Depuis quelques jours, certains enseignants se voient exclure par leur hiérarchie de la profession qu’ils exercent pour des abus sexuels commis sur des élèves mineures. Et il y a comme un air de « balance ton enseignant » à l’image du mouvement « balance ton porc » qui avait suivi les dénonciations d’abus sexuels dans le monde du cinéma en occident.
« L’oppression se nourrit du silence », disait le Président français François Mitterrand dans un discours prononcé en décembre 1988. L’omerta qui a longtemps régné dans le milieu scolaire sur les légèretés de certains enseignants envers leurs élèves mineures a été brisée depuis le mois dernier par Ferdinand AYITE, journaliste d’investigation.
Les sorties médiatiques du lauréat du prix international de la liberté de la presse du CPJ sur le cas de l’école La Madone à Lomé, ont fait bouger les lignes. Pour rappel, cette école qui accueille les enfants dès le préscolaire, est tristement célèbre par des cas répétitifs d’abus sexuels sur des petites filles, commis par des enseignants en complicité avec le Directeur général qui laisse libre court à ces genres de pratiques dans son établissement.
La situation de la fillette de 5 ans dont les parents avaient décidé de ne pas se laisser faire a défrayé la chronique. Et ce n’est que suite à la médiatisation de l’affaire avec des précisions pointues de tous ses contours politiques par la Rédaction de L’Alternative que le ministre de l’Enseignement Primaire et Secondaire a décidé de recevoir les parents de la fillette le 19 septembre dernier. Malgré cela, les intimidations s’étaient poursuivies à l’égard du père de cet enfant.
Il faut croire que le cas de l’école La Madone n’est qu’une petite partie visible de l’iceberg. Depuis le début de cette semaine, on assiste à la publication de décisions d’exclusion d’enseignants pour des écarts de comportements envers leurs élèves, des attitudes indignes du noble métier d’enseignant.
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C’est d’abord le ministre KOKOROKO qui, dans une note de service N°027/2024/MEPS/CAB en date du 18 octobre 2024, a prononcé l’interdiction du sieur KOLAVI Yao Djifa de toutes activités pédagogiques ou fonctions administratives dans les établissements scolaires publics et privés du Togo.
La note indique que cette exclusion fait suite à une procédure disciplinaire consécutive à des « manquements extrêmement graves aux règles d’éthique et de déontologie de sa fonction ».
Ensuite, le mardi 22 octobre 2024, une note de service émanant d’un fondateur d’une école privée de la banlieue de Lomé, a été publiée sur les réseaux sociaux. Cette note prononce l’exclusion du nommé PITTA Kodjo Martin, précédemment titulaire de la classe de CE2 au sein de cette école pour harcèlement sexuel sur mineure.
Tout ceci indique que désormais les langues commencent par se délier et tous ces enseignants qui ont le vilain plaisir de détruire l’innocence des fillettes envoyées à l’école pour apprendre, doivent avoir la peur au ventre. Il y a comme une vague de « balance ton enseignant » qui se pointe à l’horizon.
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Toutefois, il est regrettable qu’en face de ces dénonciations publiques et parfois avec des preuves suffisantes, le Procureur de la République togolaise ne se saisisse pas de ces affaires pour y faire appliquer la rigueur de la loi.
La justice togolaise préfère poursuivre gratuitement et indument les opposants politiques de Faure Gnassingbé, des journalistes critiques envers son régime ou encore des citoyens innocents qu’on jette indument en prison sous des accusations fallacieuses.