté une vidéo qui montre comment les forces de l’ordre et de sécurité agressent les journalistes lors des manifestations au Togo.

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Ce régime qui bafoue les droits du peuple togolais ne peut se prévaloir du panafricanisme comme il tente de le faire croire aujourd’hui. « Rappelez-vous, aux premières heures du parti unique Rassemblement du peuple togolais (RPT), le dictateur Gnassingbé Eyadéma, le credo fondamental à 3 dimensions se résumait ainsi : union nationale, anti-impérialisme, authenticité. Le dictateur a écrit sur papier des slogans, mais dans la réalité des faits, c’est le contraire », a rappelé le conférencier togolais.

Il a ajouté qu’aujourd’hui, celui qui incarne le régime, son fils Faure Gnassingbé, fait pareil. « Son parti s’appelle Union pour la République (UNIR). Mais aujourd’hui, la République est en train de disparaître pour laisser place à un pouvoir à vie ».

Il formule alors trois recommandations à la conférence. D’abord que la jeunesse panafricaine s’organise région par région pour combattre les ennemis de l’intérieur de l’Afrique, « notamment les dirigeants africains qui laissent prospérer l’impérialisme sous toutes ses formes. Ce sont ces relais de l’impérialisme qui empêchent l’éclosion de la nouvelle société juste, démocratique et souveraine ».

Il poursuit en appelant chaque Africain à exprimer à l’égard du peuple togolais sa solidarité agissante « pour aider à bouter dehors ce régime criminel et barbare vomi depuis longtemps par les Togolais ».

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Et que la diaspora togolaise œuvre sans relâche aux côtés des autres diasporas africaines pour l’édification d’un projet commun, la renaissance de l’Afrique.

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