Cet article peut être compris comme coup de coeur, qui milite pour une Mayotte émancipée par un développement durable et parlant moralement compatissant. Une modeste documentation y figure, elle doit être complétée par des études plus exhaustives, en particulier des mises en carte à l’aide des outils SIG à partir des données propres au territoire de Mayotte.
Pour le sujet à traiter, les datas manquent. Il y a eu en 2023 une rencontre du Club Mayotte ; ce fut « ….l’occasion de mieux comprendre les besoins en terme de donnée géographique au regard des dynamiques locales et des enjeux de ce territoire (environnement, foncier, risques, économie, habitat (la sécurité est un sujet bien à part et non abordé en Club SIG) qui constitue le 101ème département français situé dans l’Océan indien.. Le Club SIG de Mayotte réunit des géomaticien(ne)s de collectivités, de services de l’Etat, d’agence ou syndicat, d’entreprises délégataires de réseaux, et de la recherche. Il est un lieu d’échange sur les besoins collectifs autour de la donnée géographique…. » AFUGRO travaille dans lecsens de mise en réseau d’organismes comme le PCRS (start up d’Etat), avec le CNIC, l’EPFAM (établissement Public Foncier et d’Aménagement du territoire, le réseau de CRIGEs… pour dynamiser les usages des données géographiques sur une plate-forme de diffusion et de mutualisation. Pour le moment, aucune date de livraison n’en est connue. Elle aurait facilité la connaissance et les capacités de prévention des catastrophes qui menacent ce territoire.
La population mahoraise dans toutes ses composantes et même les services publics ont beaucoup fait avant et après 1974 comme après la départementalisation -qui ne serait pas un mal en soi si elle était assortie de volets spécifiques indispensables à la situation historique et géographique de l’archipel tropical comorien. .. »
- La problématique ;
Il est difficile de penser Mayette dans son environnement maritime, sa situation climatique et insulaire en milieu tropical humide et sa appartenance a une aire éclatée : archipel (les Comores), son insertion culturelle dans la francophonie et afro-asiatique. Il ne suffira pas de reproduire ici les postures catastrophistes et les déclarations misérabilistes à qui mieux mieux, il faut revoir les insuffisances de l’investissement et les incohérences d’une politique restée néo-colonialiste. Peut-on aménager une territoire fragile comme Mayotte menacées de catastrophes climatiques, de mobilités régionales au point de parfois créer un sentiment de surpeuplement et le faire dans la hâte, l’émotion et l’irrationnel là où il convient de consulter plus largement et de convoquer tous les savoirs et savoir-faire? C’est ce à quoi pourrait contribuer l’état de la littérature et ka démarche de croiser les approches.
II – L’état de la littérature sur les enjeux propres à Mayotte, territoire de fragilités et de fractures.
Syr le sujet, l’état de la littérature croise témoignages, approches géopolitiques et le traitement institutionnel d’ une situation d’urgence. Je propose d’explorer d’abord Les francophones, l’archipel des Comores Classiques Garnier Collection Rencontres pp 385 à 407 et l’essai intitule Aperçu géographique de l’archipel des Comores ( pdf). Les textes suivants contribueraient à approfondir la réflexion le concernant, ses hommes et les défis à relever.
*Généralités
Revue de l’APJG de décembre 2024 Témoignages Mayotte dévastée par le cyclone Djido
DUMONT, Gérard-François Mayotte, une exception géopolitique mondiale in Outre-Terre février 2035 n°11 pp 515 a 527.
DUFLOT, Marie, CHAEM, Marine, GISTI Des faits précis sur les violations des droits de l’homme et sur la mise en. place d’un droit d’exception.
HARMONIE N°25 cft pp 100 ax103juin 2010, Expulsion des sains-papiers : Mayotte, terre d’exception.
Mayotte, un vivrières marin encore loin des projecteurs in Manifeste de la FASTI, association de solidarité avec les travailleurs migrants….
** Des approches par le vécu du cyclone
FRANCEINFO du 11 décembre 2024 : Ça commence à faire beaucoup, un mois après le cyclone Mayotte face à un phénomène « comparable au cyclone historique de 1934 »
ALTERMONDES Mai 2015
Naufrages d’histoire
RITIMO de juin 3014
Mayotte, la fin d’une exception
ELBADAWI, Saïb, Les droits des migrants bafoués
L’exception territoriale : une île comorienne rattachée à la France
Abdullah, Saïb B. , in Miroirs des abîmes – CRDP Rouen 1986
Les Comores sous administration française ( traites, Proclamations, ordonnances ? Lois et décrets de 1841 à1946)
*** De la pratique d’aire de coprospérité
a)…s’agissant de l’aire de coprospérité de la Grande Asie orientale
a) Contributions de Satishu Nakano, Yuri Oukubo ; Euji Ootsuba ; René Poujade et Yelem A.
b)…s’agissant du Gabon et du Cameroun
Joli Assako, ZONE de coprospérité Gabon-Cameroun, préalables…..
Les contributions existantes et approches historiques et politiques , en les croisant, permettent d’identifier la complexité et kes fragilités de Mayotte, un territoire à la fois proche révélateur des marginalités du monde contemporain et la complexité d’un département dans la république française qui attire des Comoriens et repoussent métropolitains qui l’écroulement trop délaissé, un quart monde qui cumulé densité de peuplement extrême et contraste, habitats précaire exposé à tous vents, pauvreté engendrés par un investissement insuffisant face aux défis. De cela découle l’urgences alternative de proposer un autre aménagement du territoire. La loi d’urgence du 22 janvier 2025 ne panse que les plaies ouvertes oar Djido, loin de construire un avenir durable. Que cela pourrait-il être ?
III – :Résultats
Pour obtenir des résultats d’intérêt géographique, se pose lawsyestion de donnes à jour du SIG.
La DEAL en met a disposition s 2018 un portail de partage de donnée graphique et PDF au niveau de l’île de Mayotte couplé à un système d’information géographique appelé Observatoire de Mayotte. Qui prend le relais de GeoMayotte.
En réponse à l interrogation formulée ci-dessus, on propose trois brèves réflexions 1) A Mayotte, il n’y a pas abandon mais gouvernance arrogante et injustice 2) Un contexte d’investissement très insuffisant et déséquilibré malgré une amélioration, timide, de 2012 à 2018. 3) L’Alternative de l’AIRE DE COPROSPERITE dans le sud-ouest de l’océan indien.
Devoir passer par une loi spéciale pour panser les plaies de Mayotte déjà béantes avant les derniers événements edt un aveu d’impuissance de ka République ; ordonnances présidentielles et décrets des ministères de tutelle auraient montré que Mayotte dans la république, fait l » objet d’un traitement égal. Or donc, l’aveu d’impuissance montre a à suffisance que Mayotte porte plus des stigmates des errements coloniaux qu’autre chose d’où la nécessité d’une alternative radicale.
1/ A Mayotte, il n’y a pas abandon mais gouvernance arrogante et injustice. De celles-là, on ne se contentera pas de faire avec mais aller au-delà de l’être. Inutilité des lourds investissements qui viennent s’ajouter aux folles dépenses de la présence de fonctionnaires qui viennent faire carrière sur place : ces investissements publics[1] dopent l’économie locale mais tombent comme dans un puits sans fond. Le dispositif du Premirr ministre Bayrou concernant Mayotte n’est qu’une des mesurette inspiré du macronisme tendant à faire de d’attractivité de ka France. Des milliards de cadeaux aux entreprises , le plus souvent s les plus puissants, sans retour. Le concept de c Mayotte , zone franche globale » intègre qui, loin de celui de « l’aire de coprospérité « un autre imaginaire que résument des pratiques initiées ici et là sur des territoires français en marge fragile des centres , i.e. des « … encouragements fiscaux accordés aux entreprises qui s’installent dans les zones de revitalisation rurale, les zones franches urbaines (ZFU), les quartiers prioritaires de la politique de la ville et les bassins d’emploi à redynamiser… » cf Le Monde du 3 janvier 2025. Que cela a-t-il jamais durablement corrigé dans d’aménagement territoire la ou pour Mayotte je plaide pour une aire de coprospérité au cœur de laquelle se fera la mise en réseau de territoires, d’acteurs économiques, d’entreprises et de puissances régionales comme des collectivités de développement ? Comment pourriez-vous justifier qu’il n ‘existe pas d’abris enterrés dans des terres humaines chargées d’hommes et de femmes, de jeunes mais aussi de moins jeunes, accrochés à leurs terres millénaires d’existence, appauvris et hyper-exposés aux tempêtes tropicales, aux pires tsunamis qui surviennent.
Puisque nous sommes république constituée depuis la Convention et les Lumières, il faut nous penser et agir comme tels en fraternité.
L’archipel n’offre pas la même situation que les continents sud-est tropicaux, certes mais les risques de catastrophes naturelles sont là, sous nos yeux. L’ampleur de la catastrophe survenue soulève la question toute simple de construire des abris enterrés et sûrs dans cette île très peuplée d’hommes et de femmes accrochés depuis des millénaires à leurs terres d’existence, appauvris, hyper- exposés aux tempêtes tropicales et aux pires tsunamis qui surviennent
Sortons du nombrilisme colonial et raciste , rapprochons-nous des valeurs qui nous fondent! Ce qui est arrivé risque de nouveau de frapper dans ces territoires “français” à plus ou moins brève échéance. Pourquoi changer de paradigme ?
2/ Un contexte d’investissement très insuffisant et déséquilibré malgré une amélioration, timide, de 2012 à 2018.
Selon des chiffres de L’INSERTION, “…au 1er janvier 2024, la population de Mayotte est estimée à 321 000 personnes. De 2012 à 2017, la croissance de la population est particulièrement dynamique (+3,8 % par an en moyenne). Elle est principalement portée par un fort excédent des naissances sur les décès. En 2023, avec 4,5 enfants par femme, la fécondité à Mayotte dépasse toujours largement la moyenne métropolitaine. La population reste bien plus jeune qu’ailleurs en France : l’âge moyen est de 23 ans (contre 41 ans en France métropolitaine)…..Le niveau de vie médian des habitants de Mayotte est sept fois plus faible qu’au niveau national. Conséquence de flux migratoires importants, une grande partie de la population vit avec très peu de ressources : 77 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté national, soit cinq fois plus qu’en France…. Mayotte est en concurrence avec le département métropolitain de la Seine-Saint Denis où la structure ethnique, dans le miroir à peine déformant n’est en rien différente des territoires les plus marginaux et laissés pour compte. Seule la valeur ajoutée (VA) venant des investissements publics alimente une économie néocoloniale au bord de l’explosion. Les catastrophes écologiques actuelles et imminentes n’arrangent rien. “…..Début décembre 2023, 22 000 personnes avaient été expulsées de Mayotte vers les Comores contre 25 380 personnes en 2022, soit un repli de près de -13,3%.
La population étrangère pourrait atteindre 55,8% de la population de Mayotte et ce, dès 2024. Au fait ce n’est pas le poids des hommes sur le terrtoire surpeuplé qui fait problème. Il est question de développer et sécuriser un territoire de la République qui, attendant des jours meilleurs, s’offre à nous comme un modèle d’échec néo-colonial.
La violence augmente et est majoritairement le fait de mineurs : 81% des vols avec violence sans arme, 57% des vols avec armes, 72% des cambriolages mais aussi, significativement , 48% des violences sexuelles, 34% des viols, 27% des homicides et tentatives d’homicides.
Le chômage représente 34% de la population active et 77% de la population est donc sous le seuil de pauvreté national. Cela pour un niveau de vie moyen à 261 euros par mois.
Enfin, à Mayotte le secteur public représente 54,7% de la valeur ajoutée et les fonds publics pèsent pour plus de 3 milliards d’euros, soit une dépense de 10 000 euros par habitant ! Il faut y remédier mais par quel biais?
Il est donc urgent d’agir et de prendre des mesures systémiques au bénéfice des mahorais, premières de cette situation hors norme et explosive…”[2] (cf une étude de la fondation française IFRAP de février 2024).
Hormis des rentiers fonciers que protège la république coloniale et quelques “fermiers” de la fonction publique carriériste nichés dans ces terres lointaines, les forces vives, les travailleurs et les petits paysans/ pêcheurs sont à la merci d’une république absente et d’une inflation que nul n’ a jamais proprement évaluée. Ici survit la primauté de l’informel dans une économie toujours coloniale et des familles prolifiques et accusées de l’être, ne vivant que de leurs bras, prolétaires toutes, au premier sens du terme. Département qu’exhibe pourtant Emmanuel Macron, terre pour lui bienheureuse d’assistés et non pas de citoyens, bientôt invités à errer d’île en île pour se sortir d’embarras socio-économique et écologique. N’avions-nous pas été invités précédemment à juste traverser la rue pour décrocher un contrat de travail? Soigner et panser les plaies de Mayotte suppose un paradigme global et non un discours infantilisant et plein de mépris. Je propose cette autre alternative , un autre imaginaire plus globalisante que faire de Mayotte une zone franche globale….voir plus loin.
3/ L’Alternative de l’AIRE DE COPROSPERITE dans le sud-ouest de l’océan indien
Mayotte est un département français pauvre dans un ensemble géographique complexe fait d’îles et d’archipels, aux densités de peuplement contrastées, parfois très célèbres rapportées aux territoires viables .
C’est un ensemble géographique a considérer à l’échelle du temps long, comme un sous-continent qui résume les Afriques et le monde afro-arabo-asiatique donc complexe mais lisible, fortement marqué par l’histoire coloniale française, le brassage et une constante composition des populations. Ce qui s’impose plus que jamais à mon avis, c’est plus que la nécessaire réponse de Paris à ses gouvernés. Le gouvernement de Bayrou y appliqué dans ce contexte d’urgence, une politique basée par ka loi d’urgence du 22 janvier 2025 portée par la députée Estelle Youssoufa avec les amendements de Dominique Voynet.
Au-delà de l’immédiate riposte à ajuster, il s’impose de concevoir et mettre en place et pratique un paradigme de résilience plus globale, dans ce sud-ouest Océan indien, africain et malgache, dans le sens d’une ZONE ou AIRE DE COPROSPERITE & DE DEVELOPPEMENT DES MERS i sud ouest indiennes. Cela impliquera toutes les puissances régionales allant de l’Afrique australe au Mozambique et à la Tanzanie, voire le Kenya, et mêlant les Seychelles et l’Île Maurice. J’en avais émis le concept et l’idée avec le professeur Frenigachi et au cours d’ un séminaire d’ Elikia Mbokolo à l’EHESS[3]. Quelle arrogance des uns et des autres, quel silence, presque moqueur, alors que l’urgence est là, plus que jamais là sous nos yeux, dans ces contrées qui se limitent à projeter la France dans les compétitions impériales meurtrières; il en est ainsi aussi dans les Comores comme dans tous ces confettis d’empire, en Guyane française aussi et 8partout où on ne fait valoir que le rayonnement de la RÉPUBLIQUE coloniale puis et toujours neo-coloniale, toujours arrogante et oublieuse de ses valeurs fondamentales dans les Caraïbes comme dans le Pacifique français. Je voudrais conclure en postulant que les Mahorais comme les autres communautés du sous- continent SUD-OUEST DE L’OCEAN INDIEN, ont été mal administrés, depuis les temps des traités arabo-asiatiques qui n’excluent pas la Chine impéria(list)e au temps de la mal- mondialisation, le tout accroché aux échecs de l’épopée coloniale. Il faut se presser de dépasser ces passés-là et le présent, insuffisants.
Ces terres lointaines mais nôtres, celles que j’appelle « la France des urgences néo-coloniales » , sont écologiquement fragiles, et appellent à une reconsidération politique , économique et humaine globale en impliquant au-delà de la nomination de Manuel Valls, notre Ministre d’état en charge des Mers et Outre-Mer, toutes les ressources nationales et les investissements nécessaires à leur développement , leur maintien et leur dignité dans le cadre d’une véritable politique de partenariat et non de dépendance, dans un contexte régional complexe mais culturellement unifié (ou à réunifier), unique pour ce qu’il est articulé sur l’espace millénaire du swahili.
Pour conclure
Dans le contexte de la chronique de la catastrophe Djido, l’observation géographique devra mettre en carte les situations nécessaires à intégrer à l’analyse et aux prospectives avec les outils conceptuels et graphiques du SIG : la variation des chiffres des victimes par commune combinée avec les densités de peuplement d’une part, les segments de voiries endommagés au lendemain du cyclone mis en regard avec le niveau d’investissements état et département pour la qualité des voies d’accès d’autre part, la carte des quatiers aux logements précaires combinée avec l’orientation des vents dominants pendant le cyclone. Malgré les initiatives de Afigeo depuis 2023 en particulier, les données géographiques manquantes, ceci à été signalé en introduction. Des efforts ont été faits pour contribuer à l’accès des données. « ….Depuis la page d’accueil du site (l’Observatoire de Mayette) , des accès sont également proposés vers des observatoires thématiques gérés par les différents services, tels que l’observatoire du littoral, dédiés aux risques naturels ou le site « information acheteur locataire » qui informe des aléas naturels connus sur l’ensemble du territoire de Mayotte… » mais autant concernant l’état de la voirie en temps rréel la mise à jour des peuplements et de l’habitat ou encore de ka localisation à jour des impacts de ka catastrophe sur le territoire. (Cf Observatoire de Mayotte – DEALM -portail SIG mis à jour le 2 mai 2024). Il se propose de délivrer des données sur 17 thématiques comme le Sol, la Mer littoral, Forêt, Paysage et biodiversité, Risques, Réseau et Energie…etc . Sur la situation du cyclone Djido,,il n’est pas possible de collecter datas SIG à jour, à traiter pour obtenir d’intéressants résultats en analyse spatiale.
Pour corriger les aléas sur ce territoire en difficultés, celui-ci pourrait devenir une aire intelligente de coprospérité, apaisée. La recomposition spatiale et politique devra être opérée par les options politiques . On doit tout mettre en œuvre pour documenter et prévoir, éviter une potentielle explosion de colères de la nature et des hommes si les choses restent en l’état…colonial.
Emmanuel Bocco – 26 janvier 2025.
[1] A nommer et chiffrer
[2] A quoi correspondent ces guillemets ? J’hésite entre comprendre ce qui précède comme une longue citation éparse ou bien des fragments de citation ponctués ici et là par tes commentaires…
[3] Mettre en situation et perspective ces professeurs et votre rencontre à dater et développer.